Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 07 Décembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Et maintenant la candidature de Michèle Alliot-Marie... ou la preuve que les primaires servent à tout autre chose qu'à sélectionner le meilleur candidat à la présidentielle

Le nombre de candidats annoncés (et attendus) à la primaire de la droite et du centre dépasse désormais les dix. Pourtant, parmi eux, nombreux sont ceux qui ne peuvent espérer gagner et pour certains, il sera même difficile de réunir toutes les conditions pour pouvoir se présenter. Cependant, participer n'est plus seulement envisagé par ceux qui souhaitent disputer la campagne... mais aussi par ceux qui veulent négocier leurs voix, leur poids.

Dis-moi combien tu pèses

Publié le - Mis à jour le 11 Mars 2016
Et maintenant la candidature de Michèle Alliot-Marie... ou la preuve que les primaires servent à tout autre chose qu'à sélectionner le meilleur candidat à la présidentielle

Atlantico : L'annonce de la candidature de MAM à la primaire des Républicains a fuité le jour de celle de Nathalie Kosciusko-Morizet, portant le nombre de candidats à plus de dix. Nombre d'entre eux sont certains de ne pas gagner mais se présentent tout de même pour peser par la suite grâce à leur score, comme l'avait par exemple fait Montebourg en devenant "Monsieur 17%" en 2011. Les primaires n'ont-elles plus pour fonction que de mesurer le poids politique de chacun dans un parti ? Dans quelle mesure ces candidatures sans avenir polluent-elles le jeu démocratique en vidant de son sens le système des partis politiques, en lui conférant une utilité exclusivement interne ?

Dominique Jamet : La candidature de Michèle Alliot-Marie peut s'expliquer par deux raisons personnelles. En premier lieu parce qu'après une longue éclipse – liée à ses trop bonnes relations avec le régime de Zine el-Abidine Ben Ali – elle estime que le moment est venu de faire son retour. Elle est d'autant plus fondée à penser cela qu'il y a quelques jours elle a fait presque jeu égal avec Luc Chatel – le candidat de Nicolas Sarkozy – pour la présidence du Conseil National des Républicains. Elle fait, somme toute, un retour à la fois en grâce et en force. Pour autant, il est clair qu'elle n'a pas la moindre chance de gagner la primaire, sauf à nourrir des illusions. Il est même possible qu'elle rencontre des difficultés à rassembler les cautions et parrainages nécessaires et indispensables pour prétendre candidater à la primaire. Le nombre de candidats influe nécessairement sur cette dimension. N'oublions pas que cette primaire ouverte du centre et de la droite ne l'est qu'aux électeurs. Pour les candidats, en revanche, la primaire est filtrée, modulée selon un mode de suffrage censitaire, puisque ne peuvent se présenter que les gens qui recueillent le soutien de 20 parlementaires, 250 élus et enfin 2000 militants. Cela fausse clairement la participation à la primaire.

Ce qui fausse la primaire également, c'est évidemment qu'un certain nombre de candidats se présentent – dont on peut supposer que Michèle Alliot-Marie en fait partie – moins dans la perspective de la disputer et de la gagner que de négocier ensuite les voix obtenues contre un soutien. Le premier tour de la primaire, déjà faussé par son caractère filtré, l'est moins que ne le sera le second tour. Il s'agira d'un second tour non seulement politique, mais aussi politicien. Le succès final dépendra des désistements des candidats battus, des promesses et des accords passés, ce qui risque d'affecter d'une coloration magouilleuse le résultat final. Effectivement, ces candidatures sans avenir polluent le jeu démocratique. On avait d'abord eu l'impression, dans les premiers temps de cette phase préliminaire à la primaire dans laquelle nous sommes encore, que les enjeux étaient politiques. Entre Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, il existe de vraies différences de programme. L'un est plus centriste, presque de gauche, l'autre se situe davantage à droite. On avait eu l'impression, également, que les principaux candidats étaient aussi motivés par une certaine forme d'ambition personnelle. Maintenant, au fur et à mesure que les candidats se multiplient, que les choses se compliquent, l'ensemble ressemble plus à une compétition interne au parti – comme le RPR et l'UMP ont su donner l'exemple. Tout cela est moins net, moins propre, moins justifié qu'on ne le pensait. Le comportement du parti politique des Républicains pourrait être plus mal perçu par l'opinion si, effectivement, les primaires étaient détournées de leur intention et de leur image initiale.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Lafayette 68 - 10/03/2016 - 08:46 - Signaler un abus Ils et elles sont ridicules

    La droite c'était traditionnellement la recherche de "l'Homme providentiel" donc l'homme (ou la femme) qualifié : désormais, comme les apôtres, ils sont presque 12 à postuler ...A chacun son tour,le premier ne suffisant pas.Election mais vraiment très primaire.

  • Par Orchidee31 - 10/03/2016 - 10:01 - Signaler un abus Grotesques

    Et ils ne s'en rendent même pas compte - ils vont polluer les primaires - C'est là qu'on se rend compte que certains ont un pois-chiche à la place de la cervelle - regrettable pour les militants -

  • Par ISABLEUE - 10/03/2016 - 11:30 - Signaler un abus EXACT : RIDICULES !!!!!

    comme si on avait besoin d'elle, de la NKM, Juppé, Fillon.... et d'autres. Tous des écervelés aux égos surdimensionnés. ATTENTION , la droite, vous allez aussi prendre une claque .

  • Par raslacoiffe - 10/03/2016 - 15:42 - Signaler un abus Bonne analyse de M. JAMET

    Enfin Atlantico renoue avec la qualité. On en redemande.

  • Par Liberte5 - 10/03/2016 - 19:41 - Signaler un abus Quel foutoir!!!

    Aucune pudeur, aucune dignité, comment voulez vous que les citoyens ne se détournent pas de ces partis politiques.Quant à M. Alliot- Marie, franchement, elle a bien contribué au déclin de la France en participant à tous les gouvernements dont le bilan est négatif.. Qu'elle se retire d'autant qu'elle n'a jamais été une ministre de grande qualité et que ce n'est aps l'argent qui lui manque.

  • Par essentimo - 11/03/2016 - 08:07 - Signaler un abus Ni MAM

    ni NKM : des sigles pas des personnes.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Dominique Jamet

Dominique Jamet est journaliste et écrivain français.

Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

Parmi eux : Un traître (Flammarion, 2008), Le Roi est mort, vive la République (Balland, 2009) et Jean-Jaurès, le rêve et l'action (Bayard, 2009)

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€