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Comment un drame doit servir à avancer et construire grâce à la résilience

Des psychologues se sont penchés sur les raisons qui déterminent comment un individu devient résilient ou non. Ils ont notamment mis à jour l'importance de la perception des événements traumatiques.

Ce qui ne tue pas...

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Comment un drame doit servir à avancer et construire grâce à la résilience

Violence, maladie, décès, humiliation, indifférence, épuisement, isolement, conflits ouverts ou latents... Les épreuves sont inhérentes à l’existence et chaque personne y est confrontée un jour ou l’autre. A ce sujet, les psychologues ont mis en avant l’idée de résilience. Dépassant la résistance, ce concept désigne la qualité de pouvoir se reconstruire après un choc, d'être capable de se relever et de continuer à avancer.

Le concept a d’abord été évoqué dans les années 1940 par des psychologues scolaires américains, puis en France au début des années 1980 par le psychanalyste John Bowlby, avant d'être ensuite popularisé par Boris Cyrulnik.

Ce dernier la présente d'ailleurs comme "l'art de naviguer dans les torrents. De par sa définition même, la faculté de résilience va donc être testée à l’aune des épreuves de la vie. 

Mais qu’est ce qui fait qu’une personne dispose de cette qualité de résilience, ou n’en dispose pas ? Qu’est qui différencie un enfant résilient d’un autre ? Emmy Werner, une psychologue du développement a suivi et étudié plusieurs cas "d’enfants à problèmes" pendant trois décennies. Elle a pu détecter certaines prédispositions à la résilience.

 

(Capture d'écran YouTube)

 

Certaines sont purement liées au hasard. Des enfants vont ainsi être liés de manière très forte à une autre personne, un mentor, un enseignant, un parent, qui leur sera d'une grande aide pour endurer les épreuves. Mais d’autres prédispositions sont simplement innées. Certains enfants sont naturellement autonomes et indépendants, à la recherche de nouvelles expériences. Ils ne sont pas spécialement "doués", mais ils optimisent au maximum leurs capacités.

Mais surtout, la psychologue constate que les enfants résilients ont une foi inébranlable en leur capacité à forger eux-mêmes leur destinée. Ils se voient comme les chefs d’orchestre de leur vie, peu importe les circonstances environnantes. Par ailleurs, Emmy Werner a noté que la capacité de résilience peut évoluer et que chacun possède un point de rupture. Un enfant peut se montrer particulièrement résilient mais avoir la malchance de subir trop d’épreuves, à une trop haute intensité. Et donc craquer...

 

Un autre spécialiste, George Bonanno a voulu aller encore plus loin. Ce psychologue clinique de l’Université de Columbia s'est attaché à comprendre pourquoi, alors que nous possédons tous le même système de réponse au stress, certains s'en servent mieux que d'autres.

 

Selon lui, un des principaux facteurs de la résilience concerne la perception de l’épreuve. Il estime que les évènements ne sont pas traumatiques avant qu’on ne les considère comme tel. Il préfère d'ailleurs parler de "Potentially traumatic event" ou "évènement potentiellement traumatique". Dans le cas d’un évènement dramatique, comme la disparition d’un proche, la personne est bien sûr triste, c’est une réaction humaine. Mais elle peut aussi utiliser ce chagrin et lui donner du sens, se rapprocher de son entourage. Cet évènement restera un drame, mais il servira pour avancer et construire.

 
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