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Ce que les parasites nous apprennent sur les horreurs de la nature et la supériorité de l'humain

La mante religieuse dévore son compagnon, des parasites décident de prendre place dans la bouche de certains poissons, jusqu'à en remplacer la langue... Les animaux sont parfois bien plus cruels qu'on ne le croit.

Cymothoa exigua, mante et coucou !

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Ce que les parasites nous apprennent sur les horreurs de la nature et la supériorité de l'humain

Les animaux sont parfois bien plus cruels qu'on ne le croit : la mante religieuse mange son partenaire.  Crédit Reuters

Atlantico : L'imaginaire collectif a tendance à faire de la nature un havre de paix, serein, tranquille et adorable. Qu'en est-il vraiment ? La faune est-elle véritablement aussi tendre qu'elle peut sembler l'être dans cette perception globale que nous en avons ?

Olivier Dautel : La faune n'est, bien évidemment, pas ce qu'on veut bien croire qu'elle est. Ca n'est pas le monde des schtroumpfs, et nous avons tendance à limiter la vision que nous en avons à nos simples animaux de compagnie. L'ensemble des animaux (et pour faire plus global, des êtres vivants) fonctionnent sur un triptyque. En premier lieu, se développer, ce qui passe par se nourrir, pour ensuite se reproduire et enfin avoir une descendance qui assurera la pérennité de l'espèce.

Ce qui est sous-jacent, c'est que pour se nourrir et perpétuer l'espèce, tous les coups sont permis. En l'absence totale de morale (il n'y a pas de notion de bien ou de mal dans le monde animal), on assiste parfois à des actes qui peuvent choquer.

Une fois suffisamment développé pour avoir pu arriver jusqu'à la reproduction, la nature connait deux grandes stratégies (lesquelles concernent également l'Homme). Soit, l'animal va faire énormément de descendants en anticipant beaucoup de pertes, mais in fine la descendance sera tout de même assurée (c'est la stratégie qu'on appelle "stratégie r"), soit au contraire l'animal se limitera au un minimum de descendants, mais avec une prise en charge maximale qui implique une dépense d'énergie conséquente. Evidemment, ces stratégies dépendent des espèces et non de volontés personnelles qu'on pourrait prêter aux animaux. Ainsi, une majorité des poissons vont libérer leurs gamètes dans l'eau et adviennent que pourra et inversement dans le cadre de la viviparité, on constate que l'animal reste dans le ventre de sa mère jusqu'à un certain stade de maturité. Certaines tarentules gardent les œufs sur le dos, afin de les protéger au mieux. Les manchots empereurs, qui ne sont capables de pondre qu'un œuf, protègeront la descendance à tour de rôle, tantôt mâle, tantôt femelle.

L'un des exemples les plus connus qui tranche avec cette représentation de la nature, c'est la mante religieuse, qui dévore son compagnon. Ces comportements existent-ils vraiment ? Sont-ils récurrents, ou s'agit-il d'événements isolés ?

Ces comportements existent. Il s'agit effectivement d'événements plutôt occasionnels, mais il arrive effectivement que la mante religieuse décapite le mâle, mais il s'agit de choses relativement (et j'insiste sur le relativement, ça n'est pas non plus complètement impensable) rares. Mais l'acte de cannibalisme n'est pas nécessaire à la fécondation, et ne représente pas un apport de protéines indispensable. Dans la majorité des cas, le mâle parvient à s'échapper.

Les araignées ont aussi les mêmes comportements : comme les mantes religieuses il s'agit d'espèces à tendance particulièrement solitaire, aussi la rencontre des deux partenaires est compliquée. Pour éviter que la femelle ne prenne le mâle pour une proie, certains font une danse nuptiale (qui consiste à marcher sur certains fils de la toile uniquement) mais c'est le cas le plus rare. Le plus souvent, le mâle se contente d'apporter une mouche à la femelle. Les romantiques y verront un cadeau, les pragmatiques une distraction. En effet, le mâle profite du fait que la femelle soit occupée à dévorer la mouche pour faire son ouvrage et s'en aller avant d'avoir été dévoré lui-même. Certaines araignées se retrouvent même à devoir abandonner une de leurs pinces, le palpe, qui correspond à l'organe copulateur, pour ne pas se faire manger. Le palpe repousse, aussi le calcul est rapide. Il existe environ 60 000 espèces d'araignées dans le monde, et a chacune ses spécificités.

 
Commentaires

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  • Par caracal - 12/03/2014 - 10:26 - Signaler un abus stratégie r

    en page 1, la stratégie r consiste à faire bcp de descendants en faisant confiance au hasard, contrairement au fait de limiter la descendance mais de la sur-protéger. en page 2, vous dites l'inverse : "Progressivement, l'évolution nous a mené vers la stratégie r, que nous abordions tout à l'heure et qui consiste à faire moins de petits mais à mieux les protéger". est-ce une erreur de transcription de la part de M. Nahan (auquel je recommande l'article sur les 15 fautes d'orthographe) ? j'en ai certainement fait dans ce commentaire, mais je ne suis pas journaliste professionnel sur Atlantico...

  • Par Angath - 12/03/2014 - 11:52 - Signaler un abus Une différence de taille

    Il y a quand même une différence de taille, aucun animal aussi cruel en apparence soit il ne fait ça par plaisir, l'homme oui....

  • Par ignace - 12/03/2014 - 15:07 - Signaler un abus C'est vrai que l'homme est plus raffiné

    des dizaines de millions de morts entre 1914 et 1945...pour rien Les animaux ont des progrès a faire

  • Par Ravidelacreche - 12/03/2014 - 16:14 - Signaler un abus La mante religieuse dévore son compagnon

    Et le Campagnol des champs ? Un coup je te vois et un coup je te vois plus, et que dire de l'escargot auto entrepreneur ! :o))

  • Par jean fume - 12/03/2014 - 20:51 - Signaler un abus Et c'est peu de le dire !

    Dans le bestiaire politique, on voit des espèces prédatrices, qui vivent sans foi ni loi sur le dos des contribuables. En l'absence totale de morale, ils vivent souvent en castes, dont le seul but est de perpétuer l'espèce, au détriment de toutes les autres.

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Olivier Dautel

Olivier Dautel est professeur agrégé de Sciences de la Vie et de la Terre en classe préparatoire BCPST-VETERINAIRE. Formateur l’Agrégation Interne de SVT.

Il est également auteur, avec Jean Yves Nogret, de « La biologie pour les Nuls » aux éditions First

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