Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 25 Juin 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Santé : Agnès Buzyn en passe de réinventer l’économie soviétique

Il faut lire le dossier consacré au lancement de la concertation sur le zéro reste à charge pour mesurer l’incongruité économique d’une ministre probablement bonne médecin, mais totalement incompétente sur les questions de protection sociale.

"Innovation"

Publié le
Santé : Agnès Buzyn en passe de réinventer l’économie soviétique

L’économie soviétique est-elle l’horizon indépassable d’Agnès Buzyn? Il faut lire le dossier consacré au lancement de la concertation sur le zéro reste à charge pour mesurer l’incongruité économique d’une ministre probablement bonne médecin, mais totalement incompétente sur les questions de protection sociale. Elle s’inscrit dans la droite ligne de la stratégie dirigiste prônée par Marisol Touraine avant elle. Au détriment de la qualité des soins, bien entendu. 

Evolution des dépenses en optique

En son temps, Marisol Touraine avait endossé la doctrine funeste de ses services ministériels avec une loyauté confondante.
Pour faire baisser le prix des lunettes (dont l’essentiel du coût repose sur les organismes complémentaires, rappelons-le), elle avait plafonné leur remboursement… Le raisonnement de l’époque soutenait que le prix de l’optique s’expliquait essentiellement par la « solvabilisation » des assurés du fait de remboursements trop élevés par les complémentaires.
 
Donc, pour faire baisser les prix, on faisait baisser les remboursements en leur fixant un plafond en euros et en durée.
 

L’échec du plafonnement des tarifs

Résultat de cette politique malthusienne (voir le tableau ci-dessus): les tarifs ont baissé d’environ 1 point en trois ans! et les lunettes continuent à coûter en moyenne 425 euros, pour un remboursement maximal d’environ 300 euros. Voilà ce qu’on appelle un flop!
 
Sans surprise, en effet, les restes à charge en matière d’optique ne baissent pas. Et le renoncement aux soins pour des raisons financières non plus. C’est bizarre, puisqu’on a plafonné les remboursements… On ne pouvait vraiment pas s’y attendre…
 
Une fois de plus, la réalité a infligé une sévère leçon aux idéologues de la fonction publique, convaincus qu’une société peut entièrement reposer sur des obligations réglementaires et des interdits. On ne pouvait pas mieux illustrer l’absurdité des réflexes administratifs. 
 

Buzyn persévère dans l’erreur

Comme Agnès Buzyn est du genre médecin à l’ancienne (elle sait tout, puisqu’elle est médecin, et elle ne peut se tromper, puisqu’elle est médecin), elle a décidé d’imposer la vérité des services ministériels envers et contre tout. Alors qu’il est évident que la politique consistant à réglementer et à imposer ne fonctionne pas, elle semble bien décidée à la continuer jusqu’au bout. 
 
D’où cette idée extravagante d’imposer des prestations médicales avec zéro reste à charge, financées par les organismes complémentaires qui sont en même temps appelés à ne pas augmenter leurs tarifs. Mais, évidemment, on ne remet pas en cause le plafonnement des remboursements. 
 
Autrement dit, les organismes complémentaires sont sommés de rembourser la totalité des frais médicaux dont le remboursement est officiellement plafonné… Et dans le même temps, les tarifs des organismes complémentaires doivent stagner. Mais pourquoi Agnès Buzyn ne propose-t-elle pas de fixer les prix des yaourts par décret, tant qu’elle y est ? En interdisant, cela s’entend, aux commerçants de gagner de l’argent en les vendant. 
 

Vers une économie soviétique de la santé

On comprend bien la logique qui est à l’oeuvre derrière ces projets farfelus: il faudrait que les organismes complémentaires (dys)fonctionnent selon les mêmes principes qui envoient la sécurité sociale dans le mur. Une bonne nomenclature de tarifs obligatoires, un marché entièrement réglementé, et des déficits à la clé, financés par le contribuable. On s’étonnera quand même de ce manque évident d’imagination à l’ère macronienne du renouvellement. 
 
À moins bien sûr qu’il s’agisse non pas de soigner, mais de redistribuer pour capter des voix aux prochaines élections. Ce fameux calcul qui explique pourquoi la sécurité sociale marque si peu d’intérêt pour rembourser rapidement des médicaments innovants qui peuvent sauver quelques vies.
 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 25/01/2018 - 10:33 - Signaler un abus Quarante à cinquante euros d’augmentation des mutuelles

    complémentaires, c’est le résultat de cette politique socialaud-macroniste pour les plus riches! Les pauvres, eux, peuvent aller se brosser et, s’ils ne peuvent plus payer leurs mutuelles socialistes exorbitantes, se dire qu’ils auraient pu voter Marine Le Pen, plutôt que le pantin de la finance internationale et consanguine...

  • Par Bobby Watson - 25/01/2018 - 13:55 - Signaler un abus Explosion des cotisations des mutuelles

    C'est le prix à payer pour la promesse démagogique qui a lancé la campagne de Macron. Tout ça pour ça !

  • Par KOUTOUBIA56 - 25/01/2018 - 17:48 - Signaler un abus quand on parle de zero reste

    quand on parle de zero reste a charge il ne faut pas s'étonner que l'on aille dans le mur!!!!!!!!!!!!!!! et ça c'est lebaratin de Mr Macron pour gagner la présidentielle. dans un pays qui a 6,5 miilions de chomaurs 2,5 millions de gens qui sont hors du systeme et que l'on y rajoute l'aide médicale d'état pour des migrants toujpours plus nombreux comment voulez vous que l'on arrive au zero reste a charge. il faut etre des connes comme touraine ou Buzyn pour le croire

  • Par moneo - 25/01/2018 - 18:03 - Signaler un abus conclusion ?

    Quand les effets de ces stupidités feront surface le responsable sera montré du doigt ;ce sera la faute au Libéralisme .... mais on a de la réserve avec les Insoumis,Nuit Debout ,Podemos le PC ,le PS authentique ...Philippot ... SUD , Lepen le modèle Orwellien de la déconstruction linguistique est en construction avec Macron ...il n' y a plus que des Etatistes dans ce pays.Comprenne qui pourra .L''Etat c'est les hauts fonctionnaires tireurs de marionnettes pourtant, Bastiat avait bien pointé que l'Etat est la plus grande fiction par laquelle tout le Monde vit aux dépens de tout le monde S'il y a un pays qui le démontre c'est bien le notre...mais la lutte française est comment vais je MOI vivre aux dépens des autres Au fait rien à voir ,messieurs les dirigeants d'Atlantico que deviennent nos Zadistes? les routes sont elles déblayées ?et que va faire l Etat des occupants sans droits?là pour le coup l'Etat manque à sa seule fonction utile ,la fonction régalienne...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€