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Sanglante descente aux enfers pour le Mexique, cette quasi zone de guerre où meurent des dizaines de milliers de personnes dans l'indifférence

La lutte contre les cartels de drogue au Mexique engendre des dizaines de miliers de morts chaque années. Neuf cartels majeur existent encore et font régner la terreur, dans le plus grand silence.

Silence! On tue

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Sanglante descente aux enfers pour le Mexique, cette quasi zone de guerre où meurent des dizaines de milliers de personnes dans l'indifférence

Atlantico : Depuis le lancement de sa "guerre contre la drogue" en 2006, sous la présidence de Felipe Calderon, le Mexique compte ses morts, plus de 200 000 en 10 ans, et sans compter les personnes disparues. Alors qu'une accalmie relative avait eu lieu en 2013 et 2014, suite à l'élection du nouveau Président Pena Neto, la violence du pays semble toucher de nouveaux sommets; l'année 2016 ayant été la plus meurtrière au Mexique, avec 23 000 homicides, et l'année 2017 marque déjà une progression de 20% sur ces chiffres.

Quelles sont les raisons de ce regain de violence ? En quoi l'arrestation en 2015 de Joaquin Guzman, le plus célèbre narco trafiquant au monde, a plus alimenté le problème qu'il ne l'a résolu ?

Alain Rodier : La recrudescence de la violence provient de la lutte implacable que se livrent les cartels qui ont tendance à se multiplier, la mode n’étant plus aux grandes structures comme celle que dirigeait Joaquín " El Chapo " Guzmán (voir son histoire plus loin). Toutefois, il reste encore neuf cartels majeurs : le cartel de Sinaloa (celui d’" El Chapo "), du Golfe, de Juáres, de Tijuana, Jalisco-Nouvelle génération, les Zetas, les Chevaliers templiers, la Familia Michoacana et Beltrán-Leyva. Autour de ces structures se développent des bandes qui s’allient ou s’opposent en fonction de l’évolution de la situation. On les nomme les cartelitos.

Il s’agit, pour les nouveaux leaders, de défendre et de conquérir des " territoires ", notion fondamentale dans le crime organisé. Tous les moyens sont bons à employer pour y parvenir. Si l’on peut faire une graduation dans l’horreur, Daech se montre relativement " modéré " dans ses méthodes si on les compare à celles des cartels et autres gangs latino-américains. Une des spécialités des tueurs locaux, les sicarios, est de démembrer leurs victimes et d’exposer les restes publiquement pour impressionner l’adversaire et surtout, les populations civiles. Ces sicarios sont recrutés - souvent de force - dès le plus jeune âge et soumis eux-mêmes à des tortures avant d’avoir à en infliger à d’autres. Ils sont complètement décérébrés n’ayant plus aucune notion du " bien " et du " mal ".

Les forces de l’ordre - surtout les locales dont les membres sont facilement identifiables - font l’objet d’un choix simple : " plata o plomo " (de l’argent ou du plomb). Cela explique qu’elles se font facilement corrompre car elles n’ont pas le choix. Massacrer la famille d’un représentant des forces l’ordre ne pose aucun problème aux sicarios, bien au contraire.

Si on prend pour exemple les prisons, ce sont en réalité des refuges pour les chefs de bandes qui se trouvent à l’abri de leurs concurrents protégés par une administration pénitentiaire aux ordres. Chaque bande développe son " territoire " au sein même de la prison en se protégeant avec des sicarios souvent équipés d’armes à feu. Tout est autorisé aux prisonniers qui transforment leur lieu de détention en sorte de lupanars de luxe. Les chefs continuent à diriger leur organisation à l’extérieur depuis leur lieu d’incarcération - ou de villégiature, au choix -. Seul problème, il arrive qu’il y ait des affrontements entre bandes rivales à l’intérieur des murs de la prison et cela se termine généralement en de véritables massacres.

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 07/08/2017 - 13:31 - Signaler un abus Ah oui!!!

    Ah oui!!! On remarquera une fois de plus la patte du branquignol qui écrit les sous-titres! Les dizaines de milliers de morts du premier "chapeau" deviennent des centaines de milliers cinq lignues plus bas sans que cela le fasse désaouler! De mieux en mieux !!!

  • Par christophe7307 - 07/08/2017 - 20:53 - Signaler un abus De pire en pire

    Il n'y a personne pour relire les articles et corriger les fautes ?

  • Par vangog - 07/08/2017 - 22:32 - Signaler un abus Encore un bienveillant qui s'est laissé déborder

    par les méchants...eh, les nanas! l'autorité vous fait peur, mais c'est la seule manière de vous protéger des balles perdues...

  • Par kelenborn - 08/08/2017 - 13:26 - Signaler un abus Aahhhh

    Cette fois ça a été corrigé!! Il y a donc un pilote dans l'avion mais...il doit être dans sa baignoire!

  • Par Ganesha - 09/08/2017 - 08:45 - Signaler un abus Solution

    La solution serait-elle de légaliser et de contrôler la distribution de toutes les drogues, comme en Suisse et au Portugal ?

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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