Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 28 Mai 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Pourquoi l’apprentissage pourrait sauver la jeunesse… et les seniors !

Le digital va détruire des emplois. Sûrement. Il va en créer. Sûrement. Dans quelle proportion ? Mystère. Les prophètes partagent les 2 faces d’une boule de cristal, qu’aucun d’entre eux ne peut totalement étayer.

Les entrepreneurs parlent aux Français

Publié le
Pourquoi l’apprentissage pourrait sauver la jeunesse… et les seniors !

Au hit parade de ceux qui font briller la France, plus d’apprentis que d’énarques. Franck Provost, numéro 2 mondial de la coiffure (derrière un fonds d’investissement), 22 000 salariés dans le monde à travers son réseau complet. Crédit Reuters

Le digital occupe tout l’espace. Le mot est devenu incontournable, quasi insupportable d’ailleurs. Mais c’est quoi le digital ? Pourquoi serait-ce une fin en soi plutôt qu’un outil ? A écouter les rubriques et commentaires foisonnants de la presse, des incubateurs et investisseurs, ce serait une fin en soi, une obligation, un devoir ! Digitalise- vous ou mourrez ! Si vous n’êtes pas virtuels, vous n’êtes plus réel. Si vous n’avez pas la dose de digital nécessaire au bonheur de l’investisseur, qui aiment plus souvent les mots affichés que les contenus avérés, vous appartenez au passé.

Le digital serait ce qui sépare le néanderthalien de l’être humain moderne. Pour ceux qui aime le mimétisme, le "moutonisme" et le prêt-à-penser, la petite musique digitale est belle à entendre. Et pourtant. Comme tout prêt-à-porter il ne doit pour autant pas être endossé sans réfléchir et sans partage.

Le digital va détruire des emplois. Sûrement. Il va en créer. Sûrement. Dans quelle proportion ? Mystère. Les prophètes, délicieusement perchés par trop d’optimisme, ou « baudelairiens » par le spleen qu’ils dégagent, partagent les 2 faces d’une boule de cristal, qu’aucun d’entre eux ne peut totalement étayer. Seulement l’argumenter. Ils voudraient écrire leur histoire, mais nul ne maîtrise l’avenir.

C’est pourquoi j’aimerais vous parler d’un avenir facile à écrire et d’une histoire magnifique à raconter. Celle des apprentis. Celle de ces exclus des adorateurs de l’école de l’élite, ces arrogants, pour qui ces jeunes, sortis prématurément de l’école, sont le symbole de l’échec, les représentants de l’absence neuronale, une masse à peine utile à boucher les trous des « jobs d’en bas ». Et pourtant ces jeunes sont l’avenir de la nation, et le digital n’est pour eux ni une fin en soi, ni une religion, car pour eux le contenu et l’excellence, la preuve par le travail et la motivation, passent avant les outils pour en convoyer l’existence.

Les apprentis sont les abandonnés de la République. Mais la République existe t-elle encore ? Quand elle a oublié, par aveuglement, la plupart des siens. Laissés K.O., sur le bord du ring, assommés par une élite qui s’estime être la seule vraiment indispensable et des gouvernants qui ignorent la réalité de la vie professionnelle. Des apprentis dont les mains parlent bien mieux que nombre de nos soit disant cerveaux. Des apprentis qui rient des discours de ces marionnettes de l'UNEF, pour qui pouvoir travailler de façon exceptionnelle 45H dans une semaine, est une insulte à l’être humain et un retour à Germinal (qu’ils n’ont lu qu’en bande dessinée, au mieux). Des apprentis qui font rayonner la France bien plus que n’importe quel Rafale, centrale nucléaire ou produits cosmétiques. Leur excellence est remise en cause chaque jour et exige d’eux de remettre leur rente éphémère sur l’établi. En permanence. Ils ne peuvent jamais être rentiers et ne prétendent pas à l’être. Et ils n’ont pas peur de perdre leur emploi, car l’excellence et le travail paient. Ils le savent. Ils le vivent.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par MPB - 14/03/2016 - 15:43 - Signaler un abus Exactement!

    Le digital est un moyen, pas une fin en soi. L'apprentissage, et plus généralement, les filières professionnelles (CAP, bac Pro, etc.) orientent vers des métiers où il y a du travail. Pourquoi n'est-ce qu'une orientation par l'échec ! Il faut du courage et de la motivation pour y aller pour retrouver des camarades de classe qui ne savent pas ce qu'ils font là! Quel gâchis de compétences, de savoir-faire, de beaux métiers! Vive l'apprentissage valorisé

  • Par essentimo - 14/03/2016 - 17:06 - Signaler un abus Avec le digital

    il n'y a plus que l'artisanat pour offrir des places de travail à travers l'apprentissage. La robotisation a supprimé des emplois dans les usines, l'ordinateur a supprimé des emplois de secrétariat et de comptabilité dans les bureaux et d'autres certainement encore. J'ai vécu ces situations en tant que patron.

  • Par zouk - 14/03/2016 - 20:27 - Signaler un abus DIGITAL

    En bon français: numérique. Arrêtez de tirer sur nos "écoles élitistes", elles sauvent encore l'honneur d'un système d'éducation dévasté par l'idéologie. Nous pourrions et devons encore refonder entièrement l'école primaire et développer l'apprentissage, malheureusement condamné par le pédagogisme de notre Education Nationale: nombre de grandes entreprises en sont nées et le numérique est certainement une aide puissante. Et lui faire une place plus importante à l'Université reléguée dans la médiocrité par son système archaïque, ravagée qu'elle est par des querelles et interventions politiques.

  • Par alexandreMarine - 15/03/2016 - 16:51 - Signaler un abus L'Apprentissage est LA valeur sure

    Venant de cette filière ayant permis mon accomplissement professionnel, je pense en effet que cette filière DOIT être valorisée et profiter un petit peu plus des milliards perdus dans certaines causes inutiles de l'éducation nationale. De plus, ces filières permettent tout autant voir plus que les autres, grâce à la "valeur travail", un final Bac+5 en apprentissage....

  • Par essentimo - 16/03/2016 - 08:20 - Signaler un abus Le temps passé pour

    un bac + 1,2,3,4,5 et devoir faire un apprentissage à 25 ans pour vivre. Il y a de quoi démotiver la jeunesse.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€