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Recette miracle ? Comment la Banque postale s’est (ré)inventée en seulement 7 ans

La Poste prévoit une nouvelle injection de capital pour sa filiale bancaire, la Banque postale. Sept ans après son lancement, la Banque postale compterait près de 10,6 millions de clients actifs. Analyse d'un succès.

Comme une lettre à la poste

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Recette miracle ? Comment la Banque postale s’est (ré)inventée en seulement 7 ans

Quelques années après son lancement, la Banque postale compterait selon Capital.fr presque autant de clients que la Société générale, le Crédit du Nord et Boursorama. Crédit Reuters

Atlantico : Quelques années après son lancement, la Banque postale compterait selon Capital.fr presque autant de clients que la Société générale, le Crédit du Nord et Boursorama. Comment expliquer un succès si manifeste et si rapide de la Banque postale ?Quelle a été sa stratégie en ce sens ?   

Laurence Scialom: Je pense qu’il y a plusieurs raisons à cela. Il y a déjà un réseau très bien distribué sur le territoire et associé comme son nom l’indique au réseau des postes. Cette situation crée une proximité évidente avec le client.

C’est d’autant plus important que le centrage sur l’activité banque de détail répond à une attente des clients citoyens. C’est typiquement ce type de banques qui est en mesure de faire le contrepoids de la relative défiance qu’il peut y avoir vis-à-vis du monde bancaire. On reste là en effet dans des activités de banque traditionnelles avec en plus de cela la prise en charge de manière assez proactive des populations fragiles et des initiatives intéressantes dans ce domaine.

Je pense que cela correspond à des besoins en termes d’épargne et de financement. Ce sont les besoins du moment, loin de l’image qu’a renvoyée la finance au moment de la crise financière. Il n’y a donc pas lieu de s’en étonner : la Banque postale est née en 2006, la crise éclate en 2007 et devient très forte en 2008. Face à ces évènements, elle apparaît comme une banque sûre, proche de ses clients, avec un réseau important.

Justement, quelle est la différence principale entre la Banque postale et ses concurrents ?

La première différence se fait en termes d’image. C’est l’idée d’une banque adossée à un service public. Le cœur de ses activités est d’ailleurs un service bancaire du public comme la gestion des moyens de paiement ou l’épargne avec des comptes sur livret –donc une épargne très sécurisée. La Banque postale s’implique de plus en plus dans le financement des ménages et le financement immobilier. Elle apparaît comme une banque qui accompagne véritablement les clients de détail. Je pense que c’est pour beaucoup une histoire de réseau, d’image et de défiance relative vis-à-vis des autres types de banques. Ce qui joue en effet beaucoup dans le succès de la Banque postale c’est d’ailleurs le moment de sa fondation – juste un an avant le début de la crise - qui n’est pas neutre dans son succès.

Je pense que la stratégie s’est fondée là-dessus. Ils se substituent d’ailleurs d’une certaine manière à la place laissée par Dexia avec la Caisse des dépôts pour financer les collectivités locales. Ce financement des collectivités locales est un vrai soutien à l’économie, enraciné localement. À la fois en termes d’image et en termes d’enracinement dans les territoires, c’est donc une banque qui comble une véritable attente et n’est pas victime de la défiance assez forte du public vis-à-vis du système bancaire.

 
Commentaires

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  • Par Gégé Foufou - 13/06/2013 - 08:59 - Signaler un abus Garantie par l'Etat ??

    Et si l’État fait faillite il rafle vos 4 sous d'économies .....

  • Par Guff - 13/06/2013 - 09:10 - Signaler un abus Vive la privatisation partielle.

    C'est grâce au fait que l'usager, devenu client, paie beaucoup plus cher (il est d'ailleurs les deux en tant que contribuab' et client).

  • Par Contemptor - 13/06/2013 - 09:47 - Signaler un abus Plus de raison de se barrer de chez eux

    @Gégé Foufou Les Etats sont réputés perpétuels, pas les sociétés privées. La probabilité que la BNP ou la Société Générale soient torpillées après avoir joué au casino dans leurs activités de banque de financement et d'investissement est infiniment plus élevée. Pour la Banque Postale, le gros du succès est aussi venu de la séparation nette des activités postales et bancaires, et du traitement beaucoup plus efficace du client qui a été mis en place. Pas de guichet unique que l'on veuille faire un recommandé ou un virement. Informatisation là où une présence humaine peut se réduire à un simple conseil (virement, dépôt de chèques). Plateforme Internet à peu près au niveau de la concurrence. Bref une banque au niveau de la concurrence... mais publique, et sans activité de marché. Ca m'a suffit pour rester chez eux.

  • Par myc11 - 13/06/2013 - 12:36 - Signaler un abus @Contemptor, la réorganisation du fonctionnement de la poste,

    d'accord avec vous, a rendu fluide le service. Dans mon quartier ils ont carrément réaménagé l'espace, contribuant à une circulation fluide entre les guichets, et puis la multiplication des machines, bref une modernisation qui rend plus attractif. On peut faire des opérations assez rapidement et puis il n'y a pas une queue effrayante comme avant. Comme quoi d'avoir dépoussiéré pour des raisons de rentabilité pour une plus grande fonctionnalité ça paie.

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Laurence Scialom

Laurence Scialom est Professeure à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense, Membre du laboratoire EconomiX, auteur de l'ouvrage Economie bancaire, Repères, la Découverte, 2013

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