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Rouhani ou pas Rouhani ? Enjeux des élections présidentielles iraniennes du 19 mai 2017

Le 19 mai prochain les Iraniens se rendront aux urnes pour choisir leur prochain Président de la République. Deux principaux candidats s’affrontent à cette occasion, le Président sortant Hasan Rouhani et Ebrahim Raisi.

Suspense

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Rouhani ou pas Rouhani ? Enjeux des élections présidentielles iraniennes du 19 mai 2017

Le 19 mai prochain les Iraniens se rendront aux urnes pour choisir leur prochain Président de la République. Deux principaux candidats s’affrontent à cette occasion, le Président sortant Hasan Rouhani et Ebrahim Raisi, un ancien Procureur de la République et l’éphémère Gardien de l’Astan Ghods, le mausolée de l’Imam Reza, 8ème Imam des Chiites et la fondation religieuse la plus riche du monde avec un peu moins de 20 milliards d’Euros d’actifs.

Or, malgré le fait que les deux candidats soient tous deux enturbannés et membres du clergé, ils personnifient deux thèses et deux visions radicalement différentes. L’un, le Président sortant, incarne l’accord nucléaire qui a permis, du moins sur un plan théorique, le retour de l’Iran dans le système financier international et la fin des sanctions internationales liées au nucléaire. Il incarne ainsi l’image d’un Iran plus modéré et pragmatique, en somme une image souriante davantage potable aux yeux de l’occident qui se souvient des huit années tumultueuses d’Ahmadinejad qui a vu le pays relégué au rang de paria à l’instar de la Corée du Nord.

Raisi, en revanche, incarne, l’aile dure du régime. Il a été en fait le Procureur qui a renvoyé en 1988 à l’échafaud des milliers de prisonniers politiques, majoritairement affiliés aux mouvements des Moudjahidin du peuple, allié de Saddam, pendant la guerre Iran-Irak. Ancien élève du Guide Suprême, Ali Khamenei, il est le favori des gardiens de la révolution et de l’appareil sécuritaire du pouvoir de par, justement sa sévérité à l’égard de ceux qui contestent la nature et l’idéologie théocratique du régime. En se présentant aux élections présidentielles à la demande expresse du Guide, il a abandonné la fonction la plus convoitée du pays, celle de gardien de l’Astan Ghods, à la tête de laquelle il avait été nommé à vie.

Les conservateurs, à travers Raisi, ne manqueront pas d’insister sur le peu d’amélioration que la fin des sanctions liées au nucléaire a apporté au pays contrairement aux promesses faites par Rouhani. En effet, l’Iran est loin d’avoir bénéficié des investissements internationaux annoncés par ce dernier au lendemain de l’accord nucléaire. Loin d’être devenu un eldorado, les Iraniens au contraire vivent l‘heure de la douche froide de l’espoir de l’ouverture économique déçu. Rouhani avait survendu les effets bénéfiques de la levée des sanctions et créé inutilement un espoir qui n’a pu qu’être déçu face à l’absence des retombées économiques annoncées. Cet échec étant principalement dû au maintien des sanctions américaines non liées au nucléaire, en place depuis la révolution iranienne et qui continue de traumatiser les banques internationales qui de ce fait n’assurent quasiment aucun financement de projet en Iran. En effet, alors que le PNB a cru de 7,4% au cours de la dernière année fiscale iranienne, le secteur non pétrolier n’a connu qu’une croissance de 0,9% traduisant l’absence de financement de projets. 

 
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Ardavan Amir-Aslani

Ardavan Amir-Aslani est avocat et essayiste, spécialiste du Moyen-Orient. Il tient par ailleurs un blog www.amir-aslani.com, et alimente régulièrement son compte Twitter: @a_amir_aslani.

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