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Des enfants chez un sous-traitant d'Apple en Chine : que trouveraient les multinationales si elles faisaient vraiment des audits de leurs activités dans les pays émergents ?

Des géants de l'industrie comme Apple communiquent fréquemment sur leur volonté de combattre le travail des enfants dans leurs entreprises du Tiers-monde. Une stratégie efficace sur le plan de l'image, mais peu efficace en termes de résultats...

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Publié le - Mis à jour le 2 Février 2013
Des enfants chez un sous-traitant d'Apple en Chine : que trouveraient les multinationales si elles faisaient vraiment des audits de leurs activités dans les pays émergents ?

En Inde, les employeurs font travailler les enfants chez eux, parce que le travail à domicile n'entre pas dans le champ des lois du travail. Crédit Reuters

Atlantico : Le géant américain Apple vient récemment de communiquer sur sa volonté de combattre le travail des adolescents dans ses usines basées en Chine. Cet épisode n'est-il pas l'arbre qui cache la forêt des conditions de travail souvent contestables dans les pays émergents ?

Bénédicte Manier : Beaucoup de pays de sous-traitance n'offrent en effet pas les conditions sociales en vigueur dans les pays occidentaux et que le Bureau international du travail (BIT) a définies comme les cinq normes minimales de travail : absence de travail des enfants, de travail forcé et de discrimination, droit à la négociation collective et à la liberté syndicale.

Soit parce que les lois des pays émergents n'encadrent pas ces droits, soit, le plus souvent, parce qu'elles sont mal appliquées.

Le contrôle du caractère "humain" de ces entreprises est organisé la plupart du temps par les marques elles-mêmes. Comment expliquer qu'aucune autorité publique ne supervise ce type de comportements ?

Dans les années 90, le BIT avait avancé l'idée d'un contrôle public : il voulait que les traités de commerce international comportent une clause obligeant les firmes à respecter les cinq normes minimales du travail en cas de délocalisation dans les pays en développement ou émergents. Mais ces pays, justement, ont refusé tout contrôle sur ce plan. Il n'existe donc qu'une forme d'adhésion volontaire au respect des droits sociaux, lors de la signature d'accords de commerce. Autrement dit, tout est laissé à la bonne volonté des Etats ou des firmes. Et en général, les Etats ne contrôlent rien.

De leur côté, les firmes ont multiplié les chartes de responsabilité sociale et environnementale (RSE), pour leur image. Certaines ont signé avec les syndicats d'assez bons accords de RSE, comme Danone par exemple. Mais beaucoup n'ont agi que sous la pression, à la suite d'articles de presse ou de campagnes d'ONG dénonçant les conditions de travail chez leurs sous-traitants. Et de nombreux codes de conduite ne sont encore que de l'affichage, avec des lacunes sur l'âge minimal au travail, ou des formules ambiguës qui ne les engagent pas beaucoup. De plus, les contrôles sont souvent effectués en interne ou via des cabinets d’audits liés à ces firmes, sans transparence, sans indépendance. Si bien qu'aux Etats-Unis, par exemple, le General Accounting Office (Cour des comptes américaine) a averti le public que l’adoption de telles chartes n'offrait aucune garantie réelle.

De manière plus générale, a-t-on déjà vu des grandes entreprises occidentales faire concrètement évoluer les conditions de travail dans les pays où elles s'implantent ? 

Le mieux qu'on puisse trouver dans ce domaine, ce sont les entreprises certifiées par la norme SA 8000, créée en 1997 par l'organisation sans but lucratif Council on Economic Priorities1. Cette norme implique le respect des normes minimales du BIT. Mais des travaux indépendants ont montré que même cette certification ne garantissait pas toujours le respect des droits sociaux. Comment expliquer qu'en Chine par exemple, certaines usines soient certifiées, alors que dans ce pays, la notion de « liberté syndicale » ne veut rien dire ? 

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 01/02/2013 - 10:03 - Signaler un abus Des enfants chez un sous-traitant d’Apple en Chine

    Les touches du téléphone sont bien trop petites! on vous le dit !

  • Par Ben hayat - 01/02/2013 - 11:28 - Signaler un abus l'enfant à la pomme

    On le voit sur la photo il est en train de tisser un imac.

  • Par Ben hayat - 01/02/2013 - 11:28 - Signaler un abus l'enfant à la pomme

    On le voit sur la photo il est en train de tisser un imac.

  • Par golvan - 01/02/2013 - 11:32 - Signaler un abus C'est la grande bourgeoisie

    C'est la grande bourgeoisie occidentale qui a financé et développé les industries des pays dits émergents pour ne pas avoir à payer le juste prix du travail des ouvriers occidentaux en répandant parallèlement le mythe du libre-échange qui enrichit tout le monde. Le libre-échange n'enrichit que quelques profiteurs de la ploutocratie mondiale et enfonce le monde occidental dans le chômage et la récession. Quant aux pays émergents, ils n'ont pas eu le temps d'adapter leurs moeurs et leurs institutions aux évolutions techniques et scientifiques du 21ème siècle, et le travail des enfants est encore considéré comme normal. Et lorsqu'on constate la faillite de notre système éducatif dans une France qui connaît un invraisemblable chômage chez les jeunes on peut s'interroger également là encore sur la cohérence de notre discours. Aux yeux de la gauche des années 70, il fallait dénoncer l'apprentissage des jeunes comme un système honteux, alors qu'il revient en force devant les insuffisances de l'éducation nationale. Est-il préférable de faire "veilleur" pour des dealers ou de fabriquer des tapis ? Question provocante mais le "veilleur" n'a aucun avenir, le tapissier en a un.

  • Par sicenetoi - 01/02/2013 - 12:09 - Signaler un abus les sous-traitants d'apple en Chine ?

    Mais les donneurs d'ordre, Apple ou d'autres, ne veulent surtout pas connaître les conditions de travail de leurs sous-traitants; Leur problème majeur est le retour sur investissement, la rémunération de leurs actionnaires et leurs bonus, le reste ? peanuts, rien de plus ! Ceux de la pomme sont de ce point de vue les maîtres incontestés de la profession ! mais bon , tant que les adorateurs de la marque continueront à payer 500€ un produit qui revient ttc et salaires compris à moins de 100€ y a-t-il;une raison que cela change ? AUCUNE ABSOLUMENT AUCUNE .

  • Par jerem - 01/02/2013 - 12:45 - Signaler un abus il faut mettre en relation les bisounours

    mais il faut en parler a tous ces braves consommateurs qui s'ammassent a chaque sortie d'un modele devant lesp ortes de la marque .... ces bobos qui sont pour le developpement durable dans la diversite et l'amour de son prochain par la grace des reseaux sociaux a coup de hastag (parce que diese c'est pas le nom de la touche sur le clavier de telephone depuis des lustres) D'ailleurs Envoye special l'a fait et on a vu ces parents tout peteux qui avaient la gene soudaine avec ce tortillement de l'outragé coincé . C'est a eux qu'il faut en parler ...... surtout quand on nous parle de ces deux reseaux sociaux dont pas un seul n'est européen.. Aucune fierte européenne . juste celle d'un consomamteur a gaver Pas une seule conviction bruxelloise pour un constructeur de smatphone européen pour un marche de 500 millions de consommateurs et pas un seul reseau social de signature européenne . pas de moteur de recherche uniquement le gavage des oies ..... comme avec cet imbecile avec sa danse de cheval et son dauphin fishman ..... Pascal Negre parle nous d'hadopi et du cout de la creation musicale ... en effet ... avec en plus l'appui interne du groupe vivendi sfr canalplus. royal!!

  • Par Ben hayat - 01/02/2013 - 17:40 - Signaler un abus Steve

    Les autres ordinateurs sont très chers si l'on tient compte des virus de leur durée de vie et de leur tronche.

  • Par JS - 01/02/2013 - 22:51 - Signaler un abus Le travail des enfants est

    Le travail des enfants est pour l'instant une aubaine pour ces pays et les familles que cela fait vivre. Comme en Europe jadis. Et cela disparaitra lorsque leur niveau de vie sera assez élevé, comme chez nous jadis..

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Bénédicte Manier

Bénédicte Manier est journaliste à l'AFP, spécialisée dans les questions sociales, et le développement. Elle est l'auteur de Quand les femmes auront disparu. L'élimination des filles en Inde et en Asie, aux éditions La Découverte (2008) et  Le travail des enfants dans le monde, La Découverte, 2011

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