Prime
Le jeu des 1 000 euros
Dans un discours prononcé ce mardi dans les Ardennes, Nicolas Sarkozy a réaffirmé sa volonté de mettre en place une prime de 1 000 euros pour les salariés d'entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires. Une usine à gaz supplémentaire ?
Le gouvernement français considère encore que le pouvoir d’achat se décrète arbitrairement. Nicolas Sarkozy a bien su s’augmenter royalement en début de mandat, ce n’est pas plus compliqué que ça après tout. Par ailleurs, la classe politique raisonne selon une logique à très court terme, dictée par la courbe des sondages : 2012 c'est déjà le long terme.
Le rôle des ministres se limite donc à distribuer de l’argent rapidement en masquant les effets plus lents de ce prélèvement sur les victimes. Enfin, le processus décisionnel porte la marque de fabrique du gouvernement actuel : improvisé et se traduisant par une succession de cafouillages.
Gaz à tous les étages au gouvernement
L’annonce de la prime obligatoire de 1.000 € par le ministre du Budget François Baroin, apparemment prise sans concertation, a été ensuite démentie par la ministre de l’Économie : "Je ne pense pas qu'on puisse donner [à la prime] un caractère obligatoire dans son montant". "Mais si !" a immédiatement martelé Xavier Bertrand, qui s’est alors emparé du sujet pour l’enrichir. La prime sera obligatoire, mais négociée par les partenaires sociaux ET destinée aux entreprises aux dividendes en augmentation.
Saisis chacun par une logique économique mystérieuse, profonde et imparable, ces dirigeants ont transformé le projet initial, idiot mais simple, en usine à gaz toxique sous le regard effaré d’entrepreneurs ne sachant plus à quel saint se vouer.
Quand une entreprise marche bien, taxez-la. Si elle marche encore, réglementez-la. Si elle va mal, subventionnez-la.
Le projet ne concerne que les 30 % d’entreprises en état de verser des dividendes, essentiellement de grande taille. Vous savez, celles qui bénéficient d’aides pour les 35 heures, de la défiscalisation des heures supplémentaires et d’autres bonus sur mesure. Elles versent déjà des primes à leurs salariés, notamment la prime de participation obligatoire pour les entreprises bénéficiaires. Il est probable qu’elles sauront amortir ces 1 000 € en limitant les hausses salariales et les primes à venir.
Les 16,4 % de PME à verser des dividendes, elles, le font dans des proportions plus faibles que les grandes entreprises. Auront-elles la capacité financière de verser ces 1 000 € à leurs salariés ? Cette mesure unilatérale, inadaptée au tissu d’entreprises extrêmement varié, avantagera un peu plus les grands groupes au détriment des petites entreprises déjà surchargées. Peut-être au point de mettre en difficulté certaines d’entre elles.
L’herbe n’est peut-être pas plus verte ailleurs ; mais au moins, il y a de l’herbe
Cette nouvelle contrainte étatique est porteuse d’un autre danger. Elle spolie les actionnaires d’une partie de leurs revenus légitimes. Ils ont investis leur épargne patiemment accumulée dans des entreprises dont la mission consiste à prendre des risques pour créer de la richesse. Cette prime obligatoire va peser sur leurs résultats, mais aussi accroître davantage leur sentiment d’instabilité de leur environnement économique.
C’est préjudiciable pour leurs prévisions de croissance et de développement. Cette charge menace donc un peu plus notre territoire d’une réduction de l’investissement des entreprises françaises ou étrangères. Elle ouvre la voie aux liquidations d’entreprises souhaitant délocaliser leur production vers des cieux plus cléments et moins instables.
La productivité française, victime collatérale de nos salaires et primes encadrés
A cette prime imposée, il faut ajouter les salaires encadrés. L’augmentation annoncée du Smic va entraîner une hausse mécanique du salaire pour 40 % des salariés dont le revenu est indexé sur cet artifice. Hausses des salaires et primes obligatoires : rien n’est fait pour freiner la dégradation de notre compétitivité.
L’exemple allemand montre que c’est au contraire la modération salariale qui permet la reprise économique et l’amélioration du marché de l’emploi. Après seulement pourront venir les augmentations salariales, permises entre autres par le moindre coût des allocations chômage et du RSA. Le gouvernement nous place dans la direction opposée. Une fois de plus, ce sont les Français qui paieront la facture de ces mesures improvisées dans la confusion et sans réflexion sur leurs conséquences nocives pour l'emploi et la croissance.
Aurélien Véron
Aurélien Véron est président du Parti libéral démocrate.
Il est aussi membre du bureau de Réforme et Modernité, association présidée par le député Hervé Mariton. Depuis septembre 2008, Aurélien Véron a lancé les campagnes suivantes : lutter contre la dette en réduisant la dépense publique, baisser la pression fiscale pour libérer la croissance, introduire la capitalisation dans la réforme des retraites.


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Pendant que les commentateurs nous annoncent à longueur d'éditoriaux pathétiques que la droite "braconne sur les terres du FN" du simple fait de formules lapidaires, personne ne voit que la majorité persévère dans les faits, au contraire, et depuis 4 ans, à mener des politiques toujours plus socialisantes (RSA jeunes, suppression du bouclier fiscal, plus de 20 nouvelles taxes depuis 2007, etc.)
Je ne savais pas qu'il existait des bons d'OAT de 1000 euros ! J'espère que, pour ceux qui les toucheront, il y aura le taux d'intérêt marqué dessus, et la maturité aussi, pour savoir si on a le temps de le mettre sur un contrat d'assurance vie ou même pas
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