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Risque d’explosion : à quelle réplique des Iraniens s’attendre suite au coup de pression saoudien sur Saad Hariri ?

Depuis la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri et son "exil" dans des conditions qui restent encore peu claires en Arabie Saoudite, on assiste à un retour de tension entre les deux pays.

Poudrière libanaise

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Risque d’explosion : à quelle réplique des Iraniens s’attendre suite au coup de pression saoudien sur Saad Hariri ?

Atlantico : Depuis la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri et son "exil" dans des conditions qui restent encore peu claires en Arabie Saoudite, on assiste à un retour de tension entre les deux pays. Dans une allocution à la télévision, l'ancien Premier ministre chargeait violemment le Hezbollah et l'Iran. Face à cette situation, les déclarations de Saad Hariri et la crainte d'un retour d'instabilité au Liban, comment pourrait réagir l'Iran selon vous ? 

Thierry Coville : Le diagnostic général en Iran est que l'Arabie Saoudite veut faire monter la pression sur l'Iran à travers la question du Liban pour deux raisons. L'Arabie Saoudite, pour les Iraniens, vient d'enregistrer une défaite en Syrie suite aux victoires récentes de l'alliance Syrie-Iran-Russie. Par ailleurs, Mohammed Ben Salman se sert de la menace extérieure, dans ce cas l'Iran, pour unifier le pays et faire passer au deuxième plan sa reprise en main "autoritaire" du pays. Il y a comme on le sait deux camps en Iran.

Les radicaux veulent répondre coup pour coup à l'Arabie Saoudite (le journal radical Keyhan a titré le lendemain de l'attaque sur Ryad par un missile lancé par les Houthis "Aujourd'hui Ryad, demain Dubai !" alors que le gouvernement iranien a nié toute implication dans cette attaque... Keyhan suite à cela a été interdit de publcation 3 jours) et les modérés qui pensent qu'il ne faut pas tomber dans le piège tendue par l'Arabie Saoudite, qui veut pousser l'Iran à la faute. Globalement, on peut penser que l'Iran est sur ses gardes mais se sent également en position de force du fait de sa présence sur le terrain en Irak et en Syrie.

Milad Jokar : La réaction de Téhéran reste modérée sur la rhétorique. Le président Hassan Rouhani a averti Ryadh que son alliance avec Israël et les Etats-Unis contre l'Iran représentait "une erreur stratégique". 

L'Iran comprend que la politique saoudienne se fonde sur la perception que, depuis l'accord sur le nucléaire iranien, l'Iran est de retour sur la scène internationale. Par conséquent, l'Arabie Saoudite mène une politique agressive -- avec l'appui de Washington -- pour contenir l'Iran.

L'Iran rejette les accusations de l'Arabie Saoudite qui l'accuse de tous les maux dans la région et l'ambassadeur iranien aux Nations Unies à écrit une lettre au Secrétaire Général pour l'informer que les accusations sans fondement de Ryadh sont provocatrices, et il rappelle que les menaces de l'usage de la force représentent une violation de l'article 2 (4) de la charte des Nations Unies. 

Ryadh accuse quotidiennement Téhéran de s'immiscer dans les affaires internes des pays de la région et d'avoir un rôle destabilisateur. Cependant, l'Iran observe les développements dans la région avec ironie. En effet, depuis l'arrivée de MBS, l'Arabie Saoudite a envahi le Yémen sans vraiment aucune raison crédible, tuant plus de 8650 Yéménites, 21 millions de personnes manquent d'aide humanitaire, 7 millions sont au bord de la famine et près d'un millions de personnes sont malades du choléra.

 
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  • Par Marie-E - 11/11/2017 - 19:08 - Signaler un abus a Atlantico

    vous n'auriez pas sur le sujet des intervenants comme Alexandre Del Valle, Roland Lombardi, Alain Rodier .... parce que là voyez vous sur ce sujet je vais aller voir d'autres sites où je peux trouver en plus d'informations intéressantes de bonnes analyses.

  • Par Klaus02 - 12/11/2017 - 10:20 - Signaler un abus Superbe coquille....

    "Le cheval de Troyes" fin de page 3. Relisez-vous avant de publier!!!

  • Par tapio - 12/11/2017 - 12:25 - Signaler un abus @Klaus02

    Ben quoi, l'andouillette de Troie est bien faite avec du cheval, non ? En tout cas l'andouillette de Findus ... Par ailleurs, l'alliance Syrie-Iran-Russie est-elle un ménage à Troyes ? Peut-on résoudre tous ces problèmes du Moyen-Orient avec une simple règle de Troie ?

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Thierry Coville

Thierry Coville est chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. Il est professeur à Novancia où il enseigne la macroéconomie, l’économie internationale et le risque-pays.
 
Docteur en sciences économiques, il effectue depuis près de 20 ans des recherches sur l’Iran contemporain et a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur ce sujet.

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Milad Jokar

Milad Jokar, chercheur associé à l'IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe), enseigne la géopolitique moyen-orientale à l'EM Normandie. 

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