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Rapport de la cour des comptes : peut-on encore soutenir le coût de la solidarité ?

Il va falloir limiter le coût de la solidarité. En annonçant des coupes budgétaires dans les aides sociales pour répondre à la probable injonction de la Cour des Comptes, qui doit paraître ce mardi 22 mai, de diminuer les dépenses publiques, le gouvernement ne dit pas autre chose.

Poches vides

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Rapport de la cour des comptes : peut-on encore soutenir le coût de la solidarité ?

La solidarité ressemble de plus en plus à la liberté: elle n’a pas de prix, mais elle a un coût. Et celui-ci paraît de moins en moins soutenable à la majorité silencieuse. En annonçant des coupes budgétaires dans les aides sociales pour répondre à la probable injonction de la Cour des Comptes de diminuer les dépenses publiques, le gouvernement ne dit pas autre chose. Reste à savoir quel sera le degré de compréhension de la société française face à ces enjeux mal expliqués par le gouvernement.

Le coût de la solidarité devrait s’imposer comme l’un des principaux sujets politiques en 2018. Jamais en effet la tension n’a été aussi forte entre les injonctions morales de la société française (il faut être toujours plus solidaire), et les injonctions financières de l’Union Européenne  (il faut faire des économies!). La publication du rapport de la Cour des Comptes sur les dépenses publiques (excessives, par principe) devrait le confirmer. L’annonce par le gouvernement sur ses intentions de diminuer les dépenses d’intervention sociale devrait donner corps à cette polémique très prévisible.

Quel est le coût exact de la solidarité?

Le premier débat qui devrait intervenir portera sans doute sur le coût exact de la solidarité dans la dépense publique. Faute d’une définition précise du terme, on devrait entendre à peu près tout et son contraire sur ce sujet.

Ainsi, Bruno Le Maire s’est fendu d’une sortie dans la presse pour expliquer qu’on ne peut baisser la dépense publique sans baisser les aides sociales, qui représenteraient désormais 26% de l’ensemble. Fidèle à une technique qui sème le trouble dans l’opinion et lui aliène une part importante de la loyauté de ses électeurs, le gouvernement devrait continuer une communication approximative sur le sujet. Personne ne sait comment on arrive à cette somme globale, et le gouvernement oublie de dire que les dépenses de personnels (c’est-à-dire la masse salariale des fonctionnaires) représentent grosso modo autant que cette somme.

Il n’en demeure pas moins que, symboliquement, aucune coupe sombre ne devrait toucher les fonctionnaires. En revanche, les aides sociales seront probablement réduites sensiblement.

La solidarité est-elle une trappe à pauvreté?

Assez rapidement, le débat devrait s’orienter sur une question récurrente: la dépense de solidarité encourage-t-elle la précarité? Autrement dit, plus on couvre le risque et plus on le répare, plus facilement il survient et se réalise.

On connaît ici les théories sur  les trappes à pauvreté: aider les ménages en difficulté désincite au travail peu qualifié et crée des bulles de pauvreté et de chômage. Un débat assez proche devrait revenir sur la question de la solidarité: assurer des minima sociaux décourage les plus pauvres de travailler.

Le débat est éculé, et à peu près sans issue. Les partisans de l’État-Providence ne manquent en effet pas une occasion de répéter que des salaires plus élevés inciteraient plus au travail. Et qu’au fond les trappes à pauvreté sont liées à la faiblesse des salaires.

 
Commentaires

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  • Par guy bernard - 22/05/2018 - 11:17 - Signaler un abus est-ce la vraie problématique ?

    le probleme me semble mal posé parce que d'un coté nous avons un coût connu, mais on ne sait pas ce qui tombe réellement dans la poche des bénéficiaires. je comprends que Condorcet ait été subversif et qu'il ait été victime de la Terreur à son époque, mais il faudrait peut-etre évoluer pour faire une analyse économique. avec un simple scoring je maintiens les prestations actuelle, mais provoque des excédents de mo chez les gestionnaires, généralement publics et para-publics, par dizaines, voire centaines de milliers.

  • Par Carl Van Eduine - 22/05/2018 - 12:02 - Signaler un abus Diminuer la solidarité ou optimiser les dépenses ?

    Quelles sont les dépenses créatrices d'un meilleur bien-être social ? Les populations visées sont-elles les bonnes ? Quel est le montant des fraudes ? Quel est le montant des aides généralisées à des populations qui ne sont soutenues que par démagogie, qu'elles soient françaises ou pas. Sans oublier la confusion entre l'aide sociale et l'aide trans-nationale, qui est respectable, mais qui relève d'un autre budget. Diminuer un budget, ce n'est pas forcément recourir à l'austérité. Je le sais, quand je suis devenu retraité, j'ai dû optimiser mes dépenses, et franchement, j'ai surtout perdu en dépenses superflues, sans austérité réelle. Heureusement, car mon austérité, l'Etat s'en charge par ailleurs (CSG, taxe sur la maison de mes parents dont je n'ai pas voulu qu'elle tombe en ruine, je suis un privilégié pour Le Maire car je ne suis pas encore pauvre et ne serai jamais riche). Mais peut-être un jour l'Etat saura devenir performant sans être ni stupidement comptable, ni stupidement prodigue, qui sait. Mais pour cela, il faut respecter les règles de la bonne gestion de ses dépenses, et le respect du vrai propriétaire du budget de l'Etat, qui est le citoyen. Pas gagné !

  • Par gerint - 22/05/2018 - 15:59 - Signaler un abus Carl Van Eduine

    Je vous rejoins. Je pense que la solidarité est le fondement d'une société humaine mais il ne faut pas la dévoyer pour des raisons électoralistes ni idéologiques. Il faut vraiment mettre le pied à l'étrier de ceux qui sont tombés et peuvent remonter à cheval et ne prendre en charge complètement et définitivement que les invalides totaux et au handicap irréversible. La solidarité n'est pas un anesthésique pour empêcher le peuple de se rebeller le cas échéant en supprimant sa capacité de réflexion et le courage personnel.

  • Par edac44 - 22/05/2018 - 17:06 - Signaler un abus La solidarité : est-ce vraiment rentable et pour qui ???

    Définition : La solidarité est le lien social d'engagement et de dépendance réciproques entre des personnes ainsi tenues au bien-être des autres, généralement des membres d’un même groupe liés par une communauté de destin. Dixit Wikipédia !... Et donc, qui paie et qui en profite, car ce ne sont r les mêmes. Se souvenir qu'en France, moins d'un français sur deux paie l'impôt et que moins de 10% des contribuables plus de 70% de ce dernier

  • Par edac44 - 22/05/2018 - 17:17 - Signaler un abus La solidarité suite ... (putain de clavier !...)

    Et donc, qui paie et qui en profite, car ce ne sont rarement les mêmes. Se souvenir qu'en France, moins d'un français sur deux paie l'impôt et que moins de 10% des contribuables paient plus de 70% de ce dernier. La France étant devenue championne du monde toutes catégories en matière de taxes et impôts divers, on comprend que ceux qui contribuent par obligation fiscale à cette gabegie financière permanente commencent à en avoir plein le cul d'attendre le mois d'Août pour travailler pour leur pomme !... A force de tirer sur la corde, la solidarité nationale va finir par se retrouver solitaire de contributeurs et ce sera alors à chacun de se démerder. Politiquement, est-ce jouable sachant que notre Macron Bonaparte national a encore quatre ans devant lui pour finir de se faire détester !...

  • Par vangog - 23/05/2018 - 01:24 - Signaler un abus La devise de la République, c’est la Fraternité!

    et c’est beaucoup plus fort et moins idéologique que la solidarité, qui est une devise plutôt gauchiste de nivellement par le bas...préférons la République aux vieilles recettes gauchistes qui ont toujours créé des nomenklatura privilégiées, par souci de « solidarité »...

  • Par essentimo - 25/05/2018 - 06:51 - Signaler un abus baisser les charges

    des entreprises en augmentant les salaires et, par là, supprimer les aides, réduire les allocations chômage et autres afin que le travail devienne plus rentable. Il y a assez de postes non pourvus. Et n'avoir qu'un système de retraite.

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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