Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 19 Février 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Solidarité des territoires : ces idées venues d'ailleurs dont nous pourrions nous inspirer pour compenser les effets de la mondialisation sur la France périphérique

Même si cela semble contre intuitif, donner plus d'autonomie à chaque territoire pourrait pour renforcer la cohésion entre eux. Le modèle Suisse est un bon exemple.

Contre intuitif

Publié le
Solidarité des territoires : ces idées venues d'ailleurs dont nous pourrions nous inspirer pour compenser les effets de la mondialisation sur la France périphérique

Atlantico : Aujourd'hui, qu'est-ce qui remet en cause la cohésion des territoires (mondialisation...) en France et que faire pour l'améliorer ?

Vincent Bénard : Le problème c'est de savoir comment empêcher certains territoires de devenir des "déserts économiques" alors que quelques pôles territoriaux vont attirer tous les investissements.

Ce qu'il faudrait faire, c'est donner plus d'autonomie à chaque territoire et renforcer la concurrence entre eux. Beaucoup de choses sont décidés par l'Etat central. On dit que les collectivités locales s'administrent librement mais elles ne se gouvernent pas librement pour autant. Elles sont tenues d'appliquer un certain nombre de politique, de voter à l'échelon national… Le résultat est que ces politiques obligatoires consomment des budgets énormes pour une efficacité très variable. Conséquence : les plus petites régions, une fois qu'elles ont fait face à ces obligations, n'ont plus beaucoup de moyens pour faire autre chose.

Donc le fait de pouvoir dire à ces collectivités "à vous de définir vos priorités", leur permettrait d'essayer d'identifier leurs points forts et de se développer sur ces points. Et pas de consacrer quelques miettes de budgets à cela après avoir dépensé des millions et des millions sur les politiques obligatoires décidait par l'Etat.

C'est complètement contre intuitif puisque quand on parle de cohésion on pense tout de suite à de la coordination et je pense au contraire que la cohésion est une sorte d'ordre spontanée. Globalement, une collectivité qui va se retrouver dans une position d'autonomie va essayer de se positionner en fonction de ce qui se fait autour d'elle. A quel moment a-t-elle intérêt d'être en compétition avec ses voisines ? À quel moment doit-t-elle coopérer ? Je crois que la solution pour permettre à toutes les collectivités de trouver leur place dans un monde qui bouge extrêmement vite, c'est de laisser chaque collectivité trouver ses forces.

A mes yeux, la cohésion n'est pas forcément connotée positivement. Aujourd'hui vous avez des grandes entreprises qui ont des capacités d'investissement très importantes, qui vont créer des emplois et qui vont rechercher de l'effet réseau. Du coup des grandes métropoles peuvent avoir des avantages et attirer des investisseurs. Mais un petit territoire n'est pas totalement démuni face à ça à condition qu'il ait la possibilité et l'autonomie nécessaire pour trouver comment s'insérer dans ces ensembles-là. Il faut, je pense, faut une refonte complète de l'organisation institutionnelle au niveau français.

 

Est-ce que les solutions institutionnelles qui sont apportées aujourd'hui (réduction des dépenses publiques...) sont suffisantes pour pallier aux inégalités entre les Français ? 

La réduction des dépenses publiques est une très bonne chose. Pat contre sur l'égalité entre territoire, il n'y a pas énormément d'incidence. À partir du  moment où l'Etat va réduire les moyens d'une collectivité mais pas certaines dépenses obligatoires, il va réduire encore plus la marche de manœuvre, la base financière réellement disponible  pour les communes pour faire des choix.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par lafronde - 18/07/2017 - 13:38 - Signaler un abus Excellent article. Visitez Objectif Liberté, site de l'auteur !

    L'auteur est aussi l'initiateur d'Objectif Liberté ! Site qui mérite votre visite ! Bastiat a écrit "ce qui se voit... et ce qui ne se voit pas !" pour démystifier la logique des "ateliers nationaux" et autres prétentions de l'Etat à "donner du travail". Toute proportion gardée, V. Bénard dans son livre "Logement, crise publique, remèdes privés" décrit pour le Logement "ce qui marche... et ce qui ne marche pas !" S'agissant des collectivités locales, l'auteur cite la réussite des pays fédéraux qui respectent la subsidiarité dans leur Administration : leurs collectivités locales ont leur fiscalité propre, leur autonomie et leur responsabilité budgétaire. En république jacobine, c'est le contraire ! L'Etat recentralise budgétairement ce qu'il avait auparavant décentralisé administrativement ! L'Egalitarisme est une idéologie électorale qui concerne les contribuables, mais aussi une rente pour les politiciens dépensiers. Or le 1er motif de dépense publique locale concerne l'assistanat : immigrés, étrangers, voire clandestins ! C'est en leur nom que les politiciens dépensent de 70 à cent Milliards d'euros l'an ! Autonomes ces communes de l'Immigration s'auto-gèreraient à moindre coût !

  • Par Anouman - 18/07/2017 - 20:49 - Signaler un abus Collectivités

    Non seulement les collectivités devraient être autonomes et ne pas avoir à s'occuper de politiques nationales (aide sociale au sens large, éducation, santé...) mais elle devraient de plus avoir un pouvoir de dépense (de nuisance) limité. Par exemple il faudrait limiter le personnel (grosse dépense dans certaines collectivités). Quant aux gros investissements ils devraient faire l'objet d'un vote de la population avec un nombre de voix proportionnel à leur contribution à l'impôt. Pas démocratique? Peut-être mais on n'aurait aucun mal a faire des économies et il n'y aurait pas moins de "services publics" car la plupart ne rendent pas service, ou à une minorité.

  • Par Deudeuche - 18/07/2017 - 22:19 - Signaler un abus Putain de pays qui découvre le principe

    Fédéral. Les régions, states, laender aspirent à être AU-TO-NOME. Est ce que les debiles de l'administration Pariso-siis-disant Française peuvent comprendrent cela, merde quoi!

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Vincent Bénard

Ingénieur et économiste, conseiller national du Parti Libéral Démocrate, Vincent Bénard a analysé en profondeur les effets pervers de l’imbrication public-privée dans les domaines du logement et de la finance.

Il est l'auteur de deux ouvrages “Logement, Crise Publique” (2007) et “Foreclosure Gate, les gangs de Wall Street” (2011).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€