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SNCF & intermittents : comment le gouvernement cède, l'air de rien, aux grévistes

Selon le Secrétaire général de la CGT Thierry Le Paon, les amendements votés par les députés dans le cadre de l'adoption du premier article du projet de loi sur la réforme ferroviaire vont dans le bons sens. Le signe que des concessions ont été faites par le gouvernement, selon une tactique très "Quatrième République".

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SNCF & intermittents : comment le gouvernement cède, l'air de rien, aux grévistes

Grève de la SNCF : des concessions ont été faites par le gouvernement. Crédit Reuters

Atlantico : Le premier article du projet de loi sur la réforme ferroviaire a été adopté par l’Assemblée mercredi 18 juin. Plusieurs amendements ont été votés par les députés, appuyés par le Secrétaire d’Etat aux Transports Frédéric Cuvillier. Selon le Secrétaire général de la CGT Thierry Le Paon, ces amendements vont dans le bon sens. Le gouvernement a-t-il plié et reculé devant les grévistes ?

Alain Bonnafous : Dans la mesure où ces amendements avaient été  repoussés jusqu’ici on peut supposer qu’il y avait quelques raisons à cela. S’ils ont été finalement acceptés par le gouvernement, c’est objectivement un recul.

Eric Verhaeghe : Le gouvernement est à la recherche d'une solution "propre" pour sortir du conflit sans avouer ouvertement qu'il fait des concessions.

En soit, le procédé n'est pas totalement choquant. On peut simplement lui reprocher son côté 4è République : au lieu d'expliquer clairement aux Français que la vocation du rail en France est d'être privatisée dans les 10 ans, et que la réforme d'aujourd'hui prépare ce basculement de demain, le gouvernement a choisi une stratégie de négociation très radicale-socialiste, faite de déni et d'évitement, de concession et de compromis à petits pas. A titre personnel, j'ai toujours été persuadé qu'une stratégie de négociation plus offensive était plus rentable. Mais je veux bien imaginer qu'on fasse d'autres choix.

Thierry Le Paon s’est félicité de l’unicité entre les trois établissements publics et industriels (SNCF, SNCF mobilités et SNCF réseau) permise grâce à un amendement des écologistes soulignant "le caractère indissociable et solidaire" des trois entités.  Avec cet "employeur unique" que déplore l’UMP, la réforme est-elle dénaturée ? Quelles sont les conséquences ?

Eric Verhaeghe : L'intérêt de faire trois structures est en effet de préparer la vente ou l'ouverture du capital de l'une des trois. Concrètement, il s'agit d'ouvrir l'exploitation du rail à la concurrence. En affirmant un principe d'indissociabilité, les écologistes obligent les futurs gouvernants à reprendre la réforme à zéro. Ce me semble un mauvais calcul pour la CGT. Dans quatre ou cinq ans, au lieu de négocier l'avenir d'une seule de ces 3 structures, c'est l'avenir des 3 qui sera discuté. La CGT est incapable de savoir quel sera le rapport de force demain. Dans l'immédiat, il lui est favorable, parce que plus personne ne tient le pays. En revanche, à l'avenir... la CGT a, de mon point de vue, programmé la réouverture de la boîte de Pandore.

Alain Bonnafous : Un "caractère indissociable et solidaire" ne renvoie pas à un statut juridique établi. Il reste, dans la loi en son état, trois EPIC. L’important n’est pas dans cette symbolique des mots mais dans ce dispositif qui veut que la SNCF, EPIC de tête, soit l’employeur unique. Les aspects les plus positifs de la réforme, qui laissaient espérer des gains significatifs de productivité,  pourraient en être sérieusement compromis.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 20/06/2014 - 08:26 - Signaler un abus Vous appelez cela Radsoc!

    Moi je nomme ce gouvernement reac! Dans le rail, Valls-le-reac ne change rien, il conserve le statut et les privilèges et il les élargit à tous... Chez les intermittents, il ne change rien , il conserve leur statut, mais fait payer le délai de carence par le con-tribuable... Radsoc, si vous voulez, mais Valls est reac, surtout! Et lâche, certainement...

  • Par tubixray - 20/06/2014 - 08:43 - Signaler un abus qu'attendre d'un gouvernement de gauche ....

    Les grèves à la SNCF étaient en train de s'éteindre faute de combustible CGT/ Sud, les intermittents pouvaient bloquer tous les festivals qu'ils voulaient sans que cela ne gêne l'économie du pays mais bon, la gauche bobo allait être privé de ses friandises culturelles et les pauvres cheminots qui se tuent à pelleter du charbon pour seulement 3000 € par mois étaient au bord de l'asphyxie!

  • Par MONEO98 - 20/06/2014 - 09:25 - Signaler un abus comme d'habitude

    un authentique premier ministre de la ve République... Chirac avait déclaré que l'expression de la rue était l'expression de la démocratie ,alors que le père de la Veme avait déclaré que c'était la chienlit Voila tout est dit et chaque reculade encourage une poignée vivant sur le dos de la collectivité à continuer si on veut sortir un jour de ces pantalonnades successives , il faudra bien réglementer le droit de grève et ne plus céder quel qu'en soit le prix....

  • Par MEPHISTO - 20/06/2014 - 10:40 - Signaler un abus Ou comment baisser sa culotte

    Les socialistes et la Gauche au pouvoir savent très bien marcher à reculons , tout comme J.CHIRAC en son temps qui faisait un pas en avant et trois en arrière ( SARKOZY avec tous les reproches qui lui était adressé, même si tout ce qu' il avait entrepris était loin d 'être abouti , faisait les bonnes analyses et persistait dans sa volonté. aujourd'hui avec HOLLANDE , on est loin du compte parce qu'il ne fait rien de concret , n ' a jamais rien à dire dans ses allocutions ). ces politiciens ( iennes) denués de courage jouent ainsi une carte du quitte ou double. ils se disent qu 'ils pourraient récupérer des voix en 2017 où s 'ils sortent de la majorité , ils pourront à nouveau " hurler "comme ils le font dans l 'opposition ... une chose est presque sûre , c'est que le pays sera après la période HOLLANDISTE dans un chaos économique et social total

  • Par Anguerrand - 20/06/2014 - 11:08 - Signaler un abus Le cochon de contribuable paiera

    Encore une journée ou l'on nous annonce une distribution gratuite aux privilégiés de la République. Il fera bon d'être balayeur dans une gare avec un statut de cheminots et une retraite à 55 ans, les autres balayeurs pourront bosser jusqu'à 62 ans. Merci les CGT , FO, SUD. tous les jours de nouvelles dépenses, et les 50 milliards se trouveront ou? Dans le privé comme d'habitude. Pas un part,je dis bien pas un parti ne proteste c'est comme ça enFrance. On ne peut même plus compter sur leFN ce sont ses nouveaux électeurs.

  • Par jmpbea - 20/06/2014 - 12:17 - Signaler un abus La chienlit est là...

    Le pouvoir n'en a plus que le nom.....0,5% d'extrémistes dictent les lois et les décrets qui méprisent le peuple travailleur...le Bouffi est aux abois et à d'ores et déjà perdu toute autorité sur sa majorité, sur son premier ministre, sur ses concubines ....il n'y a que le scooter qui démarre encore quand c'est nécessaire....ils n'auront aucun mal à l'arrêter à Varennes...

  • Par Hugues001001 - 20/06/2014 - 16:33 - Signaler un abus Voilà voilà quoi

    "Les crédits budgétaires pour le spectacle vivant et la création artistique seront par ailleurs maintenus intégralement en 2015, 2016 et 2017." Voici encore une fois la preuve que, alors que notre gouvernement de calepins se targue soi-disant de faire "le plus grand effort d'économies jamais réalisé", et que la Cour des Comptes annonce, comme chaque année, des déficits, une dette, et des résultats pires que prévus, certains sont plus égaux que d'autres. Systématiquement, l'Éducation et la Culture semblent épargnés par le pseudo grand effort d'économies. Fais gaffe Flanby, à force, ça va se voir.

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'ENA (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un DEA d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Alain Bonnafous

Alain Bonnafous est Professeur Emérite de l’Université de Lyon et chercheur au Laboratoire d’Economie des Transports dont il a été le premier directeur. Auteur de nombreuses publications, il a été lauréat du « Jules Dupuit Award » de la World Conference on Transport Research (Lisbonne 2010, décerné tous les trois ans).

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