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SNCF : les 3 détonateurs qui pourraient faire dérailler le gouvernement

Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF menacent le gouvernement d'un conflit social "majeur" s'il décide de passer en force son projet de réforme du secteur ferroviaire.

Danger

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SNCF : les 3 détonateurs qui pourraient faire dérailler le gouvernement

 Crédit FRED DUFOUR / AFP

Le Gouvernement peut-il se fracasser sur la réforme de la SNCF ?

Le rapport Spinetta, base de discussions à venir, envisage le bing bang : changer le statut des nouveaux cheminots embauchés, modifier la structure juridique de l’entreprise, réduire son aire de compétences. Le Gouvernement veut aller très vite pour éviter un bras de fer qui s’annonce pourtant inévitable.

A première vue, les signaux sont au vert

Sur le papier, le Gouvernement a un boulevard devant lui.

D’abord, il bénéficie d’une exaspération croissante des Français envers la SNCF : pannes à répétition, forte médiatisation des bugs monumentaux gare Montparnasse… entre les Français et leur service public, le divorce semble consommé : les chiffres mensuels sur la satisfaction fournis par Ipsos témoignent d’ailleurs d’une baisse très forte sur deux items clés : la réputation et l’expérience client.

Ensuite, le Gouvernement peut tirer pleinement partie de la fenêtre de tir politique.  Le mandat donné aux Français à Emmanuel Macron est clair : les Français ne veulent plus du statut quo. C’est la raison principale pour laquelle l’opposition est inaudible. Et même si la popularité d'Emmanuel Macron (-5) est en forte baisse en janvier et repasse en dessous de la barre des 50%, selon un sondage BVA, ce dernier continue de bénéficier d’un alignement des planètes.

En toile de fond, les tabous historiques sont en train de tomber. Ainsi, le statut de la fonction publique, et parapublique, est aujourd’hui battu en brèche. Mi-février, une étude révélait que ni les Français ni les fonctionnaires n’étaient opposés à la fin du statut de fonctionnaire à vie.

Forte insatisfaction vis-à-vis de la SNCF, fin des tabous concernant la fonction publique, injonction aux changements : qu’est-ce qui pourrait freiner la grande transformation de la SNCF ?

Un train peut en cacher un autre

Il y a les réformes, et ce qu’elles symbolisent. La révolte des bonnets rouges n’avait plus grand-chose à voir avec le projet des  portiques Ecotaxes. De même, la grogne contre le projet  CPE traduisait au-delà des modalités de ce contrat, une angoisse plus profonde d’une génération qui peinait à trouver sa place.

Souvent cela explose quand la réforme vient télescoper une inquiétude plus grande qu’elle. La SNCF pourrait jouer un rôle de  détonateur. Trois terreaux sont particulièrement explosifs :

La révolte des territoires d’abord : dès la sortie du rapport Spinetta, les syndicats se sont insurgés contre la possible remise en cause de leur statut. S’ils en restent là, leur mouvement demeurera catégoriel. Une bombe à fragmentation autrement plus mobilisatrice réside pourtant dans les conclusions : il est indiqué ainsi que 2% de la population ne pourrait préempter près de 2 milliards de moyens. Entre les lignes, une affirmation est posée : le service public doit intégrer une logique de rentabilité. Une hypothèse insupportable pour des territoires qui ont déjà le sentiment d’être mis à la marge et qui voient chaque jour leur moyens réduits.

 
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  • Par vangog - 24/02/2018 - 17:07 - Signaler un abus Logique de privilèges!

    Cette logique de privilèges a permis d’amener au pouvoir des gouvernements à tendance gauchiste, voire ultra-gauchiste, qui se retrouvent, au bout de quelques années d’accumulation des privilèges et des déficits, confrontés a une logique comptable. C’est ce qui arrive aux Macronistes, élus par des catégories qui croyaient voir maintenir leurs privilèges, et qui doit, aujourd’hui, menacer leurs électeurs de perte de ces privilèges, par obligation d’une logique comptable...un vrai casse-tête qui aboutira à la scission des Macronistes en « frondeurs » et en « comptables »...je ne donne pas cher des « comptables...

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Matthieu Chaigne

Matthieu Chaigne est directeur associé chez BVA. Il est aussi co-fondateur de l'observatoire des sondages et tendances émergentes Délits d'Opinion, chargé de cours à l'INSEEC et à la Sorbonne-CELSA.

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