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"La saga de Grimr" : entre flamboyance et petites maladresses

Atlanti-Culture

Publié le
"La saga de Grimr" : entre flamboyance et petites maladresses

BD

LA SAGA DE GRIMR

Dessins & Scénario : Jérémie Moreau

Editions Delcourt

 231 pages

25,50 €

RECOMMANDATION

EXCELLENT

THEME

Voici donc le gagnant du Fauve d’Or du dernier festival d’Angoulême. Pour les non-initiés, le Fauve d’Or, c’est un peu comme le César du meilleur film au cinéma, c’est, pour le jury, la meilleure Bande Dessinée de 2017. Paru de façon un peu inaperçue en septembre dernier, cet ouvrage se voit donc offrir une très belle deuxième chance de nous plaire. 

La Saga de Grimr est l’histoire d’un jeune orphelin islandais au XVIIIème siècle, à un moment particulièrement difficile de l’histoire de cette île magnifique.

Grimr va être tour à tour confronté à son mentor, à son bienfaiteur, à une famille d’accueil, à l’amour, à un grand méchant, à la haine, puis pour finir … Non, je ne vous raconte pas tout, et je vous recommande, malgré mes réserves ci-dessous, de vous plonger dans cette histoire.

Si une critique ressemblait à un fleuve, sur lequel on naviguerait en devant choisir d’accoster sur une des deux rives, à bâbord la déception et à tribord le plaisir, alors je suis encore en train de me débattre au milieu du fleuve en affrontant plein de vents contraires. Certes, vous pouvez être agacés par la métaphore facile, mais elle traduit bien mon sentiment, au moment où j’ai refermé l’ouvrage.

POINTS FORTS

- Le graphisme est de toute beauté, avec en particulier une expressivité des visages impressionnante et des rendus de paysages magnifiques. Des planches entières, sans aucun texte, y sont consacrées et elles sont toutes plus belles les unes que les autres.

- L’histoire est empreinte de beaucoup de tendresse, reflet de l’attachement perceptible de l’auteur à son personnage. Cela crée une force dans la narration qui donne envie de connaître son histoire.

POINTS FAIBLES

Cette œuvre est parsemée de petites erreurs de jeunesse, qui empêchent de sortir complètement emballé de la lecture.

Par exemple, la narration perd par moment de sa fluidité et il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre certains passages, ou des notes de bas de pages écrites tellement petites qu’elles en deviennent difficiles à lire. Mais ce sont des petits détails, qui ne gâchent pas le plaisir de lecture.

Le plus compliqué pour moi, et ce qui me laisse plus mitigé, est cette drôle d’impression de ne pas arriver à juger la qualité de cette histoire. Le mot « saga » du titre est ambigu, car il évoque de grandes actions flamboyantes, des gestes héroïques qui changent le cours de l’histoire… Alors qu’au final, cette saga proposée n’est « que » celle d’un bonhomme très fort qui va poser des pierres pour changer le destin de quelques individus. Et c’est tout, a-t-on envie de dire. La dédicace au Facteur Cheval, à la toute fin de l’ouvrage, qui met en parallèle les deux destins (Grimr et Cheval), sous forme d’une admiration respectueuse, reflète cette limite, car la vie du Facteur Cheval n’est-elle pas plutôt une ode à l’inutilité qu’une histoire passionnante ?

 
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Dominique Clausse pour Culture Tops

Dominique Clausse est chroniqueur pour Culture Tops

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