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Social, fiscal, Europe : Macron peut réussir les réformes sociales et fiscales. Mais sur l‘Europe, il va devoir affronter Angela Merkel

Le logiciel Macron nécessite trois chantiers de réformes structurelles : le social, le fiscal et l’Europe. Sur l’Europe, il est complètement dépendant de Merkel.

Inévitable

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Social, fiscal, Europe : Macron peut réussir les réformes sociales et fiscales. Mais sur l‘Europe, il va devoir affronter Angela Merkel

La nouvelle société imaginée par Emmanuel Macron pour mettre la France en position d’affronter la concurrence internationale et de retrouver sa compétitivité, sa croissance, ses emplois et donc son influence internationale, passait par une refonte de l’appareil politique. Le résultat des élections a balayé les vieilles structures et en ont installé de nouvelles dont on ne sait pas encore si elles seront performantes. Une grande majorité de l'opinion l’espère, même si c’est sans beaucoup d’enthousiasme.

Cette nouvelle société implique l’ouverture de chantiers sur trois fronts : le front social, sur le front fiscal et sur le front européen.

Le chantier de la réforme sociale est bien avancé. Les architectes et les maitres d’œuvre ont convoqué cet été tous les corps de métiers. Tout le monde a examiné les plans, les a fait modifier pour arriver à un système décrit dans les ordonnances qui fonctionnera sur deux axes.

Un axe qui va faciliter la flexibilité du travail et la liberté de l'entreprise pour s’adapter aux contraintes de la modernité. Cet axe a été accepté bon gré, mal gré par la plupart des acteurs socio-économiques. Les chefs d’entreprise sont plutôt satisfaits. Ils pensent que si cet axe est bien huilé, ils gagneront en compétitivité et en développement. Les syndicats sont plus dubitatifs. Ils adhèrent à la réforme mais du bout des lèvres parce que ça dépend aussi du deuxième axe.

Ce deuxième axe doit protéger et sécuriser les salariés, mais son fonctionnement va dépendre du rôle des syndicats et de leur puissance. La sécurité au travail, la pérennité des jobs ne va plus dépendre des règles d’Etat mais d’abord de l'action des contrepouvoirs syndicaux. Or, dans un pays où la représentation syndicale ne dépasse pas 5% dans le privé, les syndicats ont du mal à se faire entendre. Il va donc falloir que les syndicats se rendent désirables par les salariés. Il va falloir qu’il développe une offre d’expertise, d’assistance et de services qui aille à la rencontre des besoins de personnels. Tous les syndicats n’ont pas compris que leur rôle principal ne sera pas de s’opposer mais de participer.

Ce sera vrai dans l’entreprise, mais aussi dans les organismes sociaux. Il va falloir que le paritarisme, auquel tout le monde tient, puisse délivrer un retour sur investissement, comme on dit dans l’entreprise. Sinon, le paritarisme sera abandonné par les salariés eux-mêmes.

Cette vaste réforme du modèle social est compliquée mais Macron et sa méthode peuvent la gagner.

La réforme fiscale va démarrer dans quelques semaines avec la présentation de la loi de finances. Le président de la République a parfaitement compris qu’il devait tenir ses promesses de campagne et en même temps préserver les objectifs budgétaires.

Il a compris aussi qu'il bénéficiait d’une conjoncture économique qui pourrait lui permettre de gagner du temps, mais au contraire, il semble vouloir profiter de ce dynamisme économique pour réformer plus vite et plus fort.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 11/09/2017 - 10:40 - Signaler un abus La conjoncture économique favorable épargne

    la France gauchiste! Après que Flamby-le-menteur ait dépouillé la France de ses fleurons industriels, la croissance française culmine misérablement à 1,1% et le chômage socialiste (on dit "macroniste" aujourd'hui) augmente chaque mois de 20000 nouveaux candidats, exactement comme sous le gouvernement Valls-Macron...Sur l'économie, Marine Le Pen n'a probablement pas su convaincre les gogos aussi bien que Macron, mais elle aurait fait obligatoirement mieux...

  • Par Anguerrand - 11/09/2017 - 11:16 - Signaler un abus Mais bien sûr les allemands et autres pays

    vont s'aligner sur la fiscalité française qui est la plus lourde du monde. Décidément ce president vit dans un autre monde.

  • Par Anguerrand - 11/09/2017 - 11:26 - Signaler un abus A vangog

    Êtes vous sur de ne pas être le gogo de MLP où Philipippot. MLP a prouvé en direct qu'elle n'avait les épaules dès qu'elle avait de la contradiction. Les français ont rejeté et la candidate MLP et la Politique économique du melenchoniste Phillipot. Philippot est meme contesté a l'intérieur même du FN. MLP n'est brillante que sur une scène sans contradicteur et uniquement là.

  • Par hermet - 11/09/2017 - 13:05 - Signaler un abus match perdu

    Les jeux sont faits depuis longtemps, je pense que Macron est naïf, il est évident que pour l'Allemagne c'est Nein pour la mutualisation, comme ce sera Nein pour les travailleurs détachés, Macron va se prendre un mur et c'est pas ces réformettes du travail qui vont faire changer l'Allemagne de cap.

  • Par hermet - 11/09/2017 - 13:09 - Signaler un abus match perdu

    D'ailleurs Macron insulte les Français, en particulier à l'étrangers, pour se faire bien voir des Allemands, mais les Allemands ( fort heureusement) s'en tamponnent ce qu'ils veulent c'est des chiffres et une baisse drastiques des dépenses sociales, chez Macron pour l'instant point de tous cela...

  • Par gerint - 11/09/2017 - 13:51 - Signaler un abus L'Europe de Macron pour moi

    Ce n'est pas plus decdémocratie mais moins, plus de bureaucratie et de contraintes, plus de pensée unique, et la disparition de ce qui reste de bon à vivre spécifique à la France dont il récuse la culture d'ailleurs

  • Par gerint - 11/09/2017 - 13:53 - Signaler un abus Donc Macron est un ennemi mortel

    Pour la France dans la continuité des pouvoirs précédents en accélérant la décomposition

  • Par vangog - 11/09/2017 - 17:48 - Signaler un abus @Anguerrand ce n'est pas parce que Marine Le Pen

    a raté un second tour de deux heures qu'elle aurait raté un quinquennat de cinq ans...Macron a utilisé toutes les ficelles apprises à l'ENA pour réussir son second tour gagné d'avance, et il l'a réussi haut-la-main (et grâce aux abstentions des LR). Pourtant, il est en train de dégrader furieusement l'économie et le chômage Français...allez comprendre?

  • Par g16 - 13/09/2017 - 09:44 - Signaler un abus Macron ne souhaite

    Macron ne souhaite certainement pas la réélection de Merkel. S'il réussit ses réformes dans les mois qui viennent, il pourrait bien devenir influent sur l'Allemagne.

  • Par ajm - 14/09/2017 - 01:13 - Signaler un abus Illusion franco-allemande

    Macron n'obtiendra pas grand chose des Allemands, mais c'est sur elle-même que la France doit compter. Les Allemands, au fond, ont utilisé l'idée européenne pour se refaire une virginité après la guerre et se protéger de l'URSS. Les Allemands sont bien plus nationalistes dans les faits et les consciences que nous, qui ne sommes patriotes qu'en apparenxe et en parole. Ce que les Allemands ont accepté après la guerre c'est ce qu'ils etaient obligés d'accepter sous peine d'anéantissement et de destruction totale. Maintenant , l'Allemagne unifiée se désintéresse de l'Europe. L'Euro c'est la France et l'Europe du Sud qui l'ont imposé aux Allemands qui voulaient garder leur DM. Il faut revenir sur terre et rebatir une France forte et compétitive en arrêtant cette logomachie et ce verbiage europeanistes, mais de façon intelligente, sans tomber dans l'outrance marxiste et creuse des provocateurs et en démontrant une vraie capacité autonome de redressement. Macron peut-il avoir cette lucidité ? Comme il est très orgueilleux , une fin de non recevoir mal enrobée de la part de Merkel pourrait- il provoquer un declic salutaire ?

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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