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Pourquoi vous ne devriez vraiment pas céder à la tentation de la biture express

Le "binge drinking" désigne une surconsommation volontaire d'alcool pour atteindre un état d'ivresse presque immédiat. Ses dangers sont bien connus des services de santé, mais désormais, des chercheurs ont mis en évidence les conséquences de la consommation d'alcool par les parents avant la conception sur la descendance.

Binge drinking

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Pourquoi vous ne devriez vraiment pas céder à la tentation de la biture express

Les résultats de cette nouvelle étude viennent confirmer ce que l’on savait déjà : la consommation d’alcool par les parents avant la conception entraine des modifications épigénétiques - méthylation de l’ADN - qui sont transmises dans la descendance. Crédit Wikimédia

On sait depuis très longtemps que l’alcool entraine des neuroadaptations en modifiant l’expression de nombreux gènes qui codent des protéines jouant un rôle dans le fonctionnement du cerveau et notre comportement. Parmi les mécanismes qui expliquent des modifications de l’expression de nos gènes, il y a ceux appelés "épigénétiques", c’est à dire qui ne correspondent pas à une modification de la séquence des gènes mais simplement à des modifications chimiques comme la méthylation. Cette méthylation, c’est l’ajout de groupements méthyles sur les bases de l’ADN et plus il y a de méthyles, moins les gènes s’expriment et inversement, moins il y a de méthyles plus les gènes sont exprimés.

Ce que l’on connaît moins en revanche, c’est que l’alcool entraine des modifications de méthylation de nos gènes et que ces modifications pourraient être transmises de génération en génération. Ainsi l’alcool consommé avant la procréation pourrait laisser des "traces" et induire des atteintes chez ses futurs enfants. C’est exactement ce que vient de démontrer une étude récente sur le sujet et chez l’animal.

Les résultats de cette nouvelle étude viennent confirmer ce que l’on savait déjà : la consommation d’alcool par les parents avant la conception entraine des modifications épigénétiques - méthylation de l’ADN - qui sont transmises dans la descendance. L’alcool modifie donc les "marques" au niveau de nos gènes avant la conception et ces marques ont pour effet de modifier l’expression des gènes à la génération suivante.

La présente étude a analysé l’effet de 12 injections d’alcool (à la dose de 3 grammes d’éthanol pur par kilo de poids des animaux entrainant des alcoolémies de 1,6g/l chez les femelles et 2,2g/l chez les mâles) au début et à la fin de l’adolescence chez des rats mâles et des femelles. 24 heures après la dernière injection d'alcool des accouplements ont été réalisés soit entre rats alcoolisés soit avec un animal jamais exposé à l’alcool. L’hypothalamus des jeunes âgés de 7 jours ont ensuite été prélevés et la méthylation des gènes a été mesurée. Les auteurs se sont intéressés à l’hypothalamus qui est une structure cérébrale qui intervient dans la réponse au stress ainsi que dans de nombreux comportements et réponses physiologiques. Les résultats montrent que les modifications de méthylation sont spécifiques de certains gènes et pas complètement non spécifiques comme on pourrait s’y attendre. Le résultat le plus surprenant est qu’il y a assez peu de gènes qui sont modifiés en commun entre les différents groupes selon que la descendance est issue d’un père exposé à l’alcool ou d’une mère exposée à l’alcool ou bien lorsque les deux parents ont été exposé à l’alcool. Les atteintes sont donc spécifiques et font sûrement appel à des phénomènes complexes, par exemple on s’attendait à un simple effet additif lorsque les deux parents ont été exposés à l’alcool or même si il y a beaucoup plus de gènes modifiés, ce sont des gènes différents qui sont modifiés. Par effet additif, il est entendu ici que lorsque les deux parents ont été exposés à l’alcool on pourrait s’attendre à simplement retrouver des modifications des gènes induites par la consommation de la mère auxquelles s’ajoutent les modifications des gènes induites par la consommation de le père ; or ce sont de nombreuses modifications d’autres gènes qui sont retrouvées lorsque les deux parents ont consommé de l’alcool.

 
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  • Par Anguerrand - 09/12/2016 - 08:50 - Signaler un abus Je peux témoigner que la biture expresse

    est extrêmement dangereuse, ainsi j'ai vu dans mon entourage proche un jeune de 27 ans ! Faire un AVC sévère pour cette cause. Ces AVC de plus en plus précoces sont de plus en plus fréquentes d'après les médecins. Et surtout attention au second si on s'en sort du premier, la chaise roulante n'est pas loin...à moins de 30 ans....

  • Par assougoudrel - 09/12/2016 - 10:04 - Signaler un abus Cette photo a été prise

    en 2015 à l'Elysée. J'ai une tante par alliance issue de grands "pétroliers", buveurs de père en fils et de mère en fille depuis plusieurs générations. Cette femme est un camion-citerne. Mon oncle, comme son père et sa mère, ne bois jamais d'alcool et ne fume jamais (comme beaucoup du coté de ma famille). Mon oncle a eu 2 enfants avant de la connaitre et ils ne boivent et ne fume pas. Avec sa femme, ils ont eu 2 enfants, un fils et une fille. Le fils est mort à 26 ans à cause de l'alcool. Son père a un terrain pas loin de chez lui où ils vont l'été jardiner et piqueniquer. Dans le chalet il laisse de la boisson et la nuit, le fils allait boire tout seul, vidant les bouteilles. Quand à la fille, jeune et belle femme, plusieurs membres de ma famille chez qui elle était invité à passer des vacances, l'ont vu s'enfiler discrètement un verre de rhum à 8 heures du matin. Tous les membres de la famille de cette tante (père, mère, frères et sœurs) sont mort à cause de l'alcool. Ce vice est ancré en eux, dans leurs gènes, dans leurs âmes pour toujours. A l'Armée, j'ai connu un homme qui ne mangeait jamais le midi. Il buvait une bière brune.

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Mickaël Naassila

Mickaël Naassila est professeur de physiologie et de biologie cellulaire dans le Groupe de recherche sur l'alcool et les pharmacodépendances à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

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