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Ce que la brutale désaffection des électeurs du MODEM révèle de la nature du macronisme

Selon un récent sondage, les électeurs du Modem ont exprimé leur défiance envers le président de la République.

Sondages en berne

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Ce que la brutale désaffection des électeurs du MODEM révèle de la nature du macronisme

 Crédit JACQUES DEMARTHON / AFP

Atlantico : Avec 83% d'opinion défavorable, les électeurs du Modem, parti pourtant intégré à la majorité, montre une défiance encore plus large à l'égard d'Emmanuel Macron que les électeurs LR (75%) et PS (75%). Comment expliquer un tel paradoxe ? Quelles pourraient-être les "coins" idéologiques séparant les électeurs Modem d'Emmanuel Macron, notamment sur la question de l'exercice du pouvoir ou sur la décentralisation, thèmes chers aux électeurs centristes ?

 

Macron et le Modem : un espace d’esprit critique a pu s’installer

 
Jean-Philippe Moinet : Défiance à l’égard d’Emmanuel Macron est un mot fort, pour un sondage qui ne mesure que le caractère « favorable » ou « défavorable » de l’opinion concernant «  l’action d’Emmanuel Macron en tant que Président de la République ».
Le sous-échantillon de Français se disant sympathisants du Modem est aussi quantitativement faible dans cette étude, mais une tendance apparaît sans doute et elle a un sens : allié clair d’une majorité présidentielle largement dominée par LREM, les sympathisants du centre Modem ont pu être heurtés ces derniers mois par trois éléments convergents, dont l’un n’est peut-être que de conjoncture cet été, nous verrons.
 
1/ L’affaire Benalla, d’abord. Elle a réveillé les oppositions diverses et elle a mis le doigt, non pas sur l’exercice du pouvoir par le chef de l’Etat lui-même – cette affaire ne concerne que le cas d’un conseiller qui a dérivé dans ses agissements, ce qui peut être constitutif, la justice le dira ou non, d’un excès de pouvoir – mais elle a reflété une position défensive qui s’est traduite par un quasi-silence et un flottement de l’exécutif sur ce sujet, attitude qui a peut-être amplifié durant l’été la place prise par cette « affaire » . Avec également cette phrase, qui a pu être interprétée comme une rodomontade d’un chef d’Etat arc-bouté sur sa certitude et son pouvoir suprême: s’ils veulent un responsable, « qu’ils « viennent me chercher ».
 
Cette posture rejoint plus globalement une conception gaullo-jupitérienne de la fonction présidentielle, le chef de l’Etat étant juridiquement irresponsable devant les assemblées parlementaires (qui ne peuvent donc pas « venir le chercher »). Or, cette conception et cette pratique ne correspondent pas, au fond, à la culture girondine et démocratique des centristes et libéraux politiques en général, et de ceux du Modem en particulier. Dans les épisodes de tensions, Emmanuel Macron est plus républicain que démocrate, ce qui d’ailleurs peut faire sa force et sa solidité dans les épreuves politiques face aux contestations ou événements. Mais ça le met en porte-à-faux avec la culture centriste, où le culte du chef est limité.
 
2/ Le girondisme du Modem a aussi été mis à mal par la relation du chef de l’Etat vis-à-vis des « territoires », et notamment ceux de tradition rurale et catholique qui font une partie des terres historiques d’élection du centre, notamment dans l’Ouest et le Sud-Ouest de la France. Quand Emmanuel Macron et Edouard Philippe, sur les questions budgétaires, entament un bras de fer avec les mairies, départements et régions, une partie de la culture Modem se sent donc heurtée.
 
3/ En outre, dans les débats qui ont entouré la réforme des institutions, les volontés du Modem et de son Président, François Bayrou, notamment sur la dose de proportionnelle à prévoir dans le mode de scrutin pour les futures élections législatives,  cette volonté n’a pas eu totalement gain de cause. Là encore, la sensibilité centriste a pu se sentir mal servie par les arbitrages du pouvoir exécutif. Cet ensemble de considérations fait que le pacte Macron-Bayrou, loin d’être rompu (ce pacte, sauf accident, les deux hommes l’ont établi pour la durée du quinquennat) est quand même affaibli dans son inconditionnalité.
 
François Bayrou reste sans doute, en coulisses, à la fois consulté et écouté par Emmanuel Macron. Il se disait même, en cette rentrée de septembre, que le cercle des proches que le Président consulterait plus régulièrement comprendrait François Bayrou. Mais chez les sympathisants du Modem, couve un sentiment de frustration, d’autant que deux importants dirigeants de ce mouvement, François Bayrou et Marielle de Sarnez ont du, il y a un an, quitter le gouvernement.  Cet éloignement a, mécaniquement, créé un espace dans lequel un esprit critique a pu s’installer.  
 
 
Commentaires

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  • Par Yves3531 - 13/09/2018 - 09:24 - Signaler un abus Article sur le néant....

    le Modem n’est rien, cela a toujours été une moyen d’agreger des électeurs qui ne pensent rien à ceux dont le logiciel est usé.

  • Par Atlante13 - 13/09/2018 - 09:48 - Signaler un abus Les deux auteurs de l'article

    sont sûrement deux fins stratèges de la politique des partis, et naturellement très attachés à Macron. Au point de vouloir faire dire aux sondés ce que eux veulent entendre. Nulle doute qu'ils seront très surpris aux prochaines élections à venir, car l'enfumage macédonien commence à se dissiper devant la dure réalité des faits, et Jupiter n'est qu'une fille des rues prêt à tout pour réussir, y compris vendre mère et femme.

  • Par gilbert perrin - 13/09/2018 - 10:42 - Signaler un abus le MODEM n'est plus rien....

    BAYROU avec ….et les marcheurs, qu'en reste t'il ? pas grandchose. Les partis se sont entre'tués… ceux des partis qui ne tendront pas largement ouvert leurs bras, aux "collectifs citoyens" sont foutus…..c'est finis les politiciens monopolisateurs de toute la puissance politique ? c'est l'œuvre des citoyens ….comme AUTREFOIS ….

  • Par vangog - 13/09/2018 - 11:00 - Signaler un abus Le parti qui monte, qui monte, c’est le Rassemblement National

    qui résiste à l’invasion à Chateaudouble, et avait tout prévu des erreurs et résultats de Macrouille...mais l’observateur de l’extrémisme n’observe que son nombril...

  • Par Lazydoc - 14/09/2018 - 00:30 - Signaler un abus Bon il les met ou il les enlève

    Ses lunettes? Car il ne voit rien (ou fait semblant)! Benalla est une pustule sur le nez de Macron, qu’on va gratter avec gourmandise. Et tout le monde se contrefiche de savoir si le roitelet consulte l’oracle Bayrou et sa demi-moitiée ridée Sarnez. On a déjà une vieille avec Brigitte.

  • Par KOUTOUBIA56 - 14/09/2018 - 22:44 - Signaler un abus Le modem !!!!!!!!!!!!!!!!!

    Le modem !!!!!!!!!!!!!!!!! une vaste fumisterie Bayrou l'homme qui inventa les vacances de fevrier !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! pour le reste on va voir !!!!!!!!!!!!!!!!!! bref un nul comme tous ces radicaux socialistes du sud ouest. Les rois de la combinazione !!!!!!!!!!!!!!!! Bayrou c'est avec Berlusconi qu'il faut le mettre !!!!!!!!!!

  • Par ajm - 14/09/2018 - 23:20 - Signaler un abus Le crétin des Pyrénées.

    Cela montre surtout l'énorme nullité du Modem et de son dirigeant.

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Jean-Philippe Moinet

Jean-Philippe Moinet, ancien Président de l’Observatoire de l’extrémisme, est chroniqueur, directeur de la Revue Civique Son compte Twitter : @JP_Moinet.

 

 

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