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Quand Hollande fait monter Macron au créneau sur la loi El Khomri pour discrètement rabrouer Valls

Ce dimanche, Emmanuel Macron s'exprimait au sujet du projet de loi El Khomri dans "Le Journal du Dimanche". Une manière d'apporter son soutien au président même si, politiquement, cette interview constitue une invitation au dialogue et traduit une révision des stratégies entre Matignon et l'Elysée.

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Quand Hollande fait monter Macron au créneau sur la loi El Khomri pour discrètement rabrouer Valls

Atlantico : Peut-on/doit-on interpréter l'interview d'Emmanuel Macron parue ce dimanche dans Le Journal du Dimanche au sujet du projet de loi de réforme du code du travail comme une reprise en mains du dossier par l'Elysée ? Pourquoi s'exprime-t-il maintenant sur le sujet ? 

Anita Hausser : En s'exprimant dans le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron vient en renfort à François Hollande, ce qui n'a rien d'anormal. Sur le plan politique, on pourrait assimiler cela à une reprise en mains du dossier par l'Elysée, mais pas du tout techniquement pour la simple et bonne raison qu'un projet de loi, après son adoption en Conseil des ministres, passe ensuite par le Parlement.

Emmanuel Macron n'a jamais été privé de paroles et ne s'en est jamais privé. Cette interview doit être interprétée comme une invitation au dialogue avec les syndicats et le groupe socialiste, adressée par François Hollande à Manuel Valls. Il n'y a pas de phrases fortes, pas de prises de position pouvant susciter une polémique dans ce que dit le ministre de l'Economie, qui fait de la pédagogie et défend la réforme. Une révision des stratégies de Matignon et L'Elysée paraît ressortir de cette interview. 

Le Premier ministre et le président de la République ne peuvent pas se permettre de partir en ordre dispersé sur un projet de loi. Il peut y avoir des divergences entre les deux hommes mais au cours du débat, pas au tout début du processus.

Encore une fois, il n'y a rien d'extraordinaire à ce qu'Emmanuel Macron s'exprime sur une réforme concernant le code du travail, d'autant plus que ce projet de loi devait, initialement, être défendu par les deux ministres, Emmanuel Macron et Myriam El Khomri. Dès lors qu'il a été question uniquement du projet de loi "El Khomri",  les  rumeurs ont commencé à se propager selon lesquelles Valls et Macron ne s'entendraient pas  et que Manuel Valls voulait priver Emmanuel Macron, qui est très populaire,  d'une tribune qui le mettrait encore plus en lumière.

Ce retour d'Emmanuel Macron dans le débat lié au projet de loi de réforme du code du travail peut-il être interprété comme un moyen de débrancher Manuel Valls, l'un des principaux défenseurs du projet? Ce projet de loi ne pourrait-il pas déboucher sur la nomination d'un nouveau Premier ministre ? 

Manuel Valls ne peut pas être "débranché", car c'est lui qui doit piloter la discussion au Parlement.  Le Président et le Premier ministre ont décidé que le texte serait défendu par la ministre du Travail, Myriam El Khomri  .Cependant, Myriam El Khomri  a commis une erreur - apparemment poussée par Matignon - en évoquant le  recours au 49-3 ( vote bloqué) pour l'adoption du projet de loi . C'est une menace  que les gouvernements se gardent en général d'annoncer à l'avance. En l'état, le texte convient à François Hollande ; il est convaincu qu'il faut réformer le code du travail, mais tout est question de méthode.  Par conséquent, son objectif à l'heure actuelle est de le sauver.

Si une crise politique devait éclater, ce  projet de loi pourrait en être le prétexte. Mais il faudrait qu'elle advienne rapidement en raison des échéances à venir : la présidentielle dans 14 mois, la préparation du budget 2017 avec l'envoi des lettres de cadrage en juin. A cause de ces échéances précisément, on ne peut pas changer de Premier ministre n'importe quand. La question de savoir si Manuel Valls allait sortir du gouvernement sur un clash s'est posée récemment. Le rejet de ce texte par l'Assemblée pourrait en être le prétexte .Pour l'heure, l'hypothèse est assez peu probable, d'autant que certains élus de l'opposition  ont apporté leur soutien à cette réforme. La différence entre l'Elysée et Matignon réside dans la méthode, et non pas dans le contenu. Tant que ce projet de loi n'est pas passé en Conseil des ministres, seules des conjectures peuvent être évoquées : des dispositions vont-elles être modifiées ? Des négociations avec les organisations syndicales  vont-elles être engagées ?   C'est en tout cas à cela qu'appelle Jean-Christophe Cambadélis ce dimanche soir sur BFM. Le projet de loi doit passer au Conseil des Ministres le 9 mars ! 

Propos recueillis par Thomas Sila

 
Commentaires

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  • Par langue de pivert - 29/02/2016 - 11:53 - Signaler un abus Alléluia ! ☺

    Certains commentateurs inventent le blé qui fait tourner leur moulin ! Lecture en diagonale : 10 secondes chrono ! Le moulin tourne à vide ! Pas de farine à la sortie ! Déjà se mettre dans la tête de Hollande faut avoir l'idée ! Quand on l'a cette idée ça doit être dur d'en sortir du hollandisme ! (ou aimer ça ? :-)

  • Par vangog - 29/02/2016 - 12:15 - Signaler un abus "Interpréter une interview, peut-on?..."

    Non, non, Mme Hauser, faites votre travail de journaliste, et reportez...évitez d'interpréter, car vous risquez de vous planter!

  • Par Borgowrio - 29/02/2016 - 12:35 - Signaler un abus Bavassage

    Le "Journal du dimanche " porte parole du gouvernement .?.. Umm , y'a bon les subventions ... Dommage , Atlantico , un des rares journaux non socialiste se fait le relais de ce qu'on ne peut plus blairer chez la quasi totalité de la presse ..

  • Par raslacoiffe - 29/02/2016 - 18:12 - Signaler un abus La dernière vacherie du machiavel de l'Elysée

    Les journalistes vont encore se pâmer en vantant les qualités de synthèse du locataire de l'Elysée. Ce bonhomme est un pervers narcissique. Il devrait se faire suivre car il y a danger pour sa santé mentale.

  • Par jurgio - 29/02/2016 - 19:57 - Signaler un abus L'amusement perpétuel des médias français

    Les faits ne les intéressent pas trop, c'est chiant ; mais pour supposer, imaginer, extraire et transformer, déduire et pronostiquer, ce sont les meilleurs. On peut en être fiers; Ainsi des être insignifiants deviennent des monstres d'intelligence, des stratèges consommés, des rusés diaboliques... etc. Heureusement, une bonne partie des électeurs s'attachent à ne connaître et ne considérer que les résultats d'une politique.

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Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires "Femme députée, un homme comme les autres ?" (2014) et "Bruno Le Maire, l'Affranchi" (2015). 

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