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Régionales : le Front National a réussi à sur-mobiliser son électorat tout en progressant dans les terres de l’ouest qui lui résistaient jusque-là

Le dimanche 6 décembre se tenaient le premier tour des élections régionales. Le FN sort largement en tête des élections, réunissant presque 30% des voix, devant les Républicains et le PS. Retour sur la capacité du parti de Marine Le Pen à avancer dans les terres de ses adversaires.

Conquête

Publié le - Mis à jour le 8 Décembre 2015
Régionales : le Front National a réussi à sur-mobiliser son électorat tout en progressant dans les terres de l’ouest qui lui résistaient jusque-là

Atlantico : Les élections régionales l'ont montré, le FN est en expansion et parvient même à gagner des voix dans certains bastions des partis de gouvernement. Quels sont les régions où il est le plus susceptible de se développer, où il pourrait engranger la plus forte progression ?

François Kraus : Nous n'avons pas encore l'ensemble des résultats à l'échelle d'une commune ou d'un canton précisément.

Nous sommes actuellement dans une approche très large et ce qui est intéressant c'est de constater que le FN arrive en tête dans des régions comme le Centre-Val de Loire, qu'il parvient à faire égalité en Normandie – terre de l'ouest, démocrate chrétienne qui basculait à gauche depuis quelques années.

Toutes les terres urbaines, industrialisées, qui connaissent le chômage et les migrants sont historiquement des zones de force du Front National. Elles courent du Havre à Nîmes, en passant par le Languedoc, et longent la Garonne jusqu'à Bordeaux. Ce qu'on observe depuis 2011, soit depuis l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front National, c'est une homogénéisation du FN. D'une part sur le plan sociologique car il a réussi à dépasser son cœur électoral, concentré sur les catégories populaires. Il s'est étendu aux professions intermédiaires, à un pan de la fonction publique et même dans les catégories supérieures, traditionnellement hostiles à ce genre d'idées. 

D'autre part, sur le plan géographique, on constate qu'il réalise des scores très importants dans les terres du sud de la France. C'est particulièrement vrai dans le Midi-Pyrénées, l'Aquitaine, le Limousin, terres républicaines et de gauche. C'est également vrai pour les terres traditionnellement acquises à la démocratie chrétienne, là aussi de gauche, comme la Bretagne, la Normandie, les Pays-de-la-Loire. Cela reste, bien entendu, des zones de faiblesse par rapport à l'est, mais c'est dans ces terres que le FN obtient ses records de progression : il accapare désormais une part non négligeable d'électeurs de droite, culturellement et générationnellement hostile à ses idées. Il prouve donc qu'une frange de cette population peut passer des Républicains au Front National. Il existe une vraie marge de progression à l'ouest… Quand le FN arrive à 40% en PACA ou dans le Nord-Pas-de-Calais, il lui reste assez peu de catégories dans lesquelles piocher des voix. Ce n'est pas encore le cas en Bretagne, même si les scores finaux seront probablement moins hauts.

Quelles sont aujourd'hui les caractéristiques du vote FN? Peut-on effectivement parler du premier parti de France dans l'électorat ouvrier, par exemple ?

L'avancée du FN ne signifie pas qu'il est la première force politique chez les ouvriers à proprement parler. Dans la mesure où cette population s'abstient très majoritairement (à 60% pour ces élections), c'est l'abstention la première force politique au sein des ouvriers. Chez les ouvriers qui ont voté, en revanche, le Front National caracole. Ils sont 53% à avoir voté pour le FN au premier tour, contre une moyenne d'un peu moins de 30%.

 
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  • Par vangog - 07/12/2015 - 20:03 - Signaler un abus "La victoire du Front national, c'est la faute à qui?"...

    Cette antienne est devenu, en un week-end, la musique favorite de vos médias subventionnés, répétés ad nauseam par ceux qui sont incapables d'y apporter une réponse, quelle que soit la façon dont ils abordent cette question osée...pourquoi? Parce que "la question est mal posée", comme l'écrit parfois la caste mediatico-politique médiocre qui nous impose sa novlangue et ses médiocres stéréotypes terranovistes! si ils n'avaient pas succombé à la maladie d'inversion sémantique propagée par ces idéologues, ils auraient posé la bonne question "la victoire du Front national, c'est grâce à quoi?" Et ils n'auraient pas eu besoin d'écarquiller les yeux sur les dépêches AFP-trotskystes de leur prompteur pour apporter des réponses intelligentes et subtiles à une question bien posée...

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François Kraus

François Kraus est Directeur des études politiques au département Opinion de l'Ifop.

 

 

 

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