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Quand les Chinois prennent pied dans les entreprises occidentales : ce qu'ils viennent vraiment y chercher

Le protocole d'accord entre Dongfeng et PSA Peugeot Citroën acté, le constructeur chinois entre au capital du groupe français. Les marques et les technologies européennes sont de plus en plus convoitées par les Chinois.

Bientôt tous Chinois ?

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Atlantico : La montée des investissements chinois à l’étranger s’impose comme une évidence depuis plusieurs années. En Europe, les Chinois sont même plus actifs que ne le sont les Européens en Chine. Pourquoi les marques et les technologies du Vieux continent sont-elles si convoitées par les Chinois ?

Jean-François Di Meglio : C’est une contre-vérité : les Britanniques et les Français ont en particulier une forte empreinte en Chine. Schneider, PSA, avant les investissements croisés de ce jour, Alstom, Airbus, Carrefour, Saint-Gobain ont des capitaux très importants investis en Chine.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui font que les déficits commerciaux sont un chiffre en trompe-l’œil. La France ré-importe parfois des produits fabriqués en Chine avec des capitaux français, comme les Américains le font avec les filiales de leurs propres groupes.

Les marques et les technologies du « Vieux continent » comme par exemple la chimie de Rhodia (Adisseo) rachetée par Blue Star, quelques industries mécaniques de luxe ou de pointe (bateaux Ferreti en Italie, hi-fi Bang & Olufsen, moteurs Beaudouin en France, Mc Cormick France pour les tracteurs) intéressent les Chinois soit parce qu’elles permettent des avancées sur la base de technologies maîtrisées par les Chinois de façon élémentaire mais sur lesquelles on peut « superposer » des brevets avancés « compatibles » ou des améliorations particulièrement adaptées au marché chinois (le cas de la fiabilité des moteurs diesel de bateaux, très lents mais très fiables et endurants dans le cas des moteurs Beaudoin). Cela dit, il ne faut pas parler de « convoitise » : cette démarche est prudente, consciente des difficultés, et les investissements réels sont une fraction des capacités réelles d’investissement des groupes chinois. Les investissements chinois à l’étranger, même en stock (par exemple moins de trois milliards d’euros en France seule, y compris après l’investissement dans PSA) sont une fraction  même des flux annuels reçus par la Chine (un peu moins de 100 milliards d’USD par an). 

Antoine Brunet : Il faut comprendre où on en est. La République Populaire de Chine dispose de 5.300 Mds $ de réserves de change (en y incluant les fonds des Sovereign Wealth Funds) pendant que Hong Kong dispose de 800 Mds $. La Chine a donc accumulé, grâce à ses excédents commerciaux colossaux et répétés, une formidable puissance financière. Mais, ainsi qu’elle l’a déclaré fortement début 2012, la Chine refuse absolument d’utiliser cette puissance financière pour devenir le banquier du monde. Elle sait très bien que si elle prêtait massivement à l’Europe du sud ou à l’Europe de l’est ou à l’Ukraine, à la Turquie, à l’Inde ou à l’Argentine, elle s’exposerait à ne pas être pleinement remboursée. Dans cette logique, loin de se transformer en banquier du monde (ce que trop de naïfs attendaient), la Chine en réalité préfère se transformer en prédateur du monde.

Elle se propose d’utiliser une partie de ses énormes réserves de change à acquérir les actifs de la planète qui ont la double caractéristique d’être stratégiquement intéressants et d’être disponibles à l’achat. Elle rejette les titres de dette gouvernementale ou de dette bancaire comme peu intéressants (sauf si elle peut espérer grâce à eux mettre à terme sous son contrôle le pays entier). Elle préfère se concentrer sur les gisements de ressources naturelles y compris ceux de ressources touristiques (c’est le sens qu’il faut donner au rachat de Club Med par Fosun). Elle préfère aussi se concentrer sur l’achat d’entreprises industrielles parce qu’elles sont porteuses de brevets, de centres de recherche, de savoir-faire managerial et de marques commerciales, toutes choses qui ne peuvent qu’accroître davantage la part des entreprises sino-chinoises sur le marché mondial des produits manufacturés.
 
Les Etats-Unis qui, depuis début 2011, se considèrent en guerre froide avec la Chine, font obstruction à des rachats par la Chine (deux grandes exceptions cependant : après avoir laissé Lenovo racheter la branche ordinateurs d’IBM en 2005, ils viennent début 2014 de le laisser racheter la branche serveurs d’entrée de gamme d’IBM ; ils ont début 2014 laissé Google vendre la branche smartphones de Motorola au même Lenovo).

Le Japon, qui a toujours été réticent au rachat de ses entreprises par des entreprises étrangères et qui est en tension diplomatique récurrente avec la Chine depuis 2010 fait lui aussi fortement obstruction aux tentatives chinoises.

Il reste l’Europe. Depuis début 2012, la Chine, à la faveur de la crise de l’euro, a totalement déverrouillé la réticence européenne à des rachats par des entreprises chinoises (le plus souvent étatiques). Comment y a-t-elle réussi ? Lorsque Bruxelles cherchait en 2011 des capitaux étrangers pour financer le dispositif MES de financement des pays de l’Europe du sud, c’est l’Allemagne et Madame Merkel qui furent désignés pour négocier avec Pékin. On n’a jamais su quel deal avait été alors conclu. Mais on apprît en novembre 2011 que, parmi les contreparties exigées par Pékin, il y avait l’engagement européen à ne plus faire obstacle aux achats d’entreprises européennes par Pékin. Et l’on vit, dès début 2012, Me Merkel laisser Pékin s’emparer de belles PME industrielles allemandes qui étaient en parfaite santé.

Au total, il ne faut donc pas s’étonner de voir maintenant Pékin multiplier les opérations de rachats industriels en Europe.

Pékin concentre ses achats d’entreprises industrielles en Europe parce que c’est seulement en Europe que les autorités le laissent agir et s’emparer d’actifs industriels.

La prise de participation du chinois Dongfeng dans le capital de PSA Peugeot Citroën est-elle révélatrice de la stratégie globale de la Chine dans la reprise des entreprises européennes ? Ou est-ce là un cas particulier ?  

Jean-François Di Meglio : C’est sans doute un acte annonciateur plutôt en rupture avec ce qui s’est fait jusqu’ici, c’est-à-dire une longue négociation et un partenariat de plus de dix ans, pratiqués, traversés de difficultés, d’embûches. Peu d’exemples de ce type existent. L’investissement croisé est productif et couronne le résultat de ces efforts dans le temps : PSA fait plus de profits en Chine seule qu’ailleurs dans le monde. Citroën fabrique plus de voitures là-bas qu’en France, et Peugeot juste un peu moins.

Antoine Brunet : Encore une fois, Pékin a jeté son dévolu sur l’Europe puisque celle-ci est plus ouverte à des rachats que les Etats-Unis ou le Japon. Pour les PME industrielles, le mouvement est lancé en Allemagne, en Italie et en France. Pour les grosses sociétés cotées en bourse, Pékin est encore obligé de patienter et d’attendre des opportunités de déconfiture pour se présenter comme le chevalier blanc. C’est ainsi qu’il avait déjà pu s’emparer de Volvo Automobiles en 2010 et c’est ainsi qu’il s’empare de PSA maintenant. On peut gager que si récemment, Microsoft ne s’était pas présenté pour racheter la division téléphonie de Nokia, ce serait une entreprise chinoise qui aurait emporté la mise. Sauf à ce que le deal passé par Me Merkel avec la Chine soit remis en cause, il y aura beaucoup d’autres sociétés industrielles européennes cotées qui seront mangées par Pékin.

Doit-on avoir peur d'une main mise de la Chine sur nos entreprises ? Si oui, pour quelle raisons ?

Jean-François Di Meglio : Il faut surtout mettre la Chine en garde contre l’absence de réciprocité dans ce qui est toléré de part et d’autre. L’Europe ne met que peu de barrières aux investissements, alors que même des barrières peuvent parfois être source de dialogue, d’étapes à franchir. La Chine a mis dès le début des barrières, qui subsistent encore (dans l’assurance, la banque, les télécoms) qui freinent l’expansion des entreprises internationales sur son territoire. C’est aussi parce que la Chine n’a pas mis tous ses secteurs domestiques au diapason international et qu’une entrée des étrangers seraient dommageable (banque par exemple, et système financier), alors que nous nous sentons (parfois à tort) plus forts.

Antoine Brunet : Si on la laisse faire, la Chine continuera à s’approprier nos entreprises industrielles. Même si l’entreprise chinoise absorbante daigne maintenir sur place quelques unités de production, nos ex-entreprises industrielles cesseront de jouer leur rôle antérieur. Elles se trouveront filialisées et répondront à la stratégie de Pékin et plus du tout aux ambitions de notre collectivité nationale.

Comme par ailleurs nos PME industrielles et nos startups voient leur développement asphyxié par la sur-compétitivité qui émane des produits made in China, on ne voit pas comment pourra se maintenir notre tissu industriel à mesure que le capital chinois absorbe d’autres grandes sociétés cotées.

Peut-on dresser une typologie des reprises chinoises en Europe, et de ce qu'elles engendrent ?

Jean-François Di Meglio : Il y a au moins trois sortes d’investisseurs : le vin est souvent le fait (hors coopératives de Bordeaux rachetées par un groupe agro-alimentaire puissant en Chine) de Chinois enrichis qui « se font plaisir » comme pour l’immobilier. Par ailleurs, il y a aussi beaucoup de rachats « à la barre » d’entreprises en faillite qui offrent une plate-forme de redéveloppement (c’est l’équivalent de ce que la Chine a fait pendant une époque à Hong Kong en rachetant des coquilles vides cotées et y introduisant des actifs chinois, les fameux « backdoor listings »), et enfin il y a des initiatives de grands groupes chinois comme Blue Star, cité plus haut, le fonds souverain chinois investissant aux côtés de GDF Suez pour se développer dans des pays tiers. Il n’y a sûrement pas un seul type d’investisseur, et cette typologie est appelée à se diversifier.

Antoine Brunet : Outre l’industrie du tourisme, la Chine manifeste un intérêt majeur pour nos entreprises de l’alimentaire et du vin. On voit bien là encore le comportement prédateur qui inspire la Chine. Pour le vin, elle multiplie les acquisitions directes de domaines, particulièrement dans le bordelais. Pour l’alimentaire, il y a l’exemple très inquiétant des coopératives laitières. Si l’accord conclu par Synutra (Chine) avec celle de Bretagne (Carhaix) n’est à notre connaissance pas très inquiétant, celui conclu postérieurement par Boostime (Chine) avec celle de Normandie (Isigny) l’est beaucoup plus. La contrepartie chinoise a en effet subordonné son contrat d’approvisionnement à une entrée significative au capital de la coopérative, ce qui signifie qu’un jour, cette société chinoise pourrait facilement devenir propriétaire de territoires agricoles immenses et très fertiles situés sur notre territoire national.

Ce sont nos actifs les plus valables qui sont ainsi menacés d’être aliénés successivement à la Chine, à mesure que la France s’affaiblit en accumulant les déficits commerciaux avec la Chine. Les Marocains peuvent témoigner que, pour avoir laissé des intérêts français s’emparer de leurs actifs économiques les plus précieux, le Maroc a fini par perdre sa souveraineté et par devenir pendant 50 ans environ  un protectorat de la France.

Peut-on faire un parallèle avec le Japon, qui fut la superpuissance conquérante des années 80 ? La Chine peut-elle connaître le même sort ?

Jean-François Di Meglio : La Chine a étudié le Japon et en particulier ce qu’elle considère comme l’une des causes de son abaissement, à savoir l’imposition par les étrangers après les accords du Plaza d’un taux de change défavorable qui a suscité des bulles successives, génératrices de crises boursière, immobilière et financière au Japon de 1991 à une époque très récente.

Antoine Brunet : Le comportement du Japon des années 80 était exactement à l’opposé de celui actuel de la Chine. Face à une pénétration alors fulgurante des entreprises japonaises sur le marché mondial, les Etats-Unis et l’Europe avaient réussi à contraindre les entreprises japonaises exportatrices à délocaliser leur production aux Etats-Unis et en Europe, et cela sans que Tokyo s’y oppose.

C’est ainsi qu’on avait vu en particulier Toyota venir y construire des usines neuves (Toyota Valenciennes en France). Ces entreprises japonaises procédaient alors à de vrais investissements aux Etats-Unis et en Europe, y dynamisant l’activité industrielle et l’emploi.

A ce jour, on n’a vu ni Huawei ni ZTE, dont les parts du marché européen de la téléphonie et de l’équipement téléphonique progressent de façon fulgurante, venir construire des usines significatives en Europe. C’est à notre avis à tort que l’on considère que la participation de Dongfeng dans PSA constitue un investissement chinois en France. Il ne s’agit pas d’un investissement. Il s’agit d’une prédation, ce qui n’est pas la même chose.

 
Commentaires

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  • Par louis victor - 19/02/2014 - 08:30 - Signaler un abus predation

    vous résumez ce que le bon sens populaire a perçu depuis longtemps,le fameux peril jaune;finalement le recours est dans les partis souverainistes????

  • Par ISABLEUE - 19/02/2014 - 09:54 - Signaler un abus La Chine qui soutient la Corée du Nord....

    la France est tombée bien bas...

  • Par paté_Hennaf - 19/02/2014 - 10:00 - Signaler un abus La France et l'Europe a aussi

    La France et l'Europe a aussi vendu ses canards boiteux aux entreprises chinoises lors de la dernière décennie: les téléviseurs Thomson à TCL, les téléphones portables Alcatel à un groupe chinois, les téléviseurs Philips à un groupe Hong-Kongais, Rover et MG à SAIC, etc.. Mais depuis peu, les groupes chinois sont plus vigilants quand à l'entreprise à racheter. Concernant les fonds souverains, les pays détenant les plus imposants sont bien évidemment la Chine avec 1300 milliards de fonds souverains, mais aussi les Emirats arabes Unis, la Norvège aussi...( Cf Google, list of sovereign wealth funds)

  • Par Sniper - 19/02/2014 - 11:01 - Signaler un abus Prédation

    tout est dit dans ce seul mot. Comme nos dirigeants sont des imbéciles prisonniers de leur façon de voir les choses et confrontés à l'urgence et nos industriels ne valant guère mieux ils pensent en scellant une alliance commerciale avec la Chine s'en sortir la tête haute. Le Chinois est un joueur invétéré et nous nous ferons plumer. Nous reparlerons de PSA dans quelques temps quand ils seront entièrement sous contrôle. S'allier avec la Chine c'est comme aller à Münich avant guerre!!

  • Par golvan - 19/02/2014 - 11:22 - Signaler un abus Rappelons que Volvo, firme

    Rappelons que Volvo, firme propriété des Chinois et montrée comme une coopération réussie, vient de licencier le mois dernier plus de 2000 ouvriers, et il y a fort à parier que d'autres suivront car il est bien évident qu'un salarié suédois est forcément surpayé en regard d'un ouvrier chinois dévolu à exactement la même tâche. Il n'y aura bientôt plus qu'un vague siège social à Stockholm mais, la logique de la bourgeoisie (socialiste ou non) suédoise étant la même qu'en France et en Europe en général, aussi longtemps que cette bourgeoisie continuera de s'enrichir au passage, la presse occidentale qui lui appartient présentera la mondialisation comme allant dans le sens de l'Histoire et donc inéluctable. Au passage remarquons que Saab n'a pas été revendue par GM car aux yeux de GM les Chinois ne visaient que le rachat à vil prix de brevets. Remarquons pour terminer que contrairement au "Peugeot bashing" qui présentait depuis des mois cette firme comme décadente et ringarde, c'est cette entreprise qui déposait le plus de brevets en France que 'importe quelle autre firme nationale. Les Chinois sont des prédateurs, ni plus ni moins, et la bourgeoisie possédante occidentale les aide.

  • Par golvan - 19/02/2014 - 11:30 - Signaler un abus (suite)

    Et bien sûr c'est cette bourgeoisie cupide et stupide qui est à la tête de l'Europe, et qui vend un patrimoine européen multiséculaire pour un plat de lentilles. Cette bourgeoisie qui pistonne ses enfants vers les postes à prébendes prétend que seule la Recherche et Développement va permettre à l'Europe de regagner des emplois alors que ce sont de centaines de milliers d'emplois faiblement qualifiés que l'Europe a besoin pour résorber son chômage de masse et non de premiers de la classe qui par définition sont moins nombreux que les autres. Le terme "mondialisation" en économie évoque le terme de "déconstruction" dans le domaine des moeurs: dans les deux cas il s'agit d'une destruction, mais pour ne pas effrayer les naïfs ou les crétins on change de mot. Bienvenu dans le meilleur des mondes.

  • Par Jeanne1412 - 19/02/2014 - 12:58 - Signaler un abus JE VOUS RECOMMANDE LE REPORTAGE D ARTE

    "QUAND LA CHINE DELOCALISE EN EUROPE". - http://youtu.be/Y-OEqXZecH8 - Edifiant.

  • Par un_lecteur - 19/02/2014 - 14:54 - Signaler un abus Ah les méchants bourgeois !

    Méchants bourgeois qui vendent nos entreprises aux camarades - 同志 - de la république populaire de Chine. Dans le cas de PSA, il ne faut tout de même pas oublier que l'entreprise a été obligée d'abandonner un de ses principaux marches - l'Iran - par les USA et par GM qui avait alors 7 % du capital. Ce qui l'a mise en difficultés et obligée a une importante recapitalisation. A tout prendre, puisqu'il faut se vendre et qu'on ne trouve plus en France les capitaux nécessaires, autant des chinois qu'un fonds qatari. Parce que... "C'est une première en France: l'État français va créer un fonds d'investissement commun avec le Qatar dédié aux PME." http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/02/13/20002-20140213ARTFIG00072-la-france-signe-un-accord-strategique-avec-le-fonds-souverain-du-qatar.php Eh oui, l'état dirige par les camarades socialistes.

  • Par zelectron - 19/02/2014 - 15:20 - Signaler un abus la gangrène socialiste

    La France est le ventre mou des technologies européennes, la gauche en est responsable et ce, depuis longtemps, déjà du temps de l'union soviétique combien de secrets de fabrication ont été DONNÉS pour des raisons "idéologiques" par ses affidés !

  • Par ignace - 19/02/2014 - 17:49 - Signaler un abus Il n'y avait qu' a fusionner Renault et peugeot

    et les nationaliser pour en faire des ateliers nationaux ...????!!!!!!!!

  • Par Tonioo - 19/02/2014 - 19:04 - Signaler un abus Mondialisation chinoise: Hollande y croit

    - Hollande, content, peut aller se reposer, désormais il y aura beaucoup moins de chômeurs en..... Chine ! Sacré coup de billard politique! Et le Chevalier Bavard qui ne dit rien, a-t-il reçu l'ordre de la boucler ? Hollande donne les clés du laboratoire et de l'atelier français aux Chinois et les socialos ne montent pas aux barricades ? mais sont-ils encore patriotes français ou, comme disait déjà de Gaulle, des patriotes de l'étranger, qui comme Tillon à la Défense envoyait les plans militaires français en URSS par valise diplomatique ? Ohé les patriotes socialos! ils ne sont patriotes que quand c'est la droite qui gouverne ! Faut pas tout confondre !

  • Par la saucisse intello - 19/02/2014 - 19:48 - Signaler un abus @ Tonioo................

    Et plus prés de nous, n'oubliez pas fitterman qui fit de même dés son arrivée au ministère des transports. Mais bon, il ne faisait que servir sa patrie.........l'union soviétique.

  • Par Democrator - 20/02/2014 - 00:04 - Signaler un abus Peugeot vs Renault

    J'ai travaillé pour Renault à l'époque de Louis S. C'est lui qui a eu cette vision du "low cost", et a mis tout en oeuvre malgré de lourdes oppositions internes pour sa réussite. C'est lui qui a mis en oeuvre l'alliance avec Nissan. En revanche Carlos G. patron chez Nissan a contribué à la réussite de cette alliance à priori contre nature. Schweitzer a été un vrai patron industriel, un visionnaire. Pendant ce temps, la famille Peugeot cherchait à préserver ses 25% et ses 38% de droit de vote, sans aucune vision stratégique. Ils ont raté tous les segments porteurs : le monospace, le SUV,... Aucun des partenariats n'a été mis en oeuvre : BMW, GM... Alors aujourd'hui que cette entreprise soit gérée par des chinois, cela ne peut être que bénéfique ! Volvo va bien, Land Rover et Jaguar repris par des Indiens vont plus que bien... Les petites querelles de la famille Peugeot qui a été incapable de la moindre vision, de la moindre stratégie ne m'importent que peu. Ce qui me chagrine c'est de voir ce gouvernement de merde se croire obligé de mettre mon argent alors qu'il n''en ont pas pour préserver ce qui reste d'ego à cette pseudo dynastie d'industriels

  • Par un_lecteur - 20/02/2014 - 01:27 - Signaler un abus @democrator

    Peugeot a commis l'erreur de continuer a produire en France. Alors que Renault a beaucoup plus délocalisé. D'ailleurs si je me souviens bien Renault fait partie du groupe Renault-Nissan dont la holding de tête est a Amsterdam : Renault n'est plus une entreprise française, mais une filiale française d'un groupe étranger. Et c'est général, Peugeot était une exception : http://lesmoutonsenrages.fr/2013/11/27/le-fameux-cac-40-nest-plus-francais-les-fonds-etrangers-detiennent-les-34-du-capital/ Le mal est général, et date de bien avant la présidence de Hollande. Aux USA aussi, les chinois achètent des entreprises. http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/01/08/97002-20140108FILWWW00225-la-chine-a-double-ses-investissements-aux-usa.php Les chinois ont de moins en moins confiance dans le dollar, depuis que la Fed en fabrique par milliards tous les jours, et convertissent leurs dollars en biens reels.

  • Par golvan - 20/02/2014 - 10:10 - Signaler un abus @ un_lecteur

    Mon commentaire sur la bourgeoisie occidentale cupide et qui a une vision à court terme de ses intérêts est une évidence. Il suffit de constater que les fortunes se réalisent "hors sol" actuellement en Europe pour le comprendre. Et ceci n'a rien à voir avec le marxisme ou la lutte des classes, mais seulement avec la nature humaine. Pour le reste je suis d'accord avec une partie de vos interventions, en particulier lorsqu'on remarque que Renault est un société de droit néerlandais, et que le projet industriel est réalisé à l'étranger. Que reste-t-il alors de "français" dans cette société "française" ? La seule industrie qui peut contribuer à la survie de la France et d'une partie du modèle social, même imparfait et trop redistributeur, est une industrie implantée sur le sol national et qui contribue aux prélèvements sociaux. Le reste est de l'enfumage. Toyota à Valenciennes oui, Renault en Roumanie non. Si les nations n'existent plus qu'on supprime alors impôts et prélèvements français, et forcément la classe politique qui va avec. Pour l'instant cette utopie dangereuse mène les états européens à leur perte (le tour de l'Allemagne viendra), au seul profit de la Chine.

  • Par golvan - 20/02/2014 - 10:21 - Signaler un abus @ democrator

    Votre exemple de Volvo est un parfait contre exemple. Avec plus de 2000 licenciements en Suède au mois de décembre, avant ceux qui vont fatalement suivre, Volvo ne va plus longtemps être suédois et les voitures ne seront plus construites en Suède. Il restera le nom, un peu comme Ikéa qui nous vend du suédois fabriqué partout dans le monde où les salaires sont plus faibles qu'en Suède. Quant à Jaguar possédé par Tata, c'est une marque minuscule qui ne produit que peu de véhicules et qui appartenait précédemment aux Américains. Vous auriez pu aussi parler d'Aston Martin. En ce qui concerne Renault: qui connaît actuellement le modèle "haut de gamme" de Renault ? Le passé n'est pas si loin où la sortie de la Safrane était un événement, ou celui de la R25. Actuellement le modèle "haut de gamme" est fabriqué en Corée. C'est tout un symbole, et un triste symbole. Mais il est vrai qu'à accepter la loi du plus fort, qui est la loi de la jungle, il n'y a plus que les forts qui gagnent. La mondialisation est une triste farce.

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Antoine Brunet et Jean-François Di Meglio

Jean-François Di Meglio est président de l'institut de recherche Asia Centre.

Ancien élève de l'École normale supérieure et de l'Université de Pékin, ilenseigne par ailleurs à l'IEP Lyon, à l'Ecole Centrale Paris, à HEC ParisTech, à l'École des Mines Paris Tech et à Lille I.

Antoine Brunet est économiste et président d’AB Marchés.

Il est l'auteur de La visée hégémonique de la Chine(avec Jean-Paul Guichard, L’Harmattan, 2011).

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