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Pourquoi Donald Trump gagne même quand il perd

Après une semaine de campagne désastreuse, il ne peut plus gagner. Mais il a déjà fait de nous tous des perdants, et nous avons été complices de ses crimes.

THE DAILY BEAST

Publié le - Mis à jour le 9 Novembre 2016
Pourquoi Donald Trump gagne même quand il perd

Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, Donald Trump et ses lieutenants ont fondamentalement réussi à bouleverser les règles du fair-play en politique. Crédit Reuters

The Daily Beast - Goldie Taylor (traduction Julie Mangematin)

C’est fini.

Lors du premier débat présidentiel de la semaine dernière, il a livré une performance désastreuse, surréaliste. Une enquête du New York Times a enfoncé le clou, faisant l’effet d’une bombe : elle révèle les pertes financières astronomiques accusées par Donald Trump au milieu des années 1990, pertes qu’il a probablement utilisées pour éviter de payer son impôt sur le revenu depuis près de deux décennies.

Ces derniers développements ont définitivement enterré toute chance pour le candidat républicain de remporter l’élection présidentielle du 8 novembre prochain.

Ce fiasco suicidaire n’aura presque aucun effet sur les inconditionnels de Donald Trump. Mais à 36 jours de l’élection, l’heure de vérité a sonné pour le magnat de l’immobilier. Doté d’un service de communication chaotique, et en l’absence d’organisation significative sur le terrain, il n’a plus aucune chance de réunir la grande coalition nécessaire pour renverser la tendance en sa faveur. Hillary Clinton fait la course en tête des sondages. D’ici au jour de l’élection, l’écart est trop important, il reste trop de kilomètres à parcourir pour rattraper sa rivale. Le promoteur immobilier a creusé sa tombe.

Sans aucun doute, Donald Trump aurait fait le président américain le plus désastreux de l’ère moderne. Mais de sérieux dégâts ont déjà été faits. Sur son passage, Trump a levé tous les tabous qui limitaient le répertoire de ce qui est jugé acceptable dans notre discours politique. Sa campagne a changé la façon dont on détermine la viabilité à long terme des candidats. Enfin, elle est un affront à l’esprit de fair-play le plus fondamental. Et il n’y a pas de retour en arrière possible.

Les coupables se comptent à la pelle : un grand nombre d’électeurs des primaires républicaines, les journalistes qui ont accordé une légitimité à ses raccourcis fallacieux au nom du clic et de l’audience, et même les responsables de la convention nationale républicaine qui ont refusé d’utiliser les moyens légaux à leur disposition pour arrêter Donald Trump. Bien sûr, il y a aussi la société dans son ensemble, qui a gobé la fable autour de son sens des affaires, qui a regardé son émission de télé-réalité sur NBC, et qui a alimenté sa célébrité. Ensemble, et chacun de notre côté, nous avons créé Trump.

Le matraquage d’agressions verbales qui a caractérisé la campagne de Donald Trump aura inévitablement des conséquences sociales et politiques. Nonobstant quelques actes héroïques de journalisme, la couverture médiatique de l’élection, prétendument égalitaire et équilibrée, a été dominée par des affairistes corrompus. Au-delà de l’émergence d’une nouvelle espèce enhardie d’ethno-nationalistes sectaires, qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, Donald Trump et ses lieutenants ont fondamentalement réussi à bouleverser les règles du fair-play en politique.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 05/10/2016 - 09:44 - Signaler un abus Matraquage d'agressions verbales????

    Cet article à charge ( ou plutôt, à décharge...) en est un! Il démontre que lorsque le candidat déplaît aux journalistes gauchistes, savon arômes de la bienpensance, ceux-ci déchaînent la grosse Berthe mediatique contre lui, et l'effet est à l'inverse de leurs desseins...attendons!

  • Par Lazydoc - 05/10/2016 - 09:59 - Signaler un abus Même article possible sur François Hollande

    Et Ségolène Royal et leurs SCI avec des biens immobiliers notoirement sous évalués qui leurs permettent de ne pas payer l'isf. Mais là ça n'est pas légal, mais jamais aucun contrôle au cours de leurs carrières.

  • Par gerint - 05/10/2016 - 16:38 - Signaler un abus Attendons de voir Clinton à l'oeuvre

    et peut-être trouverons-nous qu'elle ne vaut pas mieux que Trump, si sa santé tient jusque là

  • Par Anouman - 05/10/2016 - 21:13 - Signaler un abus Perdants

    Les perdants ce sont plutôt ceux qui vont se prendre de 4 à 8 ans de Clinton. Et si les américains ont le droit de choisir qui ils veulent, on va quand même en profiter. Pire qu'Obama c'est possible.

  • Par Texas - 05/10/2016 - 23:07 - Signaler un abus Donc...

    ...le répertoire illimité de D.J.Trump a provoqué plus de dégâts que l' oligarchie corrompue au pouvoir , de cette " Ruling Clique " qui entraine les Etats-Unis et l' Europe vers un Socialisme permanent et autoritaire, dans lesquels sont déjà verrouillés , Medias , Justice , et Enseignement......? . The Daily Beast at his Best .

  • Par Liberte5 - 05/10/2016 - 23:40 - Signaler un abus La bave au coin des lèvres G. Taylor n'en peut plus de la haine

    qu'il porte à D. Trump et à ses électeurs. Ce torchon à charge ne mérite pas de commentaires.

  • Par emem - 06/10/2016 - 06:49 - Signaler un abus Encore un journaliste objectif

    Trop de médias prennent leurs désirs pour la réalité

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Goldie Taylor

Goldie Taylor est journaliste pour The Daily Beast.

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