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Prise de Fallouja : Al-Qaïda reprend-il durablement pied en Irak ?

La ville irakienne de Fallouja, bastion de la résistance aux forces américaines en 2003, vient de tomber aux mains de l'Etat islamique en Irak et au Levant, une filiale d'Al-Qaïda. En plein désengagement américain, cette prise revêt une portée symbolique et stratégique particulièrement forte.

Eternel recommencement

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Prise de Fallouja : Al-Qaïda reprend-il durablement pied en Irak ?

Aidée par des tribus locales, l'armée irakienne a lancé une offensive dans la province d'Anbar pour tenter d'en déloger des rebelles sunnites affiliés à Al-Qaïda cherchant à prendre le contrôle de l'ouest de l'Irak. Crédit Reuters

Atlantico : D’après un responsable de la sécurité irakienne, Al-Qaïda aurait pris le contrôle total de la ville de Fallouja. La présence des combattants islamistes dans la ville est-elle durable ? Ont-ils les moyens de faire face à une contre-offensive irakienne ?

François Géré : Sur un plan strictement militaire, certainement pas. Et les responsables jihadistes le savent bien.

Le gouvernement irakien a reçu des moyens militaires, notamment des hélicoptères de combat qui permettront de détruire les combattants retranchés à Fallouja. La résistance sera forte  pour s’affirmer au niveau  symbolique mais les combattants se disperseront avant d’être écrasés.

Le problème est tout autant lié à la légitimité de leur présence par rapport à un gouvernement discrédité.

La valeur de cette prise est-elle davantage symbolique que stratégique ? En plein processus de désengagement américain, quel message l’organisation islamiste fait-elle passer ?

Cette prise, même temporaire, de Falloudja est hautement symbolique. Cette petite ville fut un des hauts lieux de la résistance sunnite à l’armée américaine. Pour les jihadistes du Moyen Orient c’est une référence et une fierté. Ceci dit, la situation sur le terrain est infiniment plus complexe en raison du jeu des intérêts locaux. Disons que le gouvernement central a fait l’unanimité contre lui. Les tribus sunnites qui avaient contribué à la destruction d'Al-Qaïda à l’époque du chef Al Zarqawi, lui-même éliminé en 2006, ont repris les armes, certains du côté d’Al-Qaïda, d’autres en faveur du gouvernement sous promesse d’un rééquilibrage politique.

Le message est clair : les Américains sont partis. Nous avons vaincu. Nous allons réorganiser la région conformément à nos objectifs. C’est extrêmement ambitieux et arrogant. C’est aussi très aventureux. Plus ces groupes montent en puissance, plus ils s’implantent et sortent de l’ombre, plus ils constituent des cibles militaires mais aussi des épouvantails politiques. Les Irakiens, dans leur majorité, ne souhaitent pas vivre sous la dictature de la sharia.

Ce coup d’éclat témoigne-t-il d’une montée en puissance de l’organisation dans la région ? Quelle pourrait être la suite des événements en Irak ? Le gouvernement chiite pourrait-il être déstabilisé, voire renversé ?

Considérons deux catégories d’explications :

La première est interne. Depuis près de deux ans le gouvernement de M. Maliki accumule les erreurs politiques et les insuffisances de gestion économique. La production pétrolière stagne, apportant quand même des revenus substantiels, mais injustement répartis. Le pays est mal administré, la corruption est de retour. Le citoyen ordinaire, quelle que soit sa confession ou son appartenance ethnique, est las de cette situation. La seule zone cohérente, convenablement administrée est le pays kurde au Nord.

La seconde est liée à la guerre civile syrienne. Elle a permis aux jihadistes de tirer parti de la porosité quasi absolue de la frontière entre les deux pays, en plein désert. Les combattants, les armes circulent en toute impunité, alimentés par ces Etats qui soutiennent les adversaires les plus radicaux d’Assad et qui ne seraient pas mécontents d’une modification de la situation politique en Irak.

 
Commentaires

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  • Par evy - 05/01/2014 - 09:52 - Signaler un abus Ils pourront dire merci à Busch

    ceux qui sont Irakiens modérés et non islamistes , car Busch est venu tuer leur protecteur Sadam Hussein. L'actuel dirigeant n'aura pas la force nécessaire pour maintenir le pays en paix. Tant que les occidentaux se mêleront des guerres de religions ils sèmeront le chaos. (voir autrefois l'Iran et maintenant la Syrie)

  • Par kermitt - 05/01/2014 - 10:38 - Signaler un abus Ils pourront Busher les Américains.

    Par haine et esprit de vengeance, double Bush avec l'accord des communautés occidentales, voulait casser la figure à la récré à sa dame, conscient que derrière ce serait une politique ancestrale islamiste qui dirigerait ce pays. Bush s'en tape, comme Sarko en Lybie, Hollande en Afrique de l'ouest et centrale. Car avant de faire le beau, pour ce qui concerne la France, il faut avoir les moyens. On a soutenu l'assassina de Chaousescou, dénigré la politique de Tito et pan ! les Balkans se sont enflammés et on continu avec l'Afrique.

  • Par Vautrin - 05/01/2014 - 11:28 - Signaler un abus Sauf que...

    Saddam, aux abois, a fini par essayer de donner des gages aux islamistes radicaux. De toute manière, il présentait un danger géostratégique. Le problème est que l'on a utilisé le bulldozer pour écraser des fourmis qui ont par ailleurs des refuges. L'autre problème étant, évidemment, celui du pétrole, et il durera tant que l'on aura pas développé des sources d'énergie sérieuses (je ne parle ni des gadgets éoliens ni des gadgets solaires). Mieux vaudrait laisser les ruffians religieux mal embouchés s'exterminer entre eux, derrière un cordon sanitaire, mais ce n'est qu'une vue de l'esprit.

  • Par Bestfriend - 05/01/2014 - 14:29 - Signaler un abus Fallait pas tirer dans le dos des américains, les néo-collabos !

    Quels commentaires débiles. C'est tellement facile quand on n'a rien fait de sa vie sinon de la médisance. Bush a surtout eu tort de surestimer la nature humaine, surtout dans les démocraties comme les nôtres aujourd'hui peuplés de lâches. En Syrie, les américains se sont totalement abstenus et on peut voir que le résultat est pire qu'en Irak, et que justement il contribue à destabiliser un Irak qui dans pas mal de régions était relativement sûr (en tous cas, moins de morts violentes que dans le Vénézuela de Chavez). Or, Saddam était déjà 100 fois pire que la famille Assad qui tolérait une opposition, et plus proche sans doute de la famille régnante en Corée du Nord dont on a pu apprendre récemment à quel point ils étaient capables de tout. Moi, je préfère un nouveau Churchill comme Bush qu'un nouveau Pétain comme De Villepin et compagnie.

  • Par smiti - 05/01/2014 - 18:51 - Signaler un abus kermitt

    a la mémoire courte, il faut la lui rafraichir. Après la 1ière coalition en 90, c'est Bush père qui a sifflé la fin de la récréation, avant de démettre Saddam. La presse européenne (surtout française) s'est répandue en vomi contre ces américains qui condamnaient à mort les minorités irakiennes. C'est effectivement ce qui c'est passé, plus de 1,5 million de morts (kurdes et chiites), dont de nombreux gazés, entre 1991 2001. La presse ne cessait d'en parler pour entretenir l'émotions dans l'opinion publique. En 2002, Bush fils, entre temps bien flingué par les médias pour faits de droitisation manifeste, ce qui est le crime suprême pour tous ceux qui entendent diriger les consciences, a simplement voulu "finir" le travail en renversant ce même Saddam. Mais voilà, quand on est viscéralement de gauche on se plie aux injonctions des médias. Donc pour eux, seul le discrédit de G.W. Bush compté. Tant pis pour les morts (en pertes et profits) et tant pis pour les opinions qu'ils affichaient avant. La mémoire courte je vous dis.

  • Par Anemone - 05/01/2014 - 20:21 - Signaler un abus Est ce mal pensant?

    Car je me fiche comme d'une guigne que les islamistes s'entre tuent chez eux. . De toute façon, ces gens là ne connaissent que la violence, n'arrêtent pas de se battre, de s'égorger dans tous las pays où cette paix et cette tolérance dont ils nous rabattent les oreilles, est instaurée. . Tant qu'ils se massacrent entre eux, nous avons la paix chez nous. C'est sans aucun doute égoïste, mais j'en ai ras le bol (et l'expression est faible) de ces infos sur ces combattants qui ne pensent qu'à s'étriper pour un dieu ou un prophète qui est censé être le même mais dont les successeurs sont considérés par les uns ou les autres comme un usurpateur.

  • Par ignace - 05/01/2014 - 20:28 - Signaler un abus Bestfriend ...c'est quoi cette salade

    le meilleur de la tirade :Moi, je préfère un nouveau Churchill comme Bush qu'un nouveau Pétain comme De Villepin et compagnie. il faut respirer entre deux phrases, c'est bon pour l’oxygénation du cerveau

  • Par andromede - 05/01/2014 - 21:49 - Signaler un abus Et grâce à qui????????

    Les pourritures du gouvernement américain!!

  • Par winnie - 06/01/2014 - 08:57 - Signaler un abus Combien ?

    de milliards de dollar dépenser pour rien et de vies humaines perdues pour le retour a l'obscurantisme? Pour une fois Chirac n'a pas fait de connerie en ne suivant pas les américains

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François Géré

François Géré est historien.

Spécialiste en géostratégie, il est président fondateur de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et chargé de mission auprès de l’Institut des Hautes études de défense nationale (IHEDN) et directeur de recherches à l’Université de Paris 3. Il a publié en 2011, le Dictionnaire de la désinformation.

 

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