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Pourquoi les humains sont aussi mauvais en matière de prédiction d’avenir dès lors que les scénarios les plus probables ne leur conviennent pas

Plusieurs études au cours des précédentes décennies ont montré l'ancrage d'un optimisme irréaliste. C'est le fait de penser que les bonnes choses ont plus de chances d'arriver que les autres (maladie, accidents, divorces etc.). Même au début de la crise économique en 2008, l'économiste Sergey Smirnov constate "une profonde réticence inhérente à prédire des choses indésirables".

Trop tard

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Pourquoi les humains sont aussi mauvais en matière de prédiction d’avenir dès lors que les scénarios les plus probables ne leur conviennent pas

Comment expliquer, selon vous, que l'être humain ait tendance à toujours faire preuve d'optimisme vis à vis de leur avenir ? Qu'il exclue les maladies et les accidents, qui arriveront aux autres plus qu'à lui-même ?

Jean-Michel Fourcade : Un optimisme irréaliste fait que les gens pensent que les mauvaises choses leur arrivent moins qu’aux autres, et cela influence leur façon de prendre leurs décisions, comme le montrent de nombreuses enquêtes. Pourquoi ?

Ces mauvaises choses nous ramènent à la fragilité de l’existence humaine et à la réalité de la fin de chaque existence individuelle, c’est-à-dire  à la mort.

La conscience de la finitude de l’existence fait naître en chacun de nous de la peur et/ou – quand cette peur est suffisamment refoulée – de l’angoisse.

Force est de constater que l’être humain fonctionne au quotidien comme si ces réalités ne le concernent pas, mais seulement les autres.

Le psychiatre-psychothérapeute américain, Irvin Yalom (Psychothérapie existentielle, Editions Gaalade Paris, 2008) prend acte de la permanence de la tentative d’échapper à l’angoisse de la mort à venir. Mais alors que Freud prétendait qu’il n’y a pas de représentation de la mort dans l’inconscient – ce qu’il n’affirmerait plus aujourd’hui car les figures représentant la mort sont nombreuses, directes ou indirectes, personnelles ou archétypales, dans les rêves – Yalom fait de l’angoisse de la mort le cœur du conflit névrotique, et non, comme le pensait Freud, le conflit entre les pulsions et les interdits.

En réalité nous devons distinguer les mécanismes de défense qui nous permettent de ne pas être paralysés par la peur, par l’angoisse de la mort – le déni, la forclusion partielle ou totale – , de refouler cette angoisse, de la rendre inconsciente, et – comme dans le refoulement des conflits liés aux interdits – la mauvaise gestion de ce refoulement qui permet à l’angoisse de revenir sous des formes handicapantes.

On pense en fait que nous sommes moins sujet aux risques que la moyenne. Ne serait-ce pas parce que justement nous ne connaissons pas ces moyennes élevées des accidents et maladies ? 

Le « Ca n’arrive qu’aux autres » est donc à la fois absurde et salutaire. Absurde car les études épidémiologiques, les statistiques des accidents montrent que ça arrive à beaucoup. Salutaire parce que cela nous renvoyant à la mort à laquelle personne (à ce jour) n’échappe, ne pas y penser est la condition nécessaire pour continuer à être actif, créatif, et prévoir que nos actes nous apportent une meilleure vie.
 

Le cas des accidents de la route est exemplaire : les campagnes de prévention, qui nous rappellent les statistiques, ont un effet sur leur diminution (de courte durée). Mais les taux ont d’une année sur l’autre ont une constance et de si faibles variations que celanous amène à reconnaître que l’évolution (positive) est peu liée à la conscience individuelle des accidents et plus aux normes qui font le cadre de la circulation : normes acceptées de comportement (la loi sur la vitesse autorisée), normes de sécurité matérielle dans la construction des routes (signalisations, protections physiques). La comparaison entre l’acceptation sociale des normes de vitesse entre le Brésil et la France montre l’importance de la dimension de l’acceptation sociale des règles dans ces réalités.

 
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  • Par kelenborn - 15/11/2017 - 11:49 - Signaler un abus Oui sauf que

    Oui sauf que notre logue de service oublie peut être un élément essentiel! C'est cette capacité à oublier les informations négatives qui est sans doute à la source des progrès de la civilisation industrielle!!! Prométhée n'avait pas peur des Dieux, sinon il ne les aurait pas provoqués! Les prédicateurs de la vengeance divine, d'hier ou d'aujourd'hui ( Hulot et Jacquard en tête) sont les messagers de l'obscurantisme! Alors, des élucubrations de ce type, Mr Fourcade peut se les carrer dans le troufignon !

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Jean-Michel Fourcade

Jean-Michel Fourcade est docteur en psychologie clinique. Il est président de l'Association Fédérative Française des Organismes de Psychothérapie (AFFOP) et directeur de la Nouvelle Faculté Libre - NFL - Formation en psychothérapie intégrative.

il est l'auteur de plusieurs livres, dont "Les bio-scénarios, clés énergétiques du corps et de l'esprit" (2007).

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