Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 01 Septembre 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

Quand les Iraniens lancent à leur tour des cybers attaques dévastatrices

A la suite des attaques cyber dont ont fait l’objet la société nationale Saoudienne des pétroles, Aramco et la société qatarie de gaz RasGas au mois d’août dernier ainsi qu’un certain nombre de grandes banques de dépôts américaines, le ministre américain de la Défense, Léon Panetta a employé, la semaine dernière, une expression chargée de symbole en disant que les Etats-Unis risquaient de subir un « cyber Pearl Harbor ».

Mars attack

Publié le
Quand les Iraniens lancent à leur tour des cybers attaques dévastatrices

Les Américains craignent d'être victime d'un "cyber Pearl Harbour". Crédit Reuters

Alors que dimanche dernier, les autorités iraniennes, prise en la personne du directeur du centre iranien du cyberespace, ont nié toute implication dans ces attaques particulièrement redoutables ayant mis hors d’état d’usage plus de 30,000 ordinateurs de l’Aramco. Les spécialistes sont convaincus que l’Iran est derrière ces attaques.

Le virus, appelé Shamoon ayant pris pour cible l’industrie pétrolière saoudienne a été particulièrement redoutable et a représenté, d’après ce même Léon Panetta, « l’attaque la plus destructrice menée contre le secteur privé à ce jour ».

Le choix des cibles, en l’occurrence les secteurs énergétiques saoudien et qatari, n’est pas anodin. L’Arabie Saoudite notamment, est particulièrement dans la ligne de mire des Iraniens car ce pays a augmenté sa production pétrolière à son seuil maximal de 10 millions de baril/jour afin de compenser la perte de production iranienne du fait des sanctions internationales dont l’Iran fait l’objet du fait de sa politique nucléaire.

Cette surproduction saoudienne a donc atténué l’impact de non disponibilité du pétrole iranien sur les marchés et réduit une hausse de prix qui en aurait été autrement la conséquence inéluctable. Les Iraniens qui avaient expressément demandé aux Saoudiens de ne pas augmenter leur production s’en souviennent  donc. Le choix conjoint de l’Arabie Saoudite et du Qatar comme cible vise également les deux pays qui financent la révolte sunnite contre le régime chiite syrien, allié des Iraniens.

L’Iran, qui a été nombre de fois pris pour cible par des attaques cyber depuis l’attaque du virus Stuxnet 2010 contre ses installations de centrifugeuses de Natanz, s’est doté depuis quelques années d’une capacité en la matière. Il existe même une unité militaire cyber au sein de l’armée d’élite des Gardiens de la révolution. Or l’affaire de l’Aramco a pris l’Occident de court car contrairement aux attaques passées attribuées à l’Iran, le niveau de sophistication et les dégâts occasionnés sont uniques à ce jour. Auparavant, les attaques iraniennes visaient simplement à engendrer un flux de trafic anormalement élevé afin de bloquer les services en ligne du fait d’une surcharge de demande.

Alors que les Etats-Unis semblent avoir créé un programme spécial de cyber guerre contre l’Iran derrière le nom de code de « jeux olympiques », il ne faut pas s’étonner d’une réaction iranienne en la matière. Ce qui est particulièrement inquiétant pour les Américains, c’est le bond technologique que la recherche cyber iranienne semble avoir réalisé comme en témoigne le virus « Shamoon » ayant bloqué et perturbé pendant plus d’une semaine le fonctionnement normal de la plus grande société pétrolière au monde.

L’improbabilité d’une telle avancée technologique iranienne ayant pris de court les spécialistes, a contraint les Etats-Unis à envisager le principe  d’attaques de types conventionnels préemptives contre des pays qui prendraient ses installations et/ou son économie pour cible. Une telle déclaration est une nouveauté car jamais les Etats-Unis n’avaient proclamé une telle possibilité de par le passé. Ainsi une attaque cyber pourrait déclencher une attaque conventionnelle à posteriori ou préemptive à priori à l’avenir. Il s’agit là d’un changement doctrinal majeur de l’Etat-major américain.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par cednono - 17/10/2012 - 12:52 - Signaler un abus Aidés par les russes ?

    les iraniens sont loin d'être bêtes mais ne peut-on envisager une aide des russes dans le domaine cyber ?

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Ardavan Amir-Aslani

Ardavan Amir-Aslani est avocat et essayiste, spécialiste du Moyen-Orient. Il tient par ailleurs un blog www.amir-aslani.com, et alimente régulièrement son compte Twitter: @a_amir_aslani.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€