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Réforme du collège : pourquoi le gouvernement ne cède rien

Après le passage en force des décrets de la réforme du collège, plusieurs syndicats d'enseignants ont appelé à une nouvelle mobilisation ce jeudi 11 juin. Une grève qui devrait être moins suivie que la précédente du 19 mai, qui comptait 27% d'enseignants grévistes selon le ministère. Le gouvernement, lui, ne lâche toujours rien, signe d'un entêtement idéologique.

Terminator socialistus

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Réforme du collège : pourquoi le gouvernement ne cède rien

Plusieurs syndicats d'enseignants ont appelé à une nouvelle mobilisation ce jeudi 11 juin. Crédit Reuters

Le passage en force des décrets portant la réforme du collège par Najat Vallaud -Belkacem, avec l'accord de François Hollande et de Manuel Valls qui pensaient ainsi se débarrasser d'un problème, n'a pas désarmé l'opposition des enseignants. Pour preuve, les manifestations organisées ce jeudi dans plusieurs villes de France. 

Un récent sondage d l'IFOP indique que 74 % d'ente eux sont opposés  à la réforme.

Rappelons que les décrets ont été signés le soir de la journée de protestation du 19 mai, signe d'une particulière  désinvolture  et d'un refus de tout compromis, caractéristique  de  l'actuel gouvernement socialiste.

Cette intransigeance contredit la manière dont la gauche d'autrefois, celle de Blum, de Mollet, de Mitterrand, faisait de la politique, acceptant presque toujours après une concertation avec d'autres forces politiques ou sociales, des aménagement à ses projets.

La  gauche à laquelle nous avons affaire,  que l'on croit à tort  modérée en raison  de ses  positions politiques et sociales,  est en  réalité la  plus fanatique  que nous ayons jamais eue.  

Les idéologues ne transigent pas

C'est le propre de  l'idéologue de ne jamais transiger  dès lors que rien ne l'y contraint . Avant la réforme du collège, on avait eu l'exemple de la loi Taubira instituant le mariage entre personnes du même sexe, que Frigide Barjot s'était imaginé en vain faire amender  par la pression de la rue. Mitterrand disait : "au-dessus d'un million de manifestants, il faut  arrêter " - comme il l'avait fait avec l'école libre - . Hollande, lui ne s'est pas arrêté. Pas davantage Marisol Touraine ne renonce à son projet  de généraliser le tiers payant , prélude à la fonctionnarisation de tout le  système de santé.

S'il arrive que les idéologues  fassent des compromis, leur but final  n'est pour eux que partie remise. Lénine disait "deux pas en avant, un pas en arrière". C'est ainsi que le gouvernement a accepté certains amendements à  la loi Macron, même si l'objectif ultime demeure de briser les professions réglementées, symbole des classes moyennes françaises. Voulant réduire de moitié le nombre de régions , il s'est contenté d'un tiers, déjà satisfait  que l'opposition accepte le principe de ce projet parfaitement inutile. Le but demeure de faire éclater  la France en cinq ou  six grandes  régions qui traiteraient directement avec Bruxelles : dès lors que la brèche est ouverte, il sera toujours temps de l'agrandir.

Il n'y a pas de compromis possible sur les réformes idéologiques parce que leur but n'est nullement, comme on se l'imagine, de résoudre  un problème ; il est d'appliquer un principe abstrait, généralement  simplificateur, à la réalité.  

Nous n'avons pas affaire en l'espèce à de grandes idéologies systémiques. Seulement des idées fixes propres à chaque ministère et qui les font aller toujours dans le même sens. Là où Bercy veut à tout prix, comme Bruxelles,  libéraliser, le ministère de la Santé veut fonctionnariser,  l'Intérieur veut fusionner (les régions, les intercommunalités, les communes, la police et la gendarmerie etc.) et l'Education nationale égaliser.

La méthode réformatrice est simple  et à la portée d'un esprit aussi limité que celui de Najat Vallaud-Belkacem. Ceux qui sont en charge de  proposer des réformes partent des principaux changements qui ont été opérés au cours des dernières décennies  ; ils constatent que ces changements, réforme après réforme, vont  dans le même sens et , comme un élève de cinquième qui apprend la géométrie,  ils  prolongent la courbe pour aller un peu plus loin  sur la même trajectoire.

Le latin et le grec sont en déclin ; on décrète leur suppression. L'allemand est en recul au bénéfice du tout anglais : on l'affaiblit encore (au mépris de nos engagements vis-à-vis de l'Allemagne ). L'enseignement de l'histoire,  de moins en moins chronologique  et de plus en plus culpabilisant,  continuera sur cette pente fatale. De même, après le Pacs, le mariage homosexuel, puis la PMA, puis la  GPA. A  ces  hégéliens au petit pied, il suffit de  pousser un peu plus loin le pion sur le grand jeu de  l'oie de la destruction.

Car ces  réformes,  toutes idéologiques,  ont en  commun de détruire  presque tous les repères qui restent encore à la société française. Le médecin de famille et le notaire étaient des repères, le département et  la commune étaient des repères, venues pour celles-ci  du  fond des âges, les disciplines scolaires, fondées sur des savoirs,  étaient des repères, de même que la mémoire  nationale transmise en cours d' histoire. Tous ces repères sont arasés, de même que  le sont  le dimanche, la distinction de sexes ou même celle du bien et du mal dans les salles d'audience. A l'heure de la mondialisation  - qui a bon dos -  poser des points fixes  est tenu pour obsolète.

L'idéologie est une forme de folie, mais une folie au pouvoir, dit Hannah Arendt. Les idéologues ne sont pas dangereux seulement parce qu'ils ne transigent pas mais aussi parce qu'ils se sentent investis  d'une mission historique. Ils ont le sentiment que tout ce qui leur résiste, à commencer par le  bon sens  populaire,  est réactionnaire.  La rage dans laquelle la Manif pour tous avait plongé le gouvernement n'a d'égal que le  mépris que lui inspirent à présent  les prétendus "demi-intellectuels" qui condamnent  la  réforme du collège.

 
Commentaires

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  • Par cloette - 11/06/2015 - 10:08 - Signaler un abus lecture

    C'est le moment de lire ou de relire Hannah Arendt

  • Par Mario - 11/06/2015 - 16:50 - Signaler un abus protégés

    Ideologues oui et surtout protégés par tous ces professionnels de la grève, fonctionnaires ,profs, syndicats, médias, justice et j' en oublie. L'exemple le plus criant est celui des profs qui n'ont jamais aussi peu manifesté alors qu"ils sont contre les nouveaux rythmes scolaires et les réformes de Vallaud Belkacem. J'ai honte pour eux, qu'ils ne viennent plus dire qu'ils se battent pour nos enfants. Ce pays et l'Europe sont foutus. Ils déconstruisent toute une civilisation par idéologie qui va à contre courant du reste du monde ou chacun vit sur ses particularités revendiquées. NOus cherchons à nous mélanger à un monde qui ne veut pas de nous. ET de fait on oublie de construire la puissance de l'Europe dans un monde ou tout ce qui n'est pas nous cherche à nous tailler des croupières et à construire leur propre puissance garante de leur indépendance et de leur richesse. Nous sommes Byzance assiégée et l'ideologie de nos gouvernants sera notre questionnement sur le sexe des anges.

  • Par Alain Proviste - 11/06/2015 - 17:20 - Signaler un abus Dans le genre...

    fanatique, il y avait aussi Peillon, assez gratiné dans le genre. Mais il a trouvé une sinécure, pas fou.

  • Par lexxis - 11/06/2015 - 17:32 - Signaler un abus LA DROITE MOLLE

    Le commun dénominateur du politique de gauche comme de droite? Des gens sans colonne vertébrale ou presque, prêts à toutes les contorsions pour essayer de grappiller une ou deux voix en dehors de leurs camps, quitte à perdre ou à désespérer celles qui leur ont fait confiance. La trahison n'est jamais écartée lorsqu'elle ouvre une perspective de promotion. Et ces gens qui prônent partout l'égalité pour les autres, conservent pour eux force privilèges avec un Parlement qui n'a même pas voté l'obligation pour ses membres de justifier précisément leurs notes de frais. Des gens pour qui les électeurs ne comptent que par la voix qu'ils portent. Alors, pendant que la gauche détruit pierre par pierre toutes les fondations de l'édifice et de la mémoire nationale, la droite en face de l'idéologie, elle se tâte, elle se regarde, elle se compte, elle hésite, en un mot comme en cent, elle est nulle et n'a visiblement rien compris à la chose en exposant des états d'âme de midinette inconsciente du combat qui s'engage. On a besoin de gens qui savent et qui disent parfaitement ce qu'ils veulent et qui sont prêts à le défendre bec et ongles contre n'importe qui. Or ces gens-là, on ne les a pas

  • Par gwirioné - 12/06/2015 - 01:51 - Signaler un abus Quelle idéologie?

    Dénoncer, c'est bien ,nommer, ce serait mieux. Qui sont ces idéologues (des noms; leurs formations politiques, leurs clubs de pensée...) quelles sont leur théories, (marxisme?)?

  • Par Mario - 12/06/2015 - 16:31 - Signaler un abus quelle idéologie

    cette idéologie de gauche , soixante huitarde qui veut déconstruire pour reconstruire un monde ou l'état s'occupe de tout. Une idéologie ou on veut faire table rase du passé . Des noms: Judith butler, bourdieu, Marx,sartre, cohn bendit et tous leurs sous fiffres, Hollande , Peillon, taubira, belkacem, plenel, terra nova Tous ces gens qui veulent notre bonheur sans nous demander notre avis et souvent contre nous. Tous des enfants d'un messianisme Séculaire dont le marxisme est le rejeton . ps: liste non exhaustive

  • Par winnie - 13/06/2015 - 08:00 - Signaler un abus une reforme ...

    Portée par un ministre issue de la sacrosainte diversitee et de surcroît une femme ! La on touche pas ! Si non on est raciste, ou non plutôt islamophobe ( nouveau verbiage, avec les social les aveugles ne sont plus aveugles mais non voyants mais ils n'y voient toujours pas ! )et sexciste et puis rétrograde voir conservateur ! Vivement que ça se termine , il y a trop longtemps que l'a on souffrent !

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