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Ce que les dépressifs ont à espérer de la découverte par des scientifiques de la zone du cerveau responsable de leur maladie

Des neuroscientifiques ont identifié la région du cerveau responsable de la dépression et de l'anxiété. Dans les tests sur des animaux, les experts ont réussi à stimuler cette région du cerveau, appelée noyau caudé, qui est liée à la prise de décision émotionnelle et au pessimisme. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements.

Vague à l'âme

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Ce que les dépressifs ont à espérer de la découverte par des scientifiques de la zone du cerveau responsable de leur maladie

 Crédit Reuters

 Atlantico : Comment cette découverte pourrait-elle aider les spécialistes à mieux comprendre les effets de la dépression ?

Catherine Grangeard : Si vous souhaitez que l’on se penche sur les effets de la dépression, vous avez bien raison !

Que les causes soient selon ces neuroscientifiques strictement localisables, il n’empêche qu’une personne subira des effets que nous connaissons très bien, comme le manque d’envie, la difficulté à faire voire l’impossibilité de se mettre en route. L’aboulie, l’apathie sont des manifestations de syndromes dépressifs, très douloureux à vivre.

Ce sont sur ces effets que nous pouvons nous interroger. Comment avoir une tolérance supérieure aux manques de productivité, aux ralentissements et aux manques de performance ?

Dès le début de cet article, il faut montrer combien des difficultés peuvent être empirées, ou amoindries, par d’autres facteurs. C’est la combinaison entre des éléments innés et d’autres modulables qui permettent de s’extraire d’un déterminisme autrement plus « coinçant » que toute autre chose. L’individu a une marge de manœuvre et c’est celle-ci que nous nous évertuons à développer. L’individu appartient à un système social qui conditionne le propre regard qu’il se porte à lui-même.

A considérer les effets de la dépression comme faisant eux-mêmes souffrir l’individu qui les vit, nous avons une nouvelle piste de prise en charge, une ouverture. Nous avons donc des leviers si on veut bien envisager un individu dans sa globalité…

Les scientifiques ont pu inciter les animaux à prendre des décisions négatives. Selon eux, cette perspective pessimiste sur la prise de décision s’est poursuivie au cours de la journée, bien après la stimulation initiale. À quel point la perspective pessimiste joue-t-elle un rôle sur la dépression ?

C’est dangereux de manipuler telle sphère cérébrale, puis telle autre. Et qui prendra les décisions qu’il faut un peu plus de ceci et un peu moins de cela ? Au nom de quoi ? Je veille ici à faire s’interroger tout un chacun sur ces faits. Aimeriez-vous que l’on intervienne ainsi sur votre cerveau, en amont pour orienter vos décisions ?

Bien sûr que « la perspective pessimiste » a un rôle majeur sur la dépression ! Mais, sa seule origine est-elle dans notre capital physique ou nos conditions d’existence influent-elles ? Ces questions sont à se poser avant de s’engager dans un mode de résolution. Est-ce parce que l’on saurait influer chimiquement ou chirurgicalement qu’il faudrait le faire, ou le privilégier ?

En cas d’échec, pour des dépressifs profonds, une stimulation pourrait éventuellement donner de bons résultats. Vous voyez les précautions de langage que j’emploie. Et ce n’est pas en première intention que ce recours puisse être envisagé. Et d’abord, comment ces personnes sont devenues de telles dépressives ?

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 14/08/2018 - 13:18 - Signaler un abus Un cerveau n'est pas un ordinateur

    Curieux de considérer que la psychologie n'est pas de la science. La médecine n'est pas la seule science, et son objectif est plus de soigner que de comprendre; elle a malheureusement tendance à s'universaliser, en voulant imposer des traitements chimiques pour toute "anomalie", sans s'interroger sur le contexte social et affectif. Le cerveau est une machine complexe: ce qui veut dire qu'il est impossible de "régionaliser" un comportement, car tout est dans tout.

  • Par cremone - 14/08/2018 - 23:50 - Signaler un abus Titre contre contenu

    Le titre de l'article laisse espérer un exposé détaillé de ce qu'ont découvert les scientifiques, or, au lieu de ça, on a la réaction colérique d'une psychanalyste qui a peur que sa "science" perde le monopole de l'explication du fonctionnement du cerveau.

  • Par Alix007 - 15/08/2018 - 18:21 - Signaler un abus @cremone

    Tout à fait ! J'ai attendu en vain, à la lecture de l'article , "Ce que les dépressifs ont à espérer de la découverte par des scientifiques de la zone du cerveau responsable de leur maladie".

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Catherine Grangeard

Catherine Grangeard est psychanalyste. Elle est l'auteur du livre Comprendre l'obésité chez Albin Michel, et de Obésité, le poids des mots, les maux du poids chez Calmann-Lévy.

Elle est membre du Think Tank ObésitéS, premier groupe de réflexion français sur la question du surpoids. 

Co-auteur du livre "La femme qui voit de l'autre côté du miroir" chez Eyrolles. 

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