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Issue de secours

Publié le 21 février 2012

Refuser le MES revient-il
à "injurier l'avenir de l'Europe " ?

L'Assemblée nationale doit ratifier ce mardi la création du Mécanisme européen de stabilité (MES). Il devrait, à terme, remplacer le Fonds européen de stabilité financière. Vivement critiqué par la gauche, le lancement du fonds européen pourrait toutefois constituer une étape importante vers une sortie de crise.

 
L'Assemblée nationale doit ratifier ce mardi la création du Mécanisme européen de stabilité (MES).

L'Assemblée nationale doit ratifier ce mardi la création du Mécanisme européen de stabilité (MES). Crédit Reuters

Atlantico : Ce mardi 21 février est présenté à l'Assemblée nationale le texte sur le Mécanisme européen de stabilité (MES), supposé remplacer le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF). En quoi ce MES se différencie-t-il des dispositifs de gestion des crises de la zone euro existants ? 

Frédéric Bonnevay : Le 1er juillet prochain, le Mécanisme de stabilité (MES) succédera en le prolongeant au Fonds européen de stabilité financière (FESF), outil créé dans l'urgence pour répondre à de pressants besoins en capital formulés par certains pays européens dits "périphériques". La prise progressive de conscience par les dirigeants européens du fait que la crise de surendettement public, dans l'UE, a toutes les chances de perdurer, du fait que les marchés obligataires risquent d'être pour longtemps soumis à de puissantes tensions et, surtout, du fait que le FESF a besoin d'évoluer pour rendre ses interventions plus efficaces, appelle la mise en place d'un nouveau véhicule de sauvetage.

Celui-ci doit être conçu pour durer -contrairement au FESF, par construction, temporaire -, mieux doté -car disposant d'encours supérieurs à ceux du FESF- et soutenu par un financement plus sûr - car adossé à un capital disponible supérieur-, apporté par les pays membres et le FMI, tandis que le FESF dépendait principalement de simples garanties. Surtout, son fonctionnement devrait être automatisé, car encadré par les Traités, là où celui du FESF était à la fois discrétionnaire et lourd, chaque prêt imposant l'unanimité des participants.
Ses avantages sont certains. Plus volumineux et a priori plus souple, le MES marque une réelle amélioration vis-à-vis du FESF. Des capitaux plus importants appelés immédiatement permettront au MES d'agir en période de tourmente sans nécessaire émission nouvelle d'obligations, tandis que le FESF était contraint de lever les montants à prêter.
Ses deux principaux inconvénients sont sa rigidité et sa relative fragilité. Rigidité liée à des Traités dont on peut légitimement critiquer la logique, plus soucieuse de rigueur individuelle que de coordination budgétaire. Fragilité liée à une architecture dont le principe et le schéma opératoire ne diffèrent pas substantiellement de ceux d'un FESF à l'évidence imparfait.



Daniel Cohn-Bendit déplore "l'hypocrisie de la gauche française, les Verts compris", qui assurent refuser de ratifier le MES ce mardi à l'Assemblée nationale. Refuser le MES revient-il à "injurier l'avenir de l'Europe" ?

Repousser le MES serait irresponsable. Malgré ses inconvénients, le lancement du MES constitue un pas important vers la sortie de crise. Le rejeter retarderait la prise d'initiatives pourtant urgentes, au risque de précipiter l'effondrement financier de certains pays et, à terme, de l'Europe.



En cas de non ratification du MES à l'Assemblée, quelle est la marge de manœuvre des institutions et chefs d'État européens pour gérer les crises à venir ?

La voie serait étroite. Des mois de discussions ont à grand-peine abouti à un dispositif commun modeste et modérément agile. Si le MES n'était pas ratifié, les États auraient le choix entre l'individualisme pur, d'une part, au mépris des principes fondateurs de l'Europe, signe à terme de la disparition de fait de l'Union monétaire, et la renégociation, d'autre part, d'un nouvel accord, mais au prix exorbitant d'une sérieuse perte de temps et de crédibilité.

Propos recueillis par Franck Michel

 
Commentaires

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  • Par gimli19 - 23/02/2012 - 20:48 - Signaler un abus @sheldon, letroll

    C'est en effet un début de fédéralisme au forceps. On pourrait au moins demander l'avis des peuples sur cette question. Car bâtir un état fédéral avec des peuples différents, je ne crois pas 1s à sa viabilité. Par conséquent je suis plutôt contre le fédéralisme (à la limite une confédération et encore).Mélangez de l'huile et du vinaigre, ils finiront tôt ou tard par se séparer...
    Quant à la gauche socialo-trotskyste dont vous parlez, il serait de bon ton qu'elle disparaisse en effet: ce serait un point positif pour la France et l'Europe.

  • Par Château Brillant - 22/02/2012 - 17:38 - Signaler un abus Individualisme

    J'aimerai faire remarquer à l'auteur de l'artichle que l'individualisme est une vision de l'individu et non un type de relation entre états. Je sais bien qu'on peut dire tout et n'importe quoi mais il y a quand même des limites.

  • Par letroll - 22/02/2012 - 11:13 - Signaler un abus le fédéralisme , je suis pour ..

    je suis totalement pour une Europe fédérale, et démocratique ... et le problème du MES c'est qu'il a été monté en dépit du bon sens et est totalement anti-démocratique.
    C'est comme les traités européens, on peut être pour l'Europe et émettre des réserves sur des traités batis contre la démocratie et dans une optique totalement technocratique, avec la catastrophe qui s'en suit ..

  • Par sheldon - 22/02/2012 - 01:38 - Signaler un abus @gimli19, letroll : le MES c'est un début de fédéralisme ...

    ... sans le dire !Et c'est là le problème car on ne veut (ne peut) poser cette question. Le fédéralisme est d'autant plus difficile à aborder lorsqu'un parti est ultra minoritaire en Europe. La gauche est actuellement très très minauritaire, et si elle revient un peu en Europe ce ne sera pas cette vieille gauche socialo-trotkyste-communiste à la Française. Ce sera le Labour, le SPD qui, eux, ne sont pas restés au 20ème siècle.
    Ce que le PS rejette dans le MES ce n'est pas vraiment la perte de souveraineté, mais c'est la crainte de ne pas pouvoir mener une politique ultra-redistributive reposant sur de + en + d'impôts pour ceux qui en payent et une augmentation de la dette pour répondre à leur politique de clientélisme.
    Ils n'ont pas compris que la France de 2012 n'est plus une France de cohésion car beaucoup de Français ne se sentent plus chez eux et commence à en avoir assez de payer pour ceux qui ont choisi l'assistanat. Le travail existe en France, car si l'on a des endroits à plus de 30% de chômeurs on est obligé de faire appelle à une forte MO étrangère. Et quant à ceux qui attendent les aides qu'ils regardent leurs pauvres mères, ou femmes, qui elles se lèvent pour travailler

  • Par gimli19 - 21/02/2012 - 22:31 - Signaler un abus @letroll

    Vous avez entièrement raison sur le MES. C'est une abomination démocratique et nos députés, en votant ce traité, nous ont bien trahi.
    Il faut lire les articles qui portent sur la création de cette institution ( le MES n'est pas qu'un "simple" mécanisme de financement). Surtout à partir de l'article 32. Il s'agit d'une pompe à fric destiné à pomper les Etats sans aucune opposition possible de leur part et sans aucune limite financière.
    En résumé, un Etat se verra exiger par le MES de payer sa cote-part ( 1 semaine de délai max selon le traité). S'il est trop endetté, il demandera une aide...du MES. Et ainsi de suite jusqu'à finir comme la Grèce où des commissaires non élus ( et issus de Goldman sachs par exemple) décideront de la politique budgétaire du pays. C'est à dire que le peuple ne pourra plus gérer ses finances comme bon lui semble. Nous avions déjà abandonné une partie de notre souveraineté en confiant le contrôle de la monnaie à une banque privée centrale (BCE). Désormais, ce sont nos finances tout court que nous abandonnons!

  • Par letroll - 21/02/2012 - 22:21 - Signaler un abus les dettes en héritage ? droite ou gauche ? ( @sheldon)

    et les 600 milliards d'euros de dettes que Sarko nous a remis sur le dos ces 5 dernières années, on va mettre combien de temps à les payer ?
    il faut arrêter de tout mettre sur le dos de la gauche et d'oublier l'incompétence de la droite. ça fait 40 ans que nous sommes gouvernés par des incapables, et on va le payer cher.

  • Par bobocleaner - 21/02/2012 - 22:01 - Signaler un abus de quoi se plaint on ?

    tous les francais qui ont un peu d'épargne réveraient de planquer officiellement de la fraice ua Luxembourg.
    La grace a nos depubanqueroutiers on vient de décider de planquer 140 Mds au Luxembourg et 16 Milliards tout de suite . chouette , non ?
    A vous vous rappellez du plan fillon 2 de rigueur .... 12 Mds .
    qu'est ca bouffe un fraudeur fiscal grec , plus qu'un grand danois !

  • Par sheldon - 21/02/2012 - 21:50 - Signaler un abus @letroll : on en reparlera encore dans 30 ans !

    30 ans après on paie encore les années Miterrand, 15 ans après l'ère Jospin avec ses 35H !
    Alors vu l'augmentation prévisible des taux d'intérets qu'aura à payer la France, on peut s'attendre à tout de la part du PS pieds et poings liés avec les verts, les communistes et Mélanchon !
    (et avec ce qu'il écrit dans son livre sur Bayrou, ce n'est pas lui qui pourra lui servir de couvertures envers les acteurs économiques responsables ! mais avec un peu de chance Dodo la saumure va protéger le gourou de l'économie socialiste)

  • Par letroll - 21/02/2012 - 18:13 - Signaler un abus @sheldon : arrêtez de dire des c....

    le duo Sarko-Merko nous amène dans des impasses délirantes de type FESF-MES, avec encore plus de dettes pour combattre les dettes, c'est du délire, uniquement pour essayer de sauver les banquiers. ça ne peut pas être pire avec Hollande .
    l'avenir de l'Europe passe par un changement de dirigeants et une redéfinition complète de l'avenir de l'UE. Hollande n'est pas ce qui se fait de mieux, mais ça sera toujours "moins pire" que sarko

  • Par sheldon - 21/02/2012 - 17:01 - Signaler un abus La gauche : une honte pour la France et de l'Europe

    Sacrifier l'Europe pour son élection : voilà le mode de fonctionnement de Hollande. Après avoir sacrifié le nucléaire, la saine politique économique, ce Hollande tient à faire des concessions aux marxistes, trotskystes qui empoisonnent encore le PS, car le champion du compromis ne connait que le consensus mou qui permet de ne prendre aucune décision.
    Lamentable, à si par malheur, pour la France et l'Europe, il était élu, ce serait une belle entrée en matière pour se faire remettre derechef à son niveau.
    Français : ouvrez les yeux : on ne peut plus se permettre de perdre encore 5 ans avec la gauche française.

  • Par Equilibre - 21/02/2012 - 16:47 - Signaler un abus Non

    puisque l'avenir de l'europe passe par la destruction de l'UE et du neuro, vu que les deux sont liés.
    Je ne vois pas, que se soit de près ou de loin, un avenir avec cette europe là, et surtout avec ce "machin" là. Il me donnerait plus envie de me révéler révolutionnaire. Révolutionnaire, de droite sans être totalitaire, un bien curieux mélange. Bah, il faut un début à tout.

  • Par cqoiqéqon - 21/02/2012 - 16:18 - Signaler un abus @zoedubato

    oui d'accord mais en Démocratie: Qui ne dit non consent.
    le résumé de @ Mandos est sans faute.
    Une fois de plus, même si il n'y a pas de bonne guerre, quand elle est là, il faut bien choisir un camp.
    A moins d'être un anarchiste convaincu. ce qui ne semble pas être le cas des lecteur de ce journal.

  • Par letroll - 21/02/2012 - 16:18 - Signaler un abus il faut refuser le MES tel qu'il a été conçu

    ce "machin" est une horreur totale qui tourne complétement le dos au concept même de démocratie et qui ne peut que nous emmener vers plus de dettes .. dans les statuts de ce machin il est quand même prévu que les états ne peuvent refuser de donner l'argent qu'on leur demande ( quitte à s'endetter encore plus ) mais que le MES et ceux qui y siègeront sont hors d'atteinte de toute plainte d'où qu'elle vienne.. en gros , un truc sans nom signé Merkozy ...

  • Par ZOEDUBATO - 21/02/2012 - 15:36 - Signaler un abus La gauche ou le courage de s'abstenir

    Faute d'un projet d'avenir et d'idées innovantes la gauche s'abstient ou médiatise des procès d'intention et mène une campagne qui depuis le début est uniquement axée sur l'antisarkozisme primaire avec insultes , violences et attaques sous la ceinture comme seuls arguments.
    Quand est-ce que la gauche réfléchira et formera des gens compétents et aptes à mener un débat projet contre projet avec des vrais idées
    NB / Le peuple attends toujours les excuses de la gauche pour avoir inscrit le parti Nazie à l'Internationale Socialiste et déclenché les guerres coloniales d'Indochine et d'Algérie

  • Par Mandos - 21/02/2012 - 15:02 - Signaler un abus Tentation terrible

    Il y a des jours où on se sentirait de furieuses envies d'injurier copieusement l'avenir de l'Europe, tiens. Résumons brièvement le MES pour les non-initiés :
    - institutionnalisation de la planification économique centralisée en Europe
    - absence totale de compte à rendre à qui que ce soit ni même possibilité de recours juridique
    - dernier chaînon manquant à la technocratie européenne pour imprimer de l'argent à fonds perdus en quantité illimitée
    - mise au pas hiérarchique des investisseurs privés sur les obligations souveraines de façon à garantir le remboursement des prêteurs publics en priorité, ou dit autrement, création de bons d'Etat à deux niveaux de risque, public et privé, ce qui aura pour résultat inévitable d'augmenter les taux d'intérêt exigés par le marché pour financer les dettes souveraines des pays concernés par l'utilisation du MES, créé précisément pour faire l'inverse. Allez comprendre
    - criminalisation à venir de l'énoncé des constats qui précèdent, requalifiés en propos extrémistes et outranciers.
    "Il est notamment l'auteur de l'étude 'Pour un Eurobond'" nous dit-on de l'auteur. Oh, il fallait le dire tout de suite...

  • Par flogo - 21/02/2012 - 11:36 - Signaler un abus Nous savons tous

    de quoi l'idéologie de gauche est capable ...lorsqu'elle est doublée de l'immobilisme d'un candidat à la présidentielle .

  • Par cqoiqéqon - 21/02/2012 - 11:34 - Signaler un abus A mon sens, vous confondez

    A mon sens, vous confondez posture politique et réalité.
    Les Européens sont majoritairement sociaux démocrates.
    Que les pays dont le poids est le plus important aujourd'hui soient libéraux et conservateurs ne changent rien au fait que le citoyen Lambda préfère un système démocratique plutôt qu'un exécutif soumis à la loi du plus fort.
    Et de grâce arrêter de nous faire croire que tout le monde va sauter dans le vide et les marchés de nous faire exploser si les socialistes passent au pouvoir.
    La cohésion (et donc la cohérence) politique Européenne est la seule issue nous sommes tous d'accord (et, par nature, les libéraux conservateurs ont du mal à faire de la cohérence puisque leur crédo est le chacun pour soi).
    En bref, un MES démocratique et transparent Oui. une confiscation de la liberté des peuples Européens à la gestion de leur avenir : Non.
    Enfin, il serait bon de rappeler plus souvent que l'évolution n'est pas quelque chose qui se décrète mais qui se mérite. De fait, elle nécessite, des efforts surtout du temps.

Frédéric Bonnevay

Frédéric Bonnevay est Associé d’Anthera Partners. Il conseille des institutions financières en Europe et au Moyen-Orient.

Il est notamment l'auteur de l'étude Pour un Eurobond - Une stratégie coordonnée pour sortir de la crise (Février 2010, Institut Montaigne).

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