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Hommes, femmes, mode d'emploi

Publié le 11 février 2012

Quotas de femmes dans la haute fonction publique : "il ne faut pas que cela soit une fin en soi"

La haute fonction publique s'attaque à l'égalité homme-femme. L'Assemblée nationale a voté ce jeudi l'instauration progressive d'ici 2018 d'un quota de 40% de femmes parmi les hauts fonctionnaires nommés chaque année. L'avis de deux femmes qui n'ont pas eu besoin de quota pour en arriver là où elles en sont.

 
 L'Assemblée nationale a voté ce jeudi l'instauration progressive d'ici 2018 d'un quota de 40% de femmes parmi les hauts fonctionnaires nommés chaque année.

L'Assemblée nationale a voté ce jeudi l'instauration progressive d'ici 2018 d'un quota de 40% de femmes parmi les hauts fonctionnaires nommés chaque année. Crédit Reuters

Atlantico : L'Assemblée nationale a voté l'instauration progressive d'ici 2018 d'un quota de 40% de femmes parmi les hauts fonctionnaires nommés chaque année. Quel regard portez-vous sur cette loi ?

Pascale Weil : La mesure qui vient d’être prise répond à un problème réel : les femmes n’ont pas encore la place qu’elles méritent, alors qu’elles ont souvent un niveau d’instruction égal ou supérieur aux hommes, notamment dans les nouvelles générations. Leurs compétences ne se traduisent pas assez  en responsabilités équivalentes à celles des hommes.

Les raisons en sont multiples : absence de networking du soir, cooptation souvent consanguine, manque de confiance en elles, double charge de travail etc …

Mais si les quotas sont une mesure destinée à servir de « déclic », et à prendre le sujet à bras le corps, je m’interroge sur deux aspects :

  • Un premier aspect est théorique : l’idée qu’avec les quotas, certains pensent que l’on renonce au principe de la méritocratie. Cela risquerait de se retourner contre les femmes et de donner l’impression qu’elles seraient promues parce qu’elles sont des femmes, et non pas parce qu’elles en ont leurs compétences. Il faut, au contraire, redonner à la méritocratie toute sa valeur et reconnaitre les compétences, c’est à dire apprécier chacun pour ce « qu’il fait, ou sait » et non pour ce « qu’il est », par le hasard de sa naissance.
  • Un second aspect est pratique, un enjeu d’efficacité : si les causes sont multiples,  les efforts doivent porter sur de multiples fronts, et ce, dès la base de la pyramide : cela commence par l’éducation familiale, l’instruction à l’école, puis dans les filières de formation ; cela se poursuit dans le recrutement, avec une véritable égalité salariale, par un soutien au moment clé de la maternité, par la reconnaissance dans les promotions, à tous les niveaux, en prêtant attention au fait que les femmes les demandent moins souvent que les hommes, tout en les méritant. Cela passe aussi par un combat dans les mentalités, celles des femmes comme celles des hommes.

Le combat est aussi à mener à la maison, car les femmes ne pourront progresser sereinement que si elles trouvent aussi un partage équitable des charges dans leurs foyers. Dans le cas contraire, elles ne feront qu’accumuler le travail sur tous les plans. (On peut aussi penser à recruter plus d’hommes dans les métiers fortement féminisés. Ces professions, sous prétexte de forte féminisation, sont parfois paupérisées).

Si les quotas évaluent le point d’arrivée, il faut surtout penser aux solutions qui permettent de surmonter les obstacles du chemin.

 

Viviane de Beaufort : Le débat pour ou contre les quotas n'en est pas un. Personne n'est pour instituer un quota : on peut craindre d'être la presence du fait non de ses compétences mais du quota requis. C'est une question déjà debattue dans des pays qui font de l'affirmative action envers les diversites par exemple les USA et les minorités ethniques mais il faut sortir de ce piège théorique.

La réalité c'est que le « plafond de verre » demeure. La présence de femmes à de hauts postes de direction reste marginale dans les principales entreprises françaises et européennes : en 2010, la proportion de femmes dans les conseils d’administration a atteint 12% (Sur 4875 sièges d’administrateurs, 571 sont occupés par des femmes) contre 8% en 2004. Les données de la Commission européenne pour les 588 plus importantes entreprises européennes cotées sont similaires : 3% des postes de président, 12% des mandats occupés par des femmes (Données 2010 de la DG Emploi)! Ces chiffres ont peu évolué depuis 2003. L’amélioration assez spectaculaire constatée en France est clairement due à l'anticipation de la loi : c'est l'effet d'entrainement légal.

 
Commentaires

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  • Par Théodora - 12/02/2012 - 15:55 - Signaler un abus Passe-droits sexuels, ethniques etc...

    Bien sûr qu'il s'agit d'un quota de 40%, bien sûr que c'est une discrimination fût-elle qualifiée de "positive", bien sûr que c'est une atteinte à la méritocratie et le retour à la féodalité où l'on se partage le "gâteau" entre les catégories sur de purs critères communautaires. Mais bien sûr que l'on va devoir fliquer les couples pour vérifier comment on y prend ses congés et se répartit les tâches ... un bon système totalitaire où la loi vient s'immiscer dans la vie privée ....comme chez Eva Joly, génial ! Relire Muray et Orwell d'urgence !

  • Par New - 12/02/2012 - 08:07 - Signaler un abus A contrario la présence de femmes dirigeantes

    est un plus pour les entreprises. La vérité est complexe.

  • Par New - 12/02/2012 - 08:04 - Signaler un abus Pourquoi ne pas admettre que dans certains

    postes un homme est meilleur qu'une femme ?

  • Par protagoras - 12/02/2012 - 02:16 - Signaler un abus Le crétinisme dans ses oeuvres

    Suite à un saut de page intempestif
    Donc je ne vois pas en quoi un quota de femmes à hauteur de x % devrait améliorer le fonctionnement de la haute fonction publique.
    On nage en pleine démagogie.
    La plupart des femmes refusent d'ailleurs de faire l'objet de quotas. C'est humiliant pour elles. Elles préfèrent y parvenir grâce à leur mérites et non grâce à un système idiot de quotas. Tout cela comme beaucoup d'autres choses, découle d'une conception imbécile de la démocratie qui en mourra.
    Il faudra bientôt (suivez mon regard) instaurer des quotas de ceci ou de cela pour satisfaire à une arithmétique qui tiendra de la quadrature du cercle. Et, in fine, on aura une république des quotas. C'est d'un grotesque achevé.

  • Par protagoras - 12/02/2012 - 02:06 - Signaler un abus Le crétinisme dans ses oeuvres

    Je ne vois pas en quoi une présence de femmes à ha

  • Par Rosine - 12/02/2012 - 00:22 - Signaler un abus et j'ajoure en direction de Redmonde

    nommez moi donc une seule femme qui, à la tête d'un grand ministère ou d'une grande entreprise ait vraiment réussi (ah..Lauvergeon banqueroute;;;)? une seule? ah oui, hélas, Margarette Thatcher; Zut, elle est pas française. La seule solution est plutôt de relever l'âge du vote à 25 ans, afin que ce ne soit plus des gamins qui fassent la loi.

  • Par Rosine - 12/02/2012 - 00:19 - Signaler un abus j'apprécie

    oui, comme ça nous aussi on pourra faire du pince-fesses, des petits messieurs...pauvre république...

  • Par Le gorille - 11/02/2012 - 20:17 - Signaler un abus Exactement la mauvaise solution

    Un quota n'est pas la bonne solution.
    La participation des femmes ne se décrète pas.
    Les postes sont ouverts, ensuite ce sont les circonstanes et les parcours qui entent en ligne.
    Ceci dit, une femme qui a des enfants, cela me semble une priorité qui ne doit pas être négligée. Quant aux hommes qui font semblant de travailler tard le soir pour uniquement papoter... ce n'est pas une preuve de compétence pour des postes d'autorité.
    Alors plutôt qu'un quota, instaurer des points particuliers pour tenir compte de la double charge des femmes. Voire des points négatifs pour les papoteurs... mais là je plaisante.

  • Par PASCONTENT - 11/02/2012 - 18:11 - Signaler un abus A ce niveau dans le privé ,c'est

    la compétence qui prime ,dans le public c'est souvent le piston politique et parfois de beaux diplômes .il y aussi la filiation ,comme dans le spectacle ou la télé.

  • Par Redmonde - 11/02/2012 - 17:21 - Signaler un abus PARITE = MEILLEURE GESTION

    Etudes statistiques après études ont été faites, en Europe comme aux US:
    les entreprises qui s'en sortent le mieux , surtout face à la crise, sont celles où la présence des femmes aux échelons supérieurs de la hiérarchie est la plus conséquente.
    Ce n'est pas surprenant: les femmes peuvent apporter quelque chose de spécifique, elles sont souvent meilleures gestionnaires car plus prudentes, ont une approche plus "longtermistes" etc.
    Une entreprise vraiment mixte tourne plus rond, nombre de managers en ont maintenant pris conscience.
    Sur la base de cette constatation, la recherche de la parité n'est peut être pas une fin en soi mais pour un manager avisé, elle relève au moins de la bonne gestion

  • Par My-Home-Is-My-Castle - 11/02/2012 - 16:43 - Signaler un abus si, au contraire !

    Il faut que ce soit une fin en soi !

  • Par Cap2006 - 11/02/2012 - 13:19 - Signaler un abus L'UMP donne déjà l'exemple d'une parité exemplaire

    Nommer et maintenir des femmes incompétentes au gouvernement.... ce n'est pas une belle preuve de serieux dans l'effort de parité...
    Par contre, il ne devait pas y en avoir à désigner candidat sur Paris....

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