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Pourquoi Theresa May a tant de mal à mettre en oeuvre le Brexit

Lettre de Londres mise en forme par Edouard Husson. Nous recevons régulièrement des textes rédigés par un certain Benjamin Disraeli, homonyme du grand homme politique britannique du XIXe siècle.

Disraeli scanner

Publié le
Pourquoi Theresa May a tant de mal à mettre en oeuvre le Brexit

 Crédit DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

 
Londres, 
17 juin 2018
 
Mon cher ami, 
 
Encore un numéroi de funambulisme qui finit bien
 
Theresa May vient encore de réussir un de ces numéros de funambule dont elle semble avoir le secret. Mardi, tout le monde la voyait perdue, condamnée à se soumettre aux Remainers de son parti. Les Lords, en votant la loi qui permettra le Brexit, avaient inclus un amendement qui prévoit que le Parlement restera maître du jeu si aucun accord n’est signé à Bruxelles - il s’agit de garantir dans tous les cas un soft Brexit et, même, pourquoi pas, d’ouvrir la voie à un nouveau référendum.
Une parti des députés conservateurs de la Chambre des Communes était prête à voter l’amendement. Et pour bien signifier leur détermination, Philipp Lee, ministre de la Justice, avait démissionné du gouvernement, pour être libre de voter coimme il l’entendait. De quoi exposer la ligne de défense du premier ministre à Bruxelles. Mercredi, Theresa May a pourtant convaincu les Remainers conservateurs de la Chambre des Communes de ne pas voter l’amendement en question. Cela s’est passé au terme d’une véritable tragicomédie: on a vu les députés concernés braquer les regards de tous en faisant tout pour ne pas attirer l’attention lorsqu’ils quittaient la Chambre pour aller s’entretenir secrètement avec le Premier ministre. Madame May a garanti à nos indiscrets conspirateurs qu’ils auraient un droit de regard sur le texte final d’accord avec Bruxelles. Un nouvel amendement a été rédigé, qui devrait être voté sans peine par les Lords puis par les Communes puisqu’il est d’une ambiguïté poussée. Une fois de plus, Madame May sort gagnante.  Mais, comme toujours, ce fut bien laborieux. 
 
Ne pourrait-elle pas se rendre la tâche plus facile? Comment se fait-il que nous autres partisans du Brexit devions redouter, quasiment à chacune de ces étapes, qu’elle n’y arrive pas? Est-ce parce que maintenir des Brexiters et des Remainers dans le même gouvernement est de fait très difficile? Est-ce parce que la Commission Européenne négocierait particulièrement durement, bien plus que prévu, les conditions d’une sortie de l’Union Européenne? Est-ce parce que Madame May n’est pas tout à fait la femme de la situation? Il peut y avoir du vrai dans tout cela mais cela ne suffit pas à expliquer : bien des hommes politiques se briseraient les dents sur la situation actuelle car la question ne concerne pas seulement la conjoncture ni les convictions politiques des uns et des autres mais les choix stratégiques qu’il s’agit de faire.       
 
Tant que la Grande-Bretagne restera libre-échangiste, elle ne trouvera pas de parade efficace à la mentalité Remain
 
Au fond, la première préoccupation de Theresa May, qui rejoint en cela les Remainers est de maintenir l’appartenance de la Grande-Bretagne à une zone de libre-échange avec l’Union Européenne.  Depuis qu’elle a pris ses fonctions, le Premier ministre a passé un temps non négligeable à essayer de convaincre un certain nombre de pays extra-européens de l’occasion qui se présentait de signer des accords de libre-échange avec son pays. Partout elle a rencontré un scepticicisme plus ou moins poli, en particulier en Inde. Le Royaume-Uni ne représente pas, en nombre d’habitants, un marché qui puisse intéresser les pays émergents au point qu’ils prennent le risque de rendre difficile leurs relations commerciales avec l’Union Européenne en signant d’ores et déjà avec la Grande-Bretagne. Et puis l’UE n’a-t-elle pas raison, au fond, de rappeler que son fonctionnement présuppose un certain nombre de normes partagées pour accéder au libre-échange? Or, l’essentiel du Brexit consiste en la volonté de rendre toute sa souveraineté législative au Parlement de Westminster. 
 
Une position britannique cohérente, me semble-t-il, consisterait à dénoncer le libre-échangisme qui a largement causé la désindustrialisation de la Grande-Bretagne.  Et à donner la priorité, désormais, à la reconstitution du tissu industriel du pays, non pas pour préserver l’existant mais pour créer les bases d’une grande puissance de la troisième révolution industrielle. Comme le disait Benjamin Disraëli l’Ancien, il ne s’agit pas de défendre le protectionnisme pour lui-même mais d’introduire un principe de réciprocité dans les relations commerciales. Ce que notre Premier ministre ne semble pas comprendre, c’est que le référendum sur l’Union Européenne fut aussi un référendum sur la mondialisation. Notre pays fut pionnier dans l’introduction du néo-libéralisme. Il a gagné à la politique de Margaret Thatcher une croissance extraordinaire de la richesse nationale, le fait d’abriter le deuxième centre financier de la planète au coeur de l’une des très grandes métropoles mondiales. Il y a perdu, largement en cohésion sociale et en puissance industrielle. La Grande-Bretagne est aujourd’hui traversée par les inégalités sociales; elles se lisent dans la géographie au point de rendre difficile le maintien de l’unité du Royaume. 
 
Tout aurait dû pousser Madame May à tenir bon sur les lignes qu’elle avait indiquées dans ses premières déclarations de l’été 2016, où l’on voyait s’esquisser une authentique préoccupation de réindustrialisation du pays. Puis, à l’automne, Donald Trump fut élu........
 
Ce politiquement correct qui paralyse Theresa dans ses relations avec Donald
 
.... et Theresa May a, de fait, pris ses distances d’avec un programme authentiquement conservateur.  Nous l’avons vu lors du dernier sommet dit du G7: il n’y a pas eu d’entretien particulier entre le président américain et le Premier ministre britannique. Après le sommet de La Malbaie, le Premier ministre britannique a tenu à se solidariser avec Emmanuel Macron, Justin Trudeau et Angela Merkel en affirmant son attachement au communiqué final rejeté par le président américain. Peut-on imaginer position plus absurde? Angela Merkel est largement responsable de l’attitude « punitive » que l’UE entend adopter vis-à-vis de la Grande-Bretagne dans les négociations sur le Brexit.  Emmanuel Macron refuse obstinément d’adoucir la position allemande - manquant l’occasion historique de placer la France en position de médiatrice entre la Grande-Bretagne et l’UE. Quant à Justin Trudeau, il représente la quntessence du libéral; bien que sujet de Sa Majesté, il devrait représenter tout ce que Theresa May s’efforce de rejeter si elle veut ressourcer le parti conservateur. Eh bien notre Premier Ministre préfère s’allier à tous ces gens qui ne lui veulent aucun bien alors qu’elle aurait la possibilité de reconstituer, avec Trump, au nom du conservatisme, l’entente que Margaret Thatcher avait tissée avec Ronald Reagan pour faire gagner leur renouveau libéral. 
 
Mais non, c’est plus fort qu’elle. Le Premier Ministre révèle, de par ses réactions vis-à-vis de Trump, qu’elle n’a pas pris toute la mesure du tournant conservateur à effectuer. Le président américain pourrait pourtant l’aider: lui qui fait du fair trade, du commerce juste, son cheval de bataille retrouve une position qui fut celle de Benjamin Disraëli l’Ancien. Surtout, Theresa May ne se rend pas compte qu’au moment où l’hôte de la Maison Blanche fait de l’Allemagne sa principale cible en Europe et où Emmanuel Macron ne saisit pas les occasions que crée le tournant historique en cours, elle a la possibilité de se réaffirmer comme l’alliée privilégiée des Etats-Unis. Ensemble, les deux pays pèsent énormément pour renégocier des accords commerciaux. La communauté des pays de langue anglaise surgit toujours dans les moments de grand changement. Trump peut avoiir intérêt à faire basculer le Commonwealth dans sa perspective commerciale; tout comme Theresa May y retrouver de l’influence grâce à l’alliance américaine. Modi, le Premier ministre indien recevrait certainement avec plus d’égards la représentante de la Grande-Bretagne si celle-ci apparaissait coimme l’alliée indéfectible des USA. 
 
Bien entendu, il est difficile de demander aux Britanniques d’abandonner le dogme du libre-échange. Mais le pragmatisme n’est-il pas une vertu éminente de la politique britannique? Or Theresa May apparaît bien peu pragmatique sur la question commerciale. Et, plus généralement, dans ses relations avec Donald Trump. J’ai bien remarqué qu’elle entend prendre ses distances vis-à-vis de la politique étrangère du président américain:pas de rapprochement avec la Russie! Pas de mise en cause de l’accord signé avec l’Iran sur le nucléaire. Je vois bien aussi que le Premier ministre britannique entend absolument se distancier de la fermeté du président américain sur les questions d’immigration. Ce n’est pas seulement une question de forme - Trump gagnerait à éviter certaines vulgarités récurrentes Au fond, je ne suis pas convaincu que Theresa May, au-delà de la fermeté qu’elle a pu montrer lorsqu’elle était ministre de l’Intérieur, soit convaincue que l’islamisme est un ennemi aussi dangereux et aussi subversif que le fut le communisme il y a trois-quarts de siècle pour les sociétés occidentales. 
 
Si Theresa May s’en sort, ce sera uniquement dû aux circonstances et aux décisions prises par d’autres
 
Oui, je l’avoue mon cher ami, j’aimerais un Premier ministre qui portât plus haut les couleurs du Parti conservateur. Je passe des nuits blanches avec mes amis députés du parti conservateur pour permettre à Madame May de maintenir tant bien que mal le cap. Mais j’aimerais mieux savoir que tout est maîtrisé sur le front parlementaire et pouvoir parcourir le pays pour préparer le souhaitable raz-de-marée conservateur des prochaines élections. Ou bien j’aimerais visiter différents pays du Commonwealth pour les convaincre du bien-fondé de notre politique. Je crains bien, cependant, d’être condamné, jusqu’à la fin du Brexit, à rester dans un périmètre proche de Westminster, pour aider mes amis à éviter le pire. 
 
Le gouvernement britannique fait penser à un équipage embarqué sur radeau. Le 10 Downing Street vogue sur une mer pour laquelle il n’est pas bien équipé. Sa chance, c’est que la mer parlementaire est restée relativement calme, malgré quelques frayeurs. Mais justement, Theresa May fait ce que l’un de vos cardinaux du Grand Siècle, je ne sais plus si c’est Richelieu ou Retz, considérait comme la faute politique par excellence: s’en remettre aux circonstances. Il est bien probable que le Brexit soit sauvé par le courage politique des Italiens et la lente agonie du gouvernement Merkel. Il viendra un moment où l’Union Européenne sera si mal en point que l’idée de faire revoter les Britanniques - idée que continuent à caresser certains chez nous et beaucoup sur le continent - deviendra grotesque. Croyez-vous que nous aurons envie d’entrer dans un ensemble dont le coeur, intégré par la monnaie, prend l’eau de toute part, et dont les élites veulent contre tout bon sens maintenir les accords de Schengen, alors qu’ils ont fait la preuve de leur inefficacité? 
 
Evidemment, j’aimerais une Theresa May qui s’appuie sur les forces profondes en train de se déployer: en particulier l’aspiration des individus et des peuples à être des entrepreneurs de leur destin dans un monde bouleversé par la révolution numérique. Nous devrons, je crois, nous contenter d’épouser les méandres opportunistes de sa politique - en faisant le pari que la crise de l’UE pourrait bien être plus rapide à venir que le Brexit à se conclure. 
 
Bien fidèlement à vous 
 
Benjamin Disraëli
 

 

 
Commentaires

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  • Par excalibur2016 - 18/06/2018 - 10:28 - Signaler un abus Il faut être aveugle

    Pour ne pas comprendre que le Parlement Européen fait tout pour invalider le vote des Britanniques. Cela ne vous rappelle rien ??

  • Par kelenborn - 18/06/2018 - 11:39 - Signaler un abus Oui

    Très bien mais ...n'était ce pas Churchill qui disait: "entre l'Europe et le grand large, l'Angleterre choisira toujours le grand large" Mais , Churchill , comme tous les conservateurs, avait toujours un oeil derrière lui...la posture du RU est délicate: Il a choisi le grand large ( en fait de quitter le radeau pourri de la Merduse") mais...on n'est plus aux temps de la gloire de l'empire ! Le RU est désindustrialisé comme l'est la France et il est entre Charybde et Scylla ! le libre échange c'est la poursuite de la marche vers le sous-développement caractérisé par ces sociétés de services féminisées incapables de garnir la table et de créer un toit. La protection c'est la dépréciation de la livre , donc une période de vache maigre liée au renchérissement des importations aussi longtemps que le pays ne se sera pas réindustrialisé! Dur Dur mais, aux moins, eux le savent! Les crétins de Frogs partagés entre le roitelet Macroléon et ses frasques, les invitations au jeûne ( surtout pour les autres) de Fillon et les élucubrations de Melenchon dignes du baron de Munchhausen ....sont bons pour ce qu'ils méritent: l'abattoir: Pour les âmes sensibles,l'étourdissement a déjà eu lieu

  • Par ajm - 18/06/2018 - 14:34 - Signaler un abus Causes de la désindustrialisation.

    Kelenborn. Deux remarques sur vos propos. Sur le libre-échange et la désindustrialisation on peut noter que des pays comme l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse et la Suède , par exemple , sont des partisans avérés de la liberté des relations commerciales et financières entre nations, pour autant ils ont gardé ( et comment!) leur industrie. Sur les services "feminisees" , la City, capitale des services financiers, du négoce, de l'assurance et de tous les services "maritimes" en général, est restée très ostensiblement masculine et même très macho pendant très longtemps, et le demeure encore à bien des égards, malgré les critiques féministes. En réalité la désindustrialisation a de multiples causes, culturelles, fiscales, monétaires etc...

  • Par kelenborn - 18/06/2018 - 15:17 - Signaler un abus Non AJM

    Les pays que vous citez n'ont pas gardé leur industrie; c'est un trompe l'oeil! la population employée dans l'industrie en Allemagne est effectivement de 10 points supérieure à celle de la France mais, c'est simplement parce que l'essentiel du produit est élaboré en Europe de l'Est notamment, les entreprises allemandes traitant le produit quasi fini! Sinon, on voit difficilement comment l'activité industrielle allemande pourrait réaliser à elle seule un excédent égal à 8% du PIB ! Quant à la City, vous avez raison mais..... c'est avec le tourisme et les transports une des rares activités de services qui exportent ! En revanche, les activités de services qui n'exportent rien et nourrissent donc uniquement des importations sont....hyper féminisées. Pas seulement la fonction publique mais aussi les services médicaux, la distribution. Si je devais rédiger un manifeste masculiniste, je le commencerais par la! Le déclin des économies occidentales va de pair avec une multiplication d'emplois féminins . Cela ne veut pas dire que les femmes sont inefficaces mais que les emplois les moins utiles économiquement ont été colonisés par les femmes! Pensez y ! C'est Ganesha qui a être ravi !

  • Par Benvoyons - 18/06/2018 - 15:28 - Signaler un abus En effet le Brexit va réduire l'UK à presque rien car

    les pays du Commonwealth n'ont plus du tout les mêmes intérêts avec l'UK. L'Inde , l’Australie, Canada, etc ne si trompent pas & font tout pour s'entendre avec l'UE. L'UK reviendra à terme dans l'UE mais avec des conditions similaires à tous les autres & donc perdre ce qu'elle avait obtenu avant d'en partir. Les USA ne regardent plus UK comme élément important en Europe car l'UK n'y est plus tout simplement & ne leur sert plus à rien pour peser dans l'UE.

  • Par kelenborn - 18/06/2018 - 16:03 - Signaler un abus AJM

    Je viens de consulter les données de l'OCDE. En 2017 , l'emploi industriel en France représente 10.4% de l'emploi! Nous ne sommes "battus" que par le UK avec 9%. L'Allemagne fait 20.5% mais la Suède 12.5 et ....l'Italie 16.7!!! Dommage pour les crétins qui étalent leur inculture économique car ... les Italiens n'ont pas d'"hinterland" pour fabriquer et...bien sûr la République Tchèque fait.... 28.7%!!!! CQFD C'est le Lebensraum qui fabrique et soutient les boites allemandes et en terme comparatif, l'industrie italienne serait même plus efficace! Le tertiaire( hors tourisme, transports services financiers) a pour partie pour fonction de créer les conditions du fonctionnement du secteur "productif" : éducation, santé, maintien de l'ordre.etc.. mais ne peut se développer que si le secteur productif lui en fournit les moyens sinon , c'est l'endettement puis la stagnation! c'est ce que nous connaissons !! Mais heureusement, tout n'est pas perdu! Benvoyons, le nouveau Hayek d'Atlantico donne une conférence!

  • Par hermet - 18/06/2018 - 17:09 - Signaler un abus italie vs allemagne

    kelenborn, donc normalement l'Italie pour sauver son emploi industriel devrait sortir de l'Euro au plus vite, non ?! On voit bien que la France n'est déjà plus dans la compétition d'où l'impopularité d'une sortie de l'Euro, les britanniques avaient déjà sacrifier l'industrie depuis 20 ans au profit de la finance. Le problème de l'Italie reste ses vieux retraités qui n'ont pas intérêt à la sortie de l'Euro, je ne sais pas comment ils vont faire ? mais j'espère qu'au moins ils vont bouger les lignes, sinon l'Europe est foutue (en terme de civilisation).

  • Par kelenborn - 18/06/2018 - 19:20 - Signaler un abus Hermet

    c'est, sans doute un peu plus compliqué que cela mais, sur les grands pays d'Europe de l'Ouest, l'Italie est la seule qui ait une balance commerciale équilibrée avec l'Allemagne! On est loin de l'image des PIGS Pour le reste on croise les doigts pour les Italiens!

  • Par gerint - 19/06/2018 - 00:14 - Signaler un abus Benvoyons

    Je préfère être dans l’état où vous voyez l’UK que de rester dans lUE. Le problème de May est qu’elle respecte le vote des Anglais mais veut quand-même rester dans l’UE

  • Par Benvoyons - 19/06/2018 - 18:04 - Signaler un abus Gerint. Vous ne voyez rien car ils sont encore dans l'UE :)

    Vous verrez en 2020,21,22,23 :) & ils referont une demande n'en doutez pas une seconde :)

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Benjamin Disraeli (1804-1881), fondateur du parti conservateur britannique moderne, a été Premier Ministre de Sa Majesté en 1868 puis entre 1874 et 1880.  Aussi avons-nous été quelque peu surpris de recevoir, depuis quelques semaines, des "lettres de Londres" signées par un homonyme du grand homme d'Etat.  L'intérêt des informations et des analyses a néanmoins convaincus  l'historien Edouard Husson de publier les textes reçus au moment où se dessine, en France et dans le monde, un nouveau clivage politique, entre "conservateurs" et "libéraux". Peut être suivi aussi sur @Disraeli1874

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