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Du rififi au Medef : les patrons cherchent la solution miracle pour installer Jean-Dominique Senard à la place de Pierre Gattaz

Les élections pour désigner le prochain président du Medef devraient permettre au patron de Michelin de remplacer Pierre Gattaz. Sauf que les statuts ne le permettent pas. Ridicule.

Atlantico Business

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Du rififi au Medef : les patrons cherchent la solution miracle pour installer Jean-Dominique Senard à la place de Pierre Gattaz

Les élections à la présidence du Medef ont toujours donné lieu à une campagne électorale disons assez compliquée. On a oublié, mais la précédente élection qui avait obligé Laurence Parisot à quitter ses fonctions, avait été d’une violence inouïe. La bagarre qui démarre aujourd’hui est beaucoup plus polissée. 

La première question est de savoir pourquoi ce type d’élections paraît aussi importantes aux élites parisiennes.  Tout simplement parce que le président occupe un poste de pouvoir avec tous les signes extérieurs du pouvoir et que la lutte pour le pouvoir est dans l’ADN des organisations sociales.

Cette affaire d’ego n’est pas essentielle. 

Le plus important est que dans l’organisation du système socio-économique français, le Medef occupe une place très importante puisqu’il cogère le modèle social avec l’Etat et ses syndicats de salariés. Or, nous entrons dans une phase de réforme et de modernisation du système paritaire dans toutes ses composantes, l’assurance chômage, l’assurance maladie et la retraite. 

Ajoutons à cela que le président du Medef a aussi un rôle de pédagogie sur les grandes mutations qui s’imposent avec l‘obligation d’embarquer le plus grand nombre dans la modernité. C’est donc l’interlocuteur obligé de l‘Etat et des syndicats au niveau national et international. Il doit avoir une vision, et une force de conviction pour la faire accepter. Pas facile tous les jours. D’autant que le Medef est une organisation qui regroupe des entreprises les plus diverses par la taille, le métier ou les perspectives. Des unités de production qui ont parfois des intérêts contradictoires. Difficile de faire cohabiter sur une ligne cohérente, la grande distribution, la banque et les industriels. Difficile pour parler d’une même voix aux entreprises du Cac 40, aux entreprises familiales et aux petites PME. 

Donc, le président du Medef doit faire la synthèse entre toutes ces composantes. Son élection donne lieu à un débat qui est tout à fait normal. 

La situation actuelle est particulièrement cocasse. Il existe au sein du patronat un chef d’entreprise qui paraît réunir à peu près toutes les qualités. C’est Jean-Dominique Senard. Le président de Michelin, l'une des entreprises industrielles françaises parmi les plus connues et les plus présentes dans le monde.  C’est sans doute un des plus performants à un moment où l’industrie française est en pleine transformation, pour assumer et la mondialisation et le digital. Ce candidat est en mesure de gagner contre la plupart des autres possibles qui sont aussi plein de qualités, mais sans doute plus fragiles et n’ayant pas le parcours international de Senard. 

Son problème est qu’il aura 65 ans le 7 mars prochain c’est à dire avant l’élection et que les statuts du Medef stipulent que les présidents du Medef doivent entrer en fonction avant 65 ans. A priori donc, c’est mort. C’est mort mais c’est une situation ridicule. On a un candidat qui est respecté par presque la totalité des composantes du Medef, et on s’aperçoit à la veille de monter l’escalier que juridiquement l’escalier est fermé. C’est ridicule de voir le Medef qui s’est fait le champion de l’allongement de la vie professionnelle, et qui demande à tous de retarder le départ à la retraite, de se retrouver bloqué ainsi par une disposition qu’il combat chez les autres mais qu‘il s’impose à lui même.  C’est ridicule parce que cette disposition est utilisée par beaucoup pour alimenter une campagne de dénigrement des uns et des autres.  C’est ridicule aussi parce que ça ternit l’image d’un Medef qui s’est quand même beaucoup améliorée sous la présidence de Pierre Gattaz. 

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 05/12/2017 - 11:00 - Signaler un abus "Amélioré sous la présidence de Gattaz"?

    Ah bon, désolé mais on n'avait pas remarqué, on croyait seulement qu'il faisai≈t partie de cabinet Hollande. C'est vrai aussi que pour remplacer la Parisot, soutien de campagne pour Hollande, ça convenait très bien. On pourrait peut-être suggérer à mr Gattaz de démissionner, pour raison, que sais-je, de ma

  • Par Atlante13 - 05/12/2017 - 11:05 - Signaler un abus Suite, désolé...

    de maladie, ou d'allergie macronesque, je suis certain qu'ils pourraient trouver une bonne formulation. Ils pourraient même le nommer à l'Observatoire de la langue française, spécialement créé par notre soi-disant républicain Valls pour recaser l'ami cégétiste Le Paon? Les autres iBidules étant déjà occupés pas Cherche et Thibaud.

  • Par ajm - 05/12/2017 - 15:27 - Signaler un abus Présidence du Medef, métier en soi.

    La fonction de président du MEDEF est une fonction à plein temps qui est très différente de celle de chef d'entreprise C'est une fonction très politique qui était assumée autrefois par de très "hauts fonctionnaires" patronaux comme Ceyrac ou Huvelin. On a voulu les remplacer par des chefs d'entreprises ayant plus de légitimité syndicale mais, en réalité, cela ne marche pas, en tout cas dans le contexte français. Il est vrai que Senard semble avoir plus l'envergure et le style de ses très anciens prédécesseurs.

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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