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Pourquoi l'économie pourrait être la dernière chance de Trump

Les prescriptions économiques de Donald Trump allient sans complexe libéralisme et protectionnisme, entreprise individuelle et politique industrielle, baisses d’impôts et dépenses publiques… Certains y voient un mélange aussi indigeste et incohérent que le personnage. Mais c’est surtout sa seule vraie chance de battre Hillary.

Un nouvel espoir

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Pourquoi l'économie pourrait être la dernière chance de Trump

"L’Americanisation sera notre crédo, pas la globalisation". Donald Trump vient de  présenter les grandes lignes de son programme économique : réductions d’impôts, dérèglementation massive, soutien aux énergies domestiques, révision des accords de commerce internationaux. C’est une illustration du principe directeur de sa campagne : "Mettre l’Amérique en tête" ! En tête des préoccupations de son administration et en tête des pays riches. L’objectif déclaré est de "faire repartir l’économie américaine", de retrouver un rythme de croissance comparable à celui des années 1980 et 1990 (3% à 4% par an contre 1% à 2% aujourd’hui), et de regagner les emplois perdus à la mondialisation, notamment dans le secteur industriel et manufacturier. 

Comme décor Trump avait choisi Detroit, dans le Michigan.

Ce n’est pas un hasard. La "Motor City", qui fut  la capitale mondiale de  l’automobile, a longtemps été le symbole de la réussite industrielle américaine. Fondée au XVIIIe siècle  par un Français, Antoine de la Mothe, sieur de Cadillac, dont le nom devint celui d’une célèbre marque, Detroit est liée à l’essor de l’industrie automobile américaine. Henry Ford y fonda son entreprise, comme Packard, Chrysler et d’autres. Elle abrita le siège social de General Motors (GM)  premier manufacturier automobile au monde. La ville connut son apogée après la Seconde Guerre mondiale, et devint dans les années soixante un haut-lieu de la musique pop américaine avec le "motown sound" et des vedettes telles que Diana Ross, Stevie Wonder,  Alice Cooper ou d’autres. Dans les années 1970 son destin a basculé. Frappée de plein fouet par  la première crise pétrolière et elle n’a cessé de décliner depuis.  Aujourd’hui Detroit est une ville sinistrée. Le revenu par tête  y est de 50% inférieur à la moyenne nationale. Le taux de pauvreté, 2,5 fois supérieur. Le chômage est deux fois plus élevé qu’ailleurs et le "sous-emploi" touche 40% de sa population urbaine. C’est aussi une des villes américaines où la criminalité est la plus forte. Bref, Donald Trump a choisi Detroit parce que la ville est pour lui  "l’exemple vivant de l’échec des politiques économiques soutenues par Hillary Clinton". Il se propose, au contraire, d’en faire "un endroit que le monde nous envie à nouveau"

Pour cela, il a présenté un programme en quatre grands axes : réforme fiscale, moratoire sur les réglementations, relance des énergies domestiques, renégociation des accords commerciaux. 

La réforme fiscale consistera en une simplification du code fiscal et une baisse de l’impôt sur le revenu. "Tandis qu’Hillary Clinton propose une augmentation d’impôts de mille trois cents milliards de dollars… je propose une réduction général de l’impôt sur le revenu… Je veux ramener les sept tranches actuellement en vigueur à  trois, de 12% , 25% et 33%. Le taux d’imposition de beaucoup de travailleurs américains sera de zéro," a-t-il annoncé.  

En matière de règlementation Donald Trump a promis un "moratoire sur toute nouvelle règlementation dès ma prise de fonction" et l’annulation de " tous les décrets exécutifs illégaux et trop contraignants." Pour lui, les règlementations brident la créativité des entrepreneurs, en même temps qu’elles alourdissent leurs charges. Elles sont un frein à l’activité économique. "Le registre des règlementations est un pavé de 80 000 pages…" a-t-il souligné. "Le président Obama a ajouté quatre cents règles supplémentaires, chacune coutant cent millions de dollars, ou plus, à l’économie américaine…"

Concernant les relations commerciales des Etats-Unis, Donald Trump a maintes fois dénoncé les dommages causés par les accords de libre-échange passés depuis vingt ans et son intention de les renégocier. Il l’a encore redit à Detroit. Pour lui, ces traités ont eu pour conséquence une explosion du déficit commercial américain et une perte d’emplois manufacturiers. "Avant NAFTA (le traité de libre-échange avec le Mexique et le Canada), l’industrie automobile dans le Michigan employait 285 000 personnes, aujourd’hui 160 000… Notre déficit commercial avec le Mexique était de zéro en 1993, contre près 60 milliards de dollars  à présent". Outre le NAFTA, c’est le "Trans Pacific Partnership" (TPP) l’accord de libre-échange entre douze pays du Pacifique, en cours de ratification, qui est visé.   

Dernier volet de son plan, le candidat républicain a évoqué une réforme énergétique pour en finir avec "la guerre que le gouvernement américain mène contre les travailleurs américains… Nous allons remettre les mineurs et les employés de la sidérurgie au travail. Nous allons libérer la production de toutes les formes d’énergie ce qui ajoutera cent milliards de dollars par an à notre PIB, et, engendrera la création de cinq cents mille emplois," a-t-il dit. Il s’agit principalement de favoriser l’exploitation du gaz de schiste, de relancer les mines de charbon dont l’activité a été suspendue pour limiter les émissions de CO2 et de favoriser la délivrance de permis d’exploration et d’extraction pétrolières aussi bien dans le domaine fédéral que dans les eaux territoriales de la côte ouest. 

Selon Trump, ces quatre réformes "ouvriront un nouveau-chapitre" dans l’histoire économique américaine et "engendreront suffisamment de revenus pour réparer notre appareil militaire et nos infrastructures." Car l’objectif du candidat est aussi de renouveler et moderniser les infrastructures du pays, qu’il s’agisse de réseau automobile, des chemins de fer ou  des aéroports…

Les réactions de la presse américaine ont été des plus mitigées. La forme a plu. Le fond, beaucoup moins.  Les médias ont remarqué, et les observateurs républicains apprécié, que le candidat s’en tienne à son discours malgré des protestations et interruptions répétées. A dix-sept reprises des femmes dispersées dans l’assistance se sont levées et l’ont abreuvé d’insultes avant d’être évacuées. Un groupe radical féministe a d’ailleurs reconnu avoir organisé ces interruptions pour dénoncer la misogynie du candidat républicain…

 
Commentaires

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  • Par zouk - 11/08/2016 - 12:13 - Signaler un abus Politique économique prêtée à D. Trump

    Peut être sa dernière chance d'être élu mais au prix de quel dégâts pour le reste du monde, et particulièrement pour l'Europe, yc la Grande Bretagne qui aurait vraiment dû s'épargner le vote pour la sortie de l'UE.

  • Par moneo - 11/08/2016 - 17:09 - Signaler un abus va savoir

    peut être enfin une chance d'arrêter enFrance le système que tout le monde nous envie mais que que personne recopie

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Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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