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Pourquoi le bras de fer pour les réformes est engagé

La trêve pascale que s’apprêtent à vivre nos compatriotes risque de tourner court devant la panoplie de grèves qui se déploie.

Edito

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Pourquoi le bras de fer pour les réformes est engagé

La trêve pascale que s’apprêtent à vivre nos compatriotes risque de tourner court devant la panoplie de grèves qui se déploie : Air France a anticipé le mouvement avec une série d’annulations de vols le 30 mars, en prélude à la paralysie du réseau qui va gagner la SNCF et pourrait durer plusieurs semaines. Pour Emmanuel Macron c’est l’heure de vérité. Le chef de l’Etat ressemble à un cavalier qui a commencé une course folle et voit se dresser devant lui une série d’obstacles qu’il faut franchir, alors que leur nombre augmente au fur et à mesure que l’on s’en approche.

Il a déjà plusieurs réussites à son actif, comme un début de réforme du marché du travail à un moment où la conjoncture se montrait favorable avec une reprise générale de la croissance économique.  Et surtout, il a réussi à restaurer l’image de la France qui était particulièrement dégradée et redonné du tonus aux chefs d’entreprise pour les inciter à investir. Les comptes de la nation s’améliorent avec une réduction du déficit public, grâce à l’expansion, mais le poids de la dette continue de croître et les prélèvements obligatoires restent les plus élevés d’Europe, témoignant de l’urgence de poursuivre les réformes.

 

Après avoir provoqué un tremblement de terre dans les partis politiques, Emmanuel Macron s’en prend au monde syndical pour lui faire embrasser la modernité. Il a opéré un choix difficile, en s’attaquant à la SNCF, une entreprise chère au cœur des Français malgré ses dysfonctionnements et son coût pour le contribuable, pour y extirper les dernières influences du modèle communiste mis en place à la Libération. Ainsi pourrait sauter, en cas de succès, le verrou qui ouvrirait la voie à un syndicalisme moderne qui fait défaut à notre pays.

 

Les prochaines semaines seront donc cruciales. D’autant que les initiatives se multiplient à tous les niveaux pour freiner le mouvement, comme si la vieille maxime du « encore un moment monsieur le bourreau » prenait corps pour retarder le moment des réformes. Ainsi, le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, prend du retard pour engager les discussions sur un chantier qui représente 320 milliards d’euros de prestations annuelles, au risque de provoquer un enlisement du dossier. Il est vrai que l’hostilité des retraités à la hausse de la CSG l’incite à la prudence. De même, le big bang promis dans la fonction publique se heurte pour l’instant à une sorte de passivité des syndicats qui ne voient pas de nécessité à amorcer le changement et réclament seulement des augmentations de salaires, pour lesquelles le gouvernement pourrait faire un geste afin de les amadouer. 

 

Autre exemple : le président du Medef, Pierre Gattaz, voudrait obtenir un report du prélèvement à la source, sous prétexte que les petites et moyennes entreprises ne seront pas prêtes à la date prévue. La réclamation de délais supplémentaires est générale, parce que dans tous les domaines, on mesure le retard que prend notre pays pour s’adapter au monde. Internet ne couvre pas la totalité du territoire, alors que la digitalisation n’en est qu’aux balbutiements et que l’on parle aujourd’hui de l’intelligence artificielle, qui se développe à marche forcée aux Etats-Unis autant qu’en Chine, un secteur dans lequel nous partons avec de lourds handicaps. Il est vrai qu’un sursaut serait nécessaire, notamment au niveau régional, alors que les dépenses d’investissements constituent présentement la variable d’ajustement pour les collectivités locales, qui voient leurs dépenses de fonctionnement s’envoler avec la pression démographique et le désengagement de la puissance publique. C’est pourquoi certains élus regrettent la belle époque où l’on se confiait à l’Etat providence pour régler les problèmes, alors qu’on met l’accent désormais sur le sens des responsabilités des citoyens pour prendre en mains leur destin. Une vraie révolution encore trop souvent incomprise qui va demander du temps.

 
 
Commentaires

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  • Par morsang - 30/03/2018 - 11:34 - Signaler un abus le "bras de fer" est un peu rouillé

    En fait de "bras de fer"on hésite! par exemple de la réforme de la SNCF il restera bientôt plus que les 54 milliards de dettes qui vont choir sur la tête du contribuable.Pas de suppression de lignes inutiles; l'ouverture à la concurrence remise aux calendes grecques c'est de la réforme façon Sarkosy :des rodomontades et rien derrière.Pour le moment en matière de réforme on a une augmentation de la dépense publique et une augmentation de la pression fiscale.L'ironie de l'histoire est que l'on va avoir une gréve-prise d'otages contre une pseudo réforme.Au fond c'est Chirac qui avait raison:ne rien annoncer ,ne rien faire personne n'est déçu

  • Par vangog - 30/03/2018 - 12:37 - Signaler un abus La dette SNCF de 55 milliards transférée aux con-tribuables

    français, cette grève est une mascarade entre copains-coquins (les syndicats gauchistes été le gouvernement gauchiste) pour faire avaler cette nouvelle couleuvre aux con-tribuables submergés...je vous annonce une forte baisse de l’activité française, suite à ces réformettes et mascarades minables!...ça a deja commencé! Ouvre les yeux, sortez la tête du sable et votez!...

  • Par gerint - 30/03/2018 - 13:33 - Signaler un abus Des réformes viciées

    Car initiées par un aéopage d’amis acoquinés aux gros intérêts financiers qui se sont emparés du pouvoir de façon mafieuse par collusion avec les médias et la justice contre les intérêts des citoyens Français

  • Par Papy Geon - 30/03/2018 - 14:07 - Signaler un abus La SNCF, entreprise chère au cœur des Français…

    C’est bien vrai ! Il s’agit d’une entreprise ferroviaire de service public, et qui appartient à tous. Les Français en sont les actionnaires et doivent en diriger le conseil d’administration. Elle n’appartient pas aux cheminots, qui travaillent dans cette entreprise pour apporter un service aux Français (uniquement servir, et surtout rien d'autre). L’esprit de nomenklatura de certains, cette déviance colportée de génération en génération, doit disparaître. A défaut, que ceux-là partent pour aller faire leur nid ailleurs, dans un pays du genre URSS des années 50 à 80, s’ils en trouvent. Les Français ne sont pas des usagés, mais des clients, qui payent, et qui sont en droit d’exiger un service de qualité. La représentation nationale, dont les dirigeants sont au pied du mur, est dans l’obligation de se saisir aujourd’hui du dossier, après des années de laxisme de la part d’une pâle palette de hauts fonctionnaires. Bien évidemment, elle doit le faire en concertation avec les employés de ce service public, qui doivent apporter leurs suggestions pour en améliorer la qualité. La représentation nationale, elle, doit en assurer l’efficience. Cette efficience est primordiale.

  • Par ajm - 30/03/2018 - 16:39 - Signaler un abus Pour solde de tout compte

    La SNCF est la quintessence d'une entreprise politisée à la Française "dirigée " par des politiques plus que par des managers, où le mélange d'interventions étatiques inopportunes ou de non interventions quand ces dernières auraient été necessaires, a créé une situation inextricable, avec en plus l'ouverture programmée à la concurrence sous la surveillance de Bruxelles. La SNCF était au départ un service publique co- dirigé par des syndicalistes communistes et des ingénieurs polytechniciens sur lequel on a greffé un aréopage d'enarques venant de l'administration, soumis aux injonctions contradictoires des politiques nationaux et locaux, et d'un certain nombre de transfuges du secteur privé culrurellement incapables d'avoir une quelconque prise sur ce grand corps malade où chaque détail est codifié dans des règlements dont chaque évolution nécessite de veritables conciles pour en venir à bout. On se demande si ce ne serait pas plus simple de créer une toute nouvelle SNCF avec tous ceux et celles qui sont partant et de mettre à la retraite anticipée tous les autres. On a déjà tellement payé pour la SNCF que l'on pourrait payer beaucoup en une fois pour solde de tout compte.

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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