Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 22 Août 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Salon de l’agriculture : les 5 défis majeurs à relever pour sauver les campagnes françaises

Au moment où le Salon de l’Agriculture va s’ouvrir, et donner lieu au défilé habituel de candidats à la Présidentielle, on peut s’interroger sur cinq vrais défis auxquels doivent faire face les agriculteurs français, et européens.

SOS

Publié le
Salon de l’agriculture : les 5 défis majeurs à relever pour sauver les campagnes françaises

L'éco : Bruno Parmentier

Au moment où le Salon de l’Agriculture va s’ouvrir, et donner lieu au défilé habituel de candidats à la Présidentielle, on peut s’interroger sur cinq vrais défis auxquels doivent faire face les agriculteurs français, et européens. 

Apprendre à vivre avec le réchauffement climatique.

Nous avons eu un printemps exceptionnellement pluvieux… (mais il faut s’interroger sur l’emploi si facile du terme exceptionnel car il s’agit peut-être d’un printemps désormais "normal"). Les blés qui n’ont pas été pourris par les inondations ont souffert de manque de rayonnement solaire, et au total la récolte a baissé d’un tiers. Plus d’un agriculteur s’est interrogé sur ses choix : à quoi bon se payer des semences, des engrais et des pesticides très onéreux si au final on n’est pas capable de supporter un printemps pluvieux ?

Les producteurs de fruits et légumes ont aussi largement souffert du même phénomène. Tout laisse à penser que le climat va continuer à se détériorer rapidement. Bien entendu ce sont les agriculteurs des pays tropicaux qui souffriront le plus, mais ici aussi il va falloir s’adapter. Que faisons-nous pour avoir une agriculture plus résiliente, capable de s’adapter à ces nouvelles données ? Il convient de revoir des choix génétiques et de méthodes culturales qui ont été faits exclusivement pour rechercher une productivité maximum dans les anciennes conditions "habituelles".

S’adapter aux changements rapides de consommation alimentaire.

L’agriculture bio progresse actuellement à raison de 20 % par an en surface et 15 % en chiffre d’affaires, quel autre secteur de l’économie française peut s’enorgueillir de tels taux ? Ne faut-il pas en tirer quelques leçons ? L’essor du "sans" (sans gluten, lactose ou viande, sans soja, œufs, caféine, crustacés, cacahuètes, noix, sésame, tournesol, moutarde ou pavot, mais aussi, sans OGM, pesticides, sulfites, additifs ou matières grasses, etc.) est également le signe d’une volonté des français de se réapproprier une certaine maîtrise de leur alimentation, et par extention de leur vie ; comment les agriculteurs peuvent-ils accompagner ce mouvement de fond ?

La consommation de viande et de produits laitiers, qui n’avait cessé d’augmenter tout au long du XXe siècle (on était passé de 20 kilos par personne et par an dans les années 1920 à 50 dans les années 1950, 80 dans les années 1980, et 100 au tournant du siècle) a amorcé sa décrue, puisqu’on ne consomme plus aujourd’hui que 85 kilos de viande et 90 kilos de lait (sous forme de laitages). Tout laisse à penser que ce mouvement va se poursuivre : ces produits ne sont plus autant "à la mode" que pendant les 30 glorieuses, et les critiques multiples dont ils font l’objet (santé, intolérances, risques sanitaires, bien-être animal, scandales, peurs et méfiances diverses) risquent de s’accentuer. Un signe récent de ces évolutions sociétales, les nouveaux "repères de consommation alimentaires" de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), qui seront reprises dans le prochain Programme national nutrition-santé (PNNS) : en matière de viande, œufs et poisson, on recommandait jusqu’à présent d’en manger "une ou deux fois par jour" ; maintenant "pas plus de 25 grammes de chacuterie et de 70 grammes de viande par jour, et du poisson une ou deux fois par semaine". En ce qui concerne le lait, l’évolution est encore plus spectaculaire : c’était "3 produits laitiers par jour", et désormais… silence, ils ne savent plus quoi conseiller !

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 25/02/2017 - 08:32 - Signaler un abus Politique agricole de Larine Le Pen:

    LA FRANCE, PUISSANCE AGRICOLE AU SERVICE D’UNE ALIMENTATION SAINE Appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français pour soutenir immédiatement nos paysans et nos pêcheurs, notamment au travers de la commande publique (État et collectivités). Transformer la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française. Garantir le montant des subventions dont les critères seront fixés par la France et non plus par l’Union européenne, avec l’objectif de sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales. 127/ Refuser les traités de libre-échange (TAFTA, CETA, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.). Développer les circuits courts de la production à la consommation, en réorganisant les lières.

  • Par vangog - 25/02/2017 - 08:35 - Signaler un abus Politique agricole de Marine Le Pen

    S'il plifer le quotidien des agriculteurs en stoppant l’explosion des normes administratives et encourager l’installation des jeunes agriculteurs, par le biais de défiscalisations durant les premières années. Défendre la qualité : afin de lutter contre la concurrence déloyale, interdire l’importation des produits agricoles et alimentaires qui ne respectent pas les normes de production françaises en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal et d’environnement. Imposer la traçabilité totale de l’origine géographique et du lieu de transformation sur l’étiquette, afin de garantir la transparence et l’information complète des consommateurs. Promouvoir les exportations agricoles, notamment en soutenant les labels de qualité.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Bruno Parmentier

Bruno Parmentier est ingénieur de l’école de Mines et économiste. Il a dirigé pendant dix ans l’Ecole supérieure d’agronomie d’Angers (ESA). Il est également l’auteur de livres sur les enjeux alimentaires :  Faim zéroManger tous et bien et Nourrir l’humanité. Aujourd’hui, il est conférencier et tient un blog nourrir-manger.fr.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€