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Quand l’automobile va, tout va

Après plusieurs années de vieillissement du parc, un processus de modernisation semble engagé à travers l'Hexagone. Les groupes français tirent profit de la croissance du marché.

"En voiture, Simone !"

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Quand l’automobile va, tout va

Carlos Ghosn, à la tête de Renault-Nissan, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, et le maire de Dieppe, Sébastien Jumel Crédit CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Au mois de juillet, en France, les immatriculations de voitures particulières neuves ont progressé de 18,9 % sur un an, selon des chiffres provisoires publiés par le Comité français des constructeurs automobiles (CCFA). Après plusieurs années de vieillissement du parc, un processus de modernisation semble engagé. L’âge moyen des véhicules est de 9 ans en France quand il n’était que de 8,2 ans en 2013 (6,7 ans en 1992). Le recours croissant à la location de longue durée chez les particuliers concourt à cette évolution.

En effet, ces locations durent en moyenne entre 3 à 4 ans. La rotation des véhicules est plus rapide qu’en cas d’achat, les Français conservant en moyenne leur voiture plus longtemps. 

Les groupes français tirent profit de la croissance du marché. En effet, ils ont enregistré une augmentation de leurs immatriculations de 23 %, contre 14,5 % pour les firmes étrangères. 
 
Depuis le début de l’année, un peu plus de 1,36 million de voitures ont été immatriculées en France, soit une hausse de 6,3 % par rapport à la même période en 2017. Sur ces sept derniers mois, les parts de marché des constructeurs français atteignent 57,8 % (en progression de 13,3 %), tandis que les marques étrangères baissent légèrement de 2 %.
 
Ces bons résultats du marché français ne se matérialisent pas au niveau de la production. En effet, au sein de l’Union européenne, le marché français est atypique. Il est dominé par le segment des petites voitures. Les citadines et modèles à bas prix représentaient 55 % du marché sur les six premiers mois de 2018, selon le CCFA. Ce poids est en augmentation constante depuis plusieurs années. En Europe, ce segment ne pèse que 42 %. En France, le marché est dominé par les ventes de la Renault Clio (5,9 % du marché) et de la Peugeot 208 (4,7 %). Les voitures « moyennes supérieures » ne représentent que 13 % du marché contre 19 % en Europe. Les véhicules de haut de gamme sont réduits à la portion congrue (5 % contre 13 % en Europe). Le prix de vente moyen dans l'Hexagone est de 26 717 euros, contre 30 350 euros en Allemagne selon la Deutsche Automobil Treuhand. Le marché des petits véhicules est très concurrentiel et à petites marges pour les constructeurs. Pour maintenir leurs positions, les groupes français ont été contraints de délocaliser (Espagne, Slovaquie, République tchèque, Roumanie, Turquie, Maroc).
 
La préférence des Français pour les citadines et les modèles bas de gamme s’explique par le poids de la fiscalité qui pèse sur les véhicules, le coût de carburant et l’évolution du pouvoir d’achat. Le marché du haut de gamme se limite aux voitures de fonction des grandes entreprises. Cependant les contraintes économiques et environnementales ont incité les entreprises à revoir leur politique en matière d’attribution de voitures, ce qui a réduit un peu plus ce segment sur le marché français. 
 
 
Commentaires

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  • Par ANDREMAR - 06/08/2018 - 11:05 - Signaler un abus Calcul !

    Expliquez-moi comment avec 2 choix à résultat constant (100%) l'un augmente de 13% et l'autre ne baisse que de 2% ?

  • Par Anouman - 06/08/2018 - 12:39 - Signaler un abus Progression

    Andremar on nous dit que le marché a progressé. Donc la progression a été plus favorable aux constructeurs français d'où l'augmentation de leur part relative de marché.

  • Par Anouman - 06/08/2018 - 12:41 - Signaler un abus Bas de gamme

    C'est certain qu'en France avec les taxes CO2 exorbitantes ça ne donne pas envie de prendre des véhicules haut de gamme. Sur certains il est probable que le malus écologique est supérieur à la marge du constructeur.

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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