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La Russie et l’OTAN se parlent pour tenter d’éviter une nouvelle guerre froide, mais que se disent-elles ?

L'OTAN et la Russie pourraient échanger prochainement au travers de la rencontre de deux généraux, l​e Général Curtis Scaparrotti et la tête des forces armées russes, le Général Valery Gherassimov.

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La Russie et l’OTAN se parlent pour tenter d’éviter une nouvelle guerre froide, mais que se disent-elles ?

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg. Crédit JOHN THYS / AFP

Atlantico : Dans un contexte de fortes tensions, l’OTAN et la Russie pourraient échanger prochainement au travers de la rencontre de deux généraux, l​e Général Curtis Scaparrotti et la tête des forces armées russes, le Général Valery Gherassimov, prévue sur le sol européen. Quels sont les sujets « tactiques » ​qui devront être abordés pour en arriver à une forme de désescalade de la situation actuelle, et éviter ainsi ce qui est parfois appelé le risque d'une nouvelle guerre froide ?

Jean-Sylvestre Mongrenier : La montée des tensions entre la Russie d’une part, les Etats membres de l’OTAN d’autre part, n’est pas la conséquence de problèmes « tactiques », au sens d’interactions circonstancielles et malencontreuses entre des unités militaires sur le terrain.

Ces tensions, ainsi que le risque d’incidents et de collisions, se concentrent aux frontières orientales de l’Europe, sur l’axe Baltique-mer Noire, mais aussi dans un vaste arc qui court de l’Arctique à la Méditerranée, via l’Atlantique Nord. Il s’agit de violations de l’espace aérien ou maritime, plus souvent de provocations, qui visent à administrer la preuve de sa résolution politique ainsi qu’à tester la réaction adverse. Depuis déjà une dizaine d’années, le pouvoir russe entend ainsi manifester son retour sur la scène internationale. Avec l’invasion de la Géorgie en 2008, puis celle de l’Ukraine en 2014, la situation s’est aggravée. Dans la Manche comme sur ses rivages atlantiques, la France est directement concernée par ces tensions.

Ces tensions s’inscrivent dans le contexte plus large d’une nouvelle guerre froide dont les Occidentaux auront tardé à prendre conscience. Cet état hybride de paix-guerre, avec une possible ascension aux extrêmes, correspond effectivement à la définition d’une guerre froide. Pour mémoire, rappelons que l’expression de « guerra fria » est utilisée au Moyen Âge pour désigner le « conflit de civilisation », entrecoupé de longues trêves, qui oppose les royaumes chrétiens du nord de la péninsule Ibérique aux émirats islamiques du sud. A d’autres époques et en d’autres lieux, on a pu parler de « paix froide » ou de « paix armée » pour dénommer des situations hybrides de paix-guerre. Dans le présent contexte, parler de « nouvelle guerre froide » n’est donc en rien excessif. D’autant plus que Vladimir Poutine et les dirigeants russes sont animés par de profonds ressentiments historiques et reviennent constamment sur la « catastrophe géopolitique » que constituerait la chute de l’URSS. De leur point de vue, l’enjeu consiste à prendre une revanche sur les événements qui ont marqué le «  moment » 1989-1991.

 
Commentaires

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  • Par JonSnow - 01/04/2018 - 11:28 - Signaler un abus Auteur partisan!

    Encore un atlantiste qui ne voit pas les choses objectivement et rend la Russie coupable de tous les maux, sans voir la politique manipulatrice anti-Russe des Américains. Pas la peine de lire.

  • Par padam - 01/04/2018 - 12:18 - Signaler un abus Nul et non avenu

    Vision sectaire et manichéenne: les "Bons" d'un coté tous unis sous la bannière étoilée, le grand "Méchant" de l'autre à l'origine par principe de tous les maux de la planète... Perversion de l'esprit ou propagande atlantiste? Un peu les deux probablement.

  • Par vangog - 01/04/2018 - 13:11 - Signaler un abus L’OTAN dout être déconstruit!

    Parceque les deux camps sont déséquilibrés, chacun de leur côté, par des failles, des erreurs de construction irrémédiables! la Russie sent la chape de plomb mondialiste qui tente d’emporter son identité historique, et elle s’arc-boute, de peur de tout perdre. Le tzar rouge devient le sauveur providentiel de cette identité menacée et il en joue pour conserver le pouvoir. Se sentant réellement menacé, ou jouant de cette menace hypothétique, il unit son peuple dans cette paranoïa machiavélique, qui le pousse à casser les limites du droit international, et à instituer un no man’s Landy protecteur entre lui et la menace exagérée artificiellement...effet de sur-puissance, pour éviter la perte de pouvoir! L’Europe est un pantin désarmé, en pleine perte d’identité, et donc soumise aux désidératas américains, via le transmetteur d’ordres, neutre et obéissant, que constitue l’OTAN. Cet organe sans âme, agit comme une courroie de transmission de là stratégie américaine, mêlant économie et pouvoir. L’UE des Moguerrini, Merkel, Macron, Juncker est devenue un être asexué, sans volonté autre que la soumission à tous les pouvoirs pervers. Il faut déconstruire l’OTAN, sans délai, afin d'éviter..

  • Par vangog - 01/04/2018 - 13:18 - Signaler un abus L’OTAN doit être déconstruit!

    cette courroie de transmission usée doit être changée et remplacée par de ses accords bilatéraux entre une Europe ayant retrouvé son identité et son autonomie, et les deux super-puissances, calmées par cet équilibre des forces retrouvé. Souhaitons que Donald le visionnaire, et Poutine le pragmatique, imposent cette nouvelle donne aux feux-follets européens, qui devraient être remplacés par des dirigeants plus mûrs, plus lucides par rapport aux enjeux...avec les personnages asexués Macron et Merkel, l’UE ne prend pas le chemin de la lucidité...

  • Par Klaus02 - 02/04/2018 - 09:26 - Signaler un abus Russophobie

    Encore un article à charge contre la Russie responsable de tous les maux de la planète....Que Montgrenier aille déverser sa bile dans les colonnes de Libé ou du Monde, il y aura toute sa place...

  • Par ajm - 02/04/2018 - 11:37 - Signaler un abus Transfuges

    Et que les transfuges de Sputnick retournent sur leur site favori où ils peuvent déverser leurs injures quotidiennes tranquillement sur les très rares contradicteurs qui y interviennent. Le blog se nomme "Atlantico" après tout.

  • Par ajm - 02/04/2018 - 11:44 - Signaler un abus Otan, alibi pour ne rien faire.

    Si on veut éviter l'Otan et en fait se passer de la puissance de l'armée US, il faut des armées Européennes très sérieuses, avec de vrais gouvernements qui ne soient pas uniquement des binounours droit de l'hommiste. L'Otan arrange bien les pays Européens en leur permettant de ne pas affronter directement le réel.

  • Par Papy Geon - 02/04/2018 - 12:08 - Signaler un abus Quelle est la fonction première des armées?

    C'est d'être à disposition de nos gouvernants pour défendre les intérêts de la population, et dissuader des agresseurs ou envahisseurs. Le Général De Gaulle n'aimait pas l'OTAN. Probablement parce que certains buts des créateurs de l'OTAN n'avaient rien à voir avec les principes de dissuasion du Général. Il serait intéressant de connaître ces raisons précises.

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Jean-Sylvestre Mongrenier

Jean-Sylvestre Mongrenier est docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie, et chercheur à l'Institut français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).

Il est membre de l'Institut Thomas More.

Jean-Sylvestre Mongrenier a co-écrit, avec Françoise Thom, Géopolitique de la Russie (Puf, 2016). 

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