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Pourquoi annexer l'Ukraine quand il suffit à Poutine de l'atomiser ?

L'Ukraine est en proie à de furieux troubles internes : après la Crimée, c'est Donetsk qui annonce un référendum sur son rattachement à la Russie. Le pays se morcelle sans que Vladimir Poutine n'ait besoin de tirer le fer au clair.

Diviser pour mieux régner

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Pourquoi annexer l'Ukraine quand il suffit à Poutine de l'atomiser ?

Vladimir Poutine, le président russe. Crédit Reuters

Atlantico : Après la Crimée, c'est au tour de Donetsk d'annoncer un référendum  sur son indépendance vis-à-vis du Parlement de Kiev. Depuis le début de la crise, l'Occident impute à Vladimir Poutine ces troubles. Quel intérêt le Kremlin pourrait trouver dans une Ukraine divisée ?

Béatrice Giblin : Vladimir Poutine partage avec de nombreux Russes la conviction que l'Ukraine n'est pas une nation à part entière et même que sa langue n'est en rien comparable avec la langue russe qui a donné une si grande littérature ;  Il leur est donc insupportable de voir une majorité des Ukrainiens revendiquer leur indépendance car ils considèrent que l'Ukraine est en quelque sorte une "province" russe.

Il faut bien avoir cela en tête si l'on veut comprendre l'attitude de Poutine et le grand soutien que rencontre sa politique vis-à-vis de l'Ukraine. 

Les manifestants de Donestk ne sont pas très nombreux mais se sentent manifestement soutenus par le "grand frère" russe. Cependant, la région du Donbass n'est pas la Crimée (une presqu'île donnée à l'Ukraine en 1954) où la population russophone est en effet très majoritaire, alors qu'elle ne l'est pas sur l'ensemble  du Donbass. Aussi en cas d'intervention russe au nom de la défense des populations russophones, les réactions de la population ukrainienne seraient assurément plus violentes et une guerre civile serait possible. C'est pourquoi les autorités ukrainiennes veillent à ne donner aucun prétexte à Vladimir Poutine d'intervenir au nom de la défense des russophones. De plus, l'appel des autorités ukrainiennes à l'OTAN serait pressant et difficile à ignorer. Or si l'armée ukrainienne est très faible il n'en va pas de même pour  les forces de l'OTAN, et je ne suis pas certaine que l'armée russe soit des plus performantes et donc que Poutine prenne ce risque. 

Quant à l'éclatement de l'Ukraine, il ne pourrait se faire dans les mêmes conditions très faciles où s'est fait le rattachement de la Crimée à la Russie, en outre les réactions de l'ensemble des pays de l'ONU seraient des plus hostiles puisque ce serait une violation incontestable de la souveraineté nationale. 

Pierre Lorrain : Il me semble que le problème de la division de l’Ukraine est secondaire pour le Kremlin. Le véritable intérêt de la Russie est d’avoir un partenaire économique et stratégique stable. Pour bien comprendre, il convient de revenir sur la situation entre la Russie et l’Ukraine depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Même si l’URSS était officiellement un État fédéral, il était géré par le Parti communiste soviétique comme un État unitaire. C’était particulièrement vrai dans le domaine industriel. La production d’un bien était éclatée sur l’ensemble du territoire et plusieurs usines situées dans des républiques y contribuaient. Cela créait une interdépendance, source de bien de problèmes au moment de l’éclatement. En Ukraine, le secteur industriel était particulièrement développé, mais ce n’était pas un avantage : le complexe militaire se taillait la part du lion dans la production. Or, les biens produits ne pouvaient être vendus qu’à la Russie et aux autres pays de l’ex-URSS. Des moteurs conçus pour des hélicoptères soviétiques Mil ne pouvaient tout simplement pas être proposés à des constructeurs européens ou américains. Réorienter la production supposait des modifications considérables et très onéreuses dans les chaînes de fabrication. De plus, à quoi bon chercher de nouveaux débouchés alors que l’on dispose déjà d’une clientèle captive qui ne demande qu’à continuer d’acheter vos produits. Voilà comment ont persisté des liens d’interdépendance industrielle et économique entre l’Ukraine et la Russie. De plus, l’Ukraine est énergétiquement dépendante de son grand voisin qui, depuis la fin de l’URSS, lui fournit du pétrole et du gaz à des prix inférieurs à ceux du marché.

Si l’est et le sud de l’Ukraine sont "pro-russes", comme on dit généralement, ce n’est pas seulement à cause d’une proximité culturelle et linguistique multiséculaire, mais également parce que l’industrie ukrainienne se concentre dans ces régions et que ses débouchés se trouvent en Russie.

Cette situation s’est singulièrement compliquée au gré de la crise politique qui secoue l’Ukraine de manière quasi permanente depuis la "révolution orange" de l’hiver 2004-2005. En gros, les urnes n’ont pas permis de dégager de majorité viable sur le long terme à la Verkhovna Rada, le Parlement ukrainien. Le Parti des Régions (russophile) arrive toujours en tête des élections, mais il lui est difficile de former des majorités. Il représente un gros tiers de l’électorat, un autre tiers est composé "d’europhiles" de l’ouest de l’Ukraine, hostiles à la Russie, et le reste est formé de partis qui s’allient avec l’un ou avec l’autre en fonction des circonstances.

Pour Moscou, il est important que les autorités de Kiev sachent garder un équilibre entre leurs aspirations européennes de l’ouest du pays et les impératifs industriels de l’est. Quand elle était Premier ministre, Ioulia Timochenko y était très bien parvenue. C’était le cas également après 2010 et l’élection de Viktor Ianoukovitch à la présidence (bien que d’une manière beaucoup plus rugueuse, Poutine et Ianoukovitch ne s’appréciant guère). Cet équilibre a été remis en question par la prise du pouvoir par le mouvement du Maïdan en février dernier.

Pour éviter des dérives qui mettraient à mal non seulement ses intérêts, mais aussi ceux de l’est de l’Ukraine, la Russie insiste aujourd’hui non sur un partage, mais sur une solution "fédérale" (comme en Belgique ou dans d’autres pays où les tensions interrégionales sont fortes).

La Russie est-elle l'unique responsable des troubles que connaît l'Ukraine ?

Béatrice Giblin : Non bien sûr, les différents dirigeants ukrainiens depuis l'indépendance portent aussi une lourde responsabilité, incompétence et corruption ont mis ce pays dans une situation économique dramatique dont la population fait les frais. C'est d'ailleurs cette situation économique qui permet à Poutine de faire pression sur le gouvernement ukrainien par le biais de sa dépendance au gaz russe que les Occidentaux ne peuvent compenser. L'augmentation massive du prix du gaz que l'économie ukrainienne est incapable d'assumer met de fait le pays dans une position délicate. 

L'Union Européenne a aussi une part de responsabilité en faisant la proposition d'un statut d'association  à l'Ukraine ce qui a fortement inquiété Vladimir Poutine voyant dans cette association le cheval de Troie de l'intégration de l'Ukraine dans l'OTAN ce qu'il ne peut admettre car y voyant une menace directe sur la Russie.

Pierre Lorrain : Si l’on observe le déroulement des événements, il semble au contraire que la principale responsable de la situation est l’Union européenne à cause de son indécision (mais comment agir de manière décidée à 28 pays ?) et de son incapacité à prendre en compte – pour des motifs essentiellement idéologiques – les intérêts de la Russie et de l’est de l’Ukraine. C’est l’Europe qui a refusé, en novembre et décembre dernier, d’engager des négociations tripartites UE-Ukraine-Russie, comme le demandait le gouvernement ukrainien. Les Européens ont oublié que lorsque les intérêts d’un pays sont menacés, il a tendance à les défendre, comme l’ont montré les États-Unis en 1989 avec l’invasion du Panama.

Quelles sont les raisons qui poussent l'Ukraine à se morceler, petit à petit ? Va-t-elle finir par se retrouver complètement fracturée ?

Béatrice Giblin : Ce n'est pas l'Ukraine qui pousse à se morceler mais des populations russophones qui sont russes résidant en Ukraine ou installées en Ukraine depuis longtemps mais se percevant toujours comme russes et qui veulent préserver leurs relations étroites avec ce qu'elles considèrent comme leur pays. En revanche la majorité des Ukrainiens ne veut pas de la partition de leur pays et seul un rapport de force très défavorable l'a contrainte à lâcher la Crimée.

Pierre Lorrain :  Le vrai problème, c’est qu’il n’y a pas une identité, mais des identités ukrainiennes. Le pays est composé de régions qui ont connu des évolutions différentes, partagées au gré du temps entre l’Empire russe, l’Empire austro-hongrois et la Pologne. Le seul dénominateur commun de l’ensemble est la domination soviétique à partir de la Seconde Guerre mondiale. Avec une partie qui considérait son appartenance à l’URSS comme naturelle, puisqu’elle appartenait précédemment à la Russie, et une autre partie qui refusait l’annexion, considérant la présence soviétique comme une occupation.

La Russie jouit aujourd'hui d'intérêts économiques et stratégiques en Ukraine. Quels sont les risques que rencontrerait Vladimir Poutine à tacher d'atomiser l'Ukraine ? Y perdrait-il un marché, un partenaire ?

Béatrice Giblin : L'économie ukrainienne est en très piteux état et sur le plan énergétique très dépendante de la Russie ; aussi je crois que le problème n'est pas économique mais bien géopolitique comme expliqué plus avant. Le projet d'Eurasie de Vladimir Poutine  n'aurait guère de sens sans l'Ukraine et il ne peut admettre que le plus grand pays de son étranger proche échappe à sa zone d'influence. 

Pierre Lorrain : Le but de Vladimir Poutine n’est sans doute pas d’atomiser l’Ukraine, mais justement de préserver ses intérêts économiques et stratégiques. Le développement de la partie industrielle de l’Ukraine est important pour Moscou. C’est d’ailleurs pour cela que la Russie a continué à fournir de l’énergie bon marché à l’Ukraine depuis plus de vingt ans, même lorsque Kiev rechigne à payer.

Aujourd’hui, les usines ukrainiennes assurent la maintenance et la réparation de missiles stratégiques de la force de frappe russe, construisent des moteurs d’avion ou d’hélicoptère et des turbines de navires, ainsi qu’une multitude de composants divers. Cependant, depuis que, la semaine dernière, le gouvernement provisoire russe a décrété un embargo sur les exportations militaires vers la Russie, le complexe militaro-industriel russe étudie des solutions de remplacement. De plus, en rattachant la Crimée, Moscou a sécurisé la base navale de Sébastopol, élément de discorde majeur entre Moscou et Kiev. On peut dire donc que si la crise persiste et si une solution n’est pas trouvée, Moscou perdra certainement un fournisseur important. Mais l’Ukraine perdra, elle, son principal débouché industriel.

 
Commentaires

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  • Par Max68 - 09/04/2014 - 10:19 - Signaler un abus Non mais quel foutage de gueule !

    Mon dieu c'est terrible ! Des referendums, c'est vraiment des techniques de dictateur ça ! Les arguments de l'occident qui ont échoué à annexé l'Ukraine par la plus violente et la plus vicieuse des manières deviennent d'un grotesque et d'un ridicule sans nom ! Une majorité d'ukrainiens voudraient de celui qui a été installé par les violences de partis nazis ? Par quel fait, par quel document Béatrice Giblin et Pierre Lorrain appuient-ils une telle assertion ?!? Si c'était vraiment le cas, il n'y a aucun soucis à se faire pour les résultats du referendum, n'est-ce pas ? Et si Poutine avait, comme l'occident, envoyé des snipers qui tirent sur la police ET les manifestants (comme en Tunisie, en Egypte, comme en Lybie, en Syrie... etc) ? On dirait quoi maintenant ?

  • Par Ory-Nick - 09/04/2014 - 10:41 - Signaler un abus @Atlantico

    Toujours pas signe d'un "expert" qui nous parlera du magnifique viol du traité ABM par les USA ? Viol qui, d'ailleurs, explique le comportement de Poutine à l'égard des ex-satellites de l'URSS ! . Rien que le titre de l'article discrédite totalement les arguments qui sont avancé. Enfin, "arguments"... je pense que les lecteurs comprendront ce que je veux dire... Autre question : Poutine a-t-il intérêt à atomiser l'Ukraine ? Répondre à cette question prouvera que cette article est totalement orienté.

  • Par taramis - 09/04/2014 - 10:59 - Signaler un abus @MAX68

    ''Et si Poutine avait, comme l'occident, envoyé des snipers qui tirent sur la police ET les manifestants (comme en Tunisie, en Egypte, comme en Lybie, en Syrie... etc) ?'' ++++++++++++++ Bruits de chiottes digne du réseau Voltaire.Une toute petite preuve vous éviterait le ridicule.En revanche ,que des forces spéciales Russes soient intervenues à Kiev est devenu de notoriété publique.Agitez vos petits doigts et 2 ou 3 neurones sur le net sur des sites sérieux.

  • Par Ory-Nick - 09/04/2014 - 11:08 - Signaler un abus @Altantico et aux auteurs...

    Sans rire, vous annoncez clairement que l'armée de l'OTAN pulvériserait l'armée Russe ? Méthode Coué ? La Russie a intercepté et détruit un missile de croisière de l'OTAN lors de la crise syrienne. La Russie a intercepté, et capturé, un drone de reconnaissance Predator qui survolait la Crimée. Je trouve que c'est pas mal pour une armée soi-disant à la masse... Il convient également, sur le plan militaire, de faire la distinction entre les doctrine militaire de l'Est et l'Ouest. Ceci permettrait de clarifier les actions russes. . Oh, et il y a aussi une rêgle élémentaire en stratégie (surtout quand on parle de guerre) : ne JAMAIS sous-estimer son adversaire.

  • Par wolfgangamadp - 09/04/2014 - 11:41 - Signaler un abus Ce qui arrive était écrit. A

    Ce qui arrive était écrit. A partir du moment où des gens prennent le pouvoir par la force et forment un gouvernement non représentatif de l'intégralité du pays, en supprimant même une langue parlée par tous,, ça ne peut que mal se passer... En Crimée tout le monde est très content, y compris les retraités qui ont une retraite 2 x plus élevée désormais... Poutine ne peut pas décemment laisser faire ce genre de coups d'etat à ses portes, alors qu'il y a encore peu de temps cette population était soviétique et reste de culture 100% russe. Poutine ce n'est pas de Gaulle et les Harkis... Et puis tout le monde a bien compris que l'Ukraine est un domino que les USA et leurs laquets européens ont fait tomber pour passer en suite au domino suivant : la Russie et son pétrole (1er producteur mondial). Bref Poutine est loin d'être idiot et résiste. Ce mec est une chance immense pour son pays. Quant à la France, si les Flamands faisaient un coup d'etat et que les Walolons faisaient un référendum massivement favorable à l'indépendance et au rattachement avec la France, on ferait quoi en France ? on annexerait les Wallons, ça semble évident. C'est ce qui s'est passée en Ukraine avec la Russie.

  • Par Piotr de Paris - 09/04/2014 - 11:49 - Signaler un abus Il faut lire l'article avant de dire n'importe quoi !

    @Ory-nick et Max68 Visiblement, vous n'avez pas lu l'article. Il ne me semble pas que les experts, en tout cas Pierre Lorain, tiennent les propos que vous leur prêtez. Ses explications sont à l'antipode du titre provocateur donné par Atlantico. D'ailleurs, en tant que Russe habitant en France, je dois dire que Lorain est l'un des rares spécialistes français (et peut-être le seul) qui ait compris quelque chose à la crise ukrainienne et reste objectif sur Poutine.

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 12:09 - Signaler un abus bon article mais titre trompeur !

    L'article pointe clairement la responsabilité de l'Europe et du gouvernement ukrainien dans les troubles actuels, ce qui contredit la version donnée dans la plupart des médias français. Cela change de la version de propagande qui compare Poutine à Hitler et qui est reprise dans la presse gauchiste ( le monde et Libé) Par contre, je pense aussi que Béatrice Giblin se trompe car elle sous-estime l'armée russe. La même armée n'était pas performante il y a 10 ans de cela mais ce n'est plus le cas maintenant ! L'article oubli aussi le rôle malsain joué par les états unis dans les troubles. Certains médias internationaux annoncent la présence de 150 mercenaires américains du groupe militaire privé Greystone qui porterait l'uniforme de l'armée ukrainienne et qui s'en prendrait aux populations russes d'Ukraine. En 1 mois, le premier ministre ukrainien que j'avais qualifié à juste titre de fou dangereux (et je ne suis pas le seul..), à réussi à mettre le pays à feu et à sang ! On parle de Poutine mais il serait juste de pointer le vrai responsable de ce chaos, Obama ! Et derrière Obama, il y a encore pire, Brzezinski, le fou ultime qui façonna Ben Laden et encouragea la création d'Al Qaida

  • Par pehm - 09/04/2014 - 12:18 - Signaler un abus Otan en emporte le vent

    L'analyse de monsieur Lorrain me semble plus sérieuse et mesurée que celle de madame Giblin qui laisse entendre que Poutine serait intimidé par la possibilité d'une intervention de l'OTAN...

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 12:19 - Signaler un abus @Piotr de Paris

    tu as bien raison. Atlantico s'est planté dans son titre, je l'ai moi aussi indiqué. Comme tu le dit, Pierre Lorrain fait parti des rares véritables spécialistes de la Russie qui sont objectifs. Dans un article précédent ou un de ces spécialistes russes bidons qui sont anti-Poutine et qui nous racontent toujours la même chose, j'avais fortement mis en cause l'objectivité de cette personne d'autant plus qu'elle disait que la Russie s'est écroulé depuis fin 1989. j'avais interprété cette dernière réflexion comme un lapsus car il était pour moi évident que cette personne était un communiste nostalgique de l'URSS et de la période communiste qui déteste Poutine car il a mieux réussi que les communistes !

  • Par Gringo Nedromi - 09/04/2014 - 12:26 - Signaler un abus Avec Gorges Bush

    Ils était impensable que l'UE s'associent étroitement aux dérives militaro-stratégique des Etats-Unis, comme en Irak ou ailleurs. B'Ombama est bcp plus dangereux que Bush et bien plus pervers. Il est arrivé à fédérer l'occident dans les multiples croisades US, tout en se donnant le beau rôle. Cet homme est infiniment plus dangereux que Bush Junior. Et non moins inquiétante, cette dérive occidentale qui nécessite de se trouver un ennemi, un pays, une nation, un homme à abattre au moins une fois par an? Est-ce la perspective du déclin qui pousse ainsi tout ce joli monde à vouloir en découdre, pour tenter de raffermir une puissance qui vacille? Sont-ce les forces obscures des financiers et des ayatollah de la mondialisation qui les poussent a démolir toute nation qui aurait tendance à vouloir s'y opposer? Au nom prétendument de sacro-saints principes démocratiques sont l'UE semble de plus en plus prône a se dispenser "à la maison"? Tout ceci n'augure rien de bon pour l'avenir.

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 12:36 - Signaler un abus @ gringo Nedromi

    b'Ombama est comme tu le dit beaucoup plus dangereux que Bush car il est plus sournois et plus malléable intellectuellement. Bush, c'était la charge de cavalerie, on fonçait dans le tas, sa stratégie était assez claire ! Obama est un homme qui a toujours était la marionnette d'intellectuels fanatiques et cela depuis son adolescence. comme tu le dit, les Etats Unis s'effondrent et deviennent de plus en plus agressifs mais ils n'ont plus les moyens d'interventions militaires.

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 12:37 - Signaler un abus Ukraine

    @ lucuis Vous avez parfaitement raison dans votre analyse. Enfin quelqu'un qui échappe au lavage de cerveau que nous infligent en permanence les medias à la solde de l'Empire.

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 12:42 - Signaler un abus @ Piotr de Paris

    Nous avons d'autres bons spécialistes français qui ont fait des bons articles dans Atlantico sur l'Ukraine -le général Pinatel -Alexandre Latsa que tu dois connaitre si tu lis la presse russe car c'est un français qui travaille en Russie. Nous avons aussi malheureusement beaucoup de journalistes bidons qui n'essayent même pas de faire une analyse correcte sur l'Ukraine et qui racontent absolument n'importe quoi mais ils sont de moins en moins lus !

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 12:46 - Signaler un abus @ lobojack57

    il y a de moins en moins de gens qui croient dans les médias d'Etat et il y a de très bons articles sur Atlantico sur cette mafia qui a dirigé la France pendant 60 ans en répandant la pensée unique. Les gens sont de moins en moins dupes...Et cela ne fait que commencer....

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 12:50 - Signaler un abus Obama

    Le problème d'Obama c'est qu'il était plein de bonnes intentions et au départ largement préférable à la belliqueuse Clinton. Mais il n'était pas assez expérimenté et il est rapidement tombé sous la coupe du complexe militaro-industriel qui détient le pouvoir depuis des décennies. Il a tenté d'être progressiste au plan intérieur tout en laissant les mains libres aux bellicistes au niveau international. Il n'y a qu'à voir la tête qu'il pousse lors de l'exécution de Bin Laden pour comprendre qu'il n'est qu'une marionnette entre leurs mains. Mais soyons rassurés, le tandem Poutine/Lavrov est beaucoup plus habile qu'eux.

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 12:55 - Signaler un abus @ lucuis

    Dans cet enfer médiatique, j'ai découvert avec plaisir l'exception ATLANTICO, bienfaisante au niveau mental. J'avais déjà trouvé Réseau Voltaire, qui publie de bonnes analyses. Quant au Monde diplomatique, il dispose de bons analystes mais je le trouve assez faible sur la question de l'Ukraine. Hélas...

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 13:02 - Signaler un abus Russia Today

    Pour une contrepoison, il y a aussi Russia Today (RT), qui vient de mettre en ligne un bon interview de Ron Paul, l'ancien candidat aux élections U:S. Il demande que les U.S. cessent de mettre leur nez dans les affaires d'autres pays tout autour de la planète, et qu'ils s'occupent de résoudre enfin leurs gigantesques problèmes internes. C'est ce que voulait faire Obama, mais il s'est heurté aux réalités du pouvoir.

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 13:20 - Signaler un abus @ lobojack57

    Atlantico n'existe que depuis 4 ans et je l'ai découvert en 2012. Je fus mois aussi surpris de découvrir un média indépendant avec un regard objectif sur l'information. Atlantico à réussit à contourner le problème des écoles de journalistes qui fournissent un journaliste type issu du même moule dont seul quelques rares cas à la forte personnalité ont pu s'extraire en France. Atlantico utilise des intervenants et un petit noyau de journalistes ce qui le différencie des autres médias ...pour notre plus grand bonheur ! quant au Monde, je l'ai souvent lu il y a longtemps que je ne le lit plus car il fait partie d'un univers médiatique lobotomisé qui n'a aucune liberté de parole. C'est un journal beaucoup trop politiquement correct qui n'apporte rien d'intéressant. D'ailleurs si tu vas sur les forum de discussions du Monde, tu constateras que tout le monde pense pareil, il n'y a pas vraiment de diversité d'opinion comme sur Atlantico !

  • Par Ory-Nick - 09/04/2014 - 13:25 - Signaler un abus @Piotr de Paris

    Je l'admet, je n'ai pas lu l'article autrement qu'en diaguonale : voyant le titre, je préfèrais éviter de lire les mêmes aneries que celles que nous rabâche la Propagandstaffel de la NATO... Je vais donc prendre un moment pour le lire plus en détail... ;-) . Je m'y attelerais !

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 14:34 - Signaler un abus @ lucuis

    Le Monde ? Je le lisais quand j'étais étudiant, mais il a beaucoup évolué et a été absorbé par le système. C'est maintenant un perroquet atlantiste parmi beaucoup d'autres. Le Monde diplomatique est différent et se tient à distance du "mainstream", mais sa qualité d'analyse a baissé et il commence à me décevoir. Sans doute en raison de ses problèmes financiers. Le Web devient le seul moyen d'échapper à la pensée unique.

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 14:38 - Signaler un abus Alternatives

    Au niveau de la presse occidentale, seuls The Guardian et Der Spiegel échappent à la pensée unique. En Suisse, dans une certaine mesure, Die Weltwoche. Quant aux USA. Le New York Times était bien mais il est sous influence croissante. Le Washington Post également.

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 15:55 - Signaler un abus @lobojack57

    je lis aussi la presse anglaise et allemande. Merci pour les infos pour les journaux américains, je trouve aussi que c'est de pire en pire !

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 16:07 - Signaler un abus @ lucuis

    Pour le dire comme les hispanophones : les medias de masse vont "de Guatemala a Guatepeor" ! C'est la machine à décerveler du roi Ubu. On a le choix entre le bourrage de crâne atlantiste et les rubriques "people".

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 16:19 - Signaler un abus @ lucuis

    Alors si vous parlez l'anglais, allez voir online sur rt.com/on-air/ C'est Russia Today en anglais et ils ont beaucoup de correspondants au dehors, notamment à Washington ! Une mine d'or d'informations online. Par exemple sur les mercenaires de Greystone.

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 16:29 - Signaler un abus @lobojack57

    Le fait que les médias parlent de plus en plus d'une façon monolithique a aussi entrainé la création de nombreux sites d'informations un peu partout. Il y a quand même de plus en plus une méfiance vis a vis des grands médias qui ont trop mentis pour être crédibles. J'avais vu un sondage qui disait que 75% des personnes n'avaient plus confiance dans ce que disaient les principaux médias. Concernant les sites russes, je parle un russe moyen qui me permet de comprendre l'essentiel mais mon niveau est trop faible pour comprendre les détails alors que mon anglais et mon allemand sont nettement meilleurs !

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 17:00 - Signaler un abus @lobojack57

    certains sites russes sont maintenant traduits en plusieurs langues, dont le français, c'est le cas de RIA NOVOSTI qui est un des principaux médias russes et qui a un site en français. fr.ria.ru qui parle aussi de ces mercenaires américains. Il y a notamment un article d'un homme politique américain important qui demande d'arrêter immédiatement l'utilisation de ces milices privées car il y avait déjà eu de nombreuses bavures en Irak et dit qu'elles sont incontrôlables .

  • Par Anguerrand - 09/04/2014 - 17:01 - Signaler un abus Et le droit à l'autodétermination des peuples?

    Comment peut on empêcher des régions qui se sentent russe de reprendre leur indépendance et leur rattachement à la Russie. La " poutinophobie" incline les dirigeants européens et socialistes en particulier à refuser ce qu'ils prônent en général. Au Kosovo nous avons détaché cette région de la Serbie, sans mandat international et sans référendum, alors la morale.... Les nouvelles frontières de l'Ukraine devraient être définies suite à des référendums des régions pro Russe, c'est ça la démocratie.

  • Par Parousnik - 09/04/2014 - 19:25 - Signaler un abus @ Béatrice Giblin

    Si l'Organisation Terroriste de l'Alliance Nord (OTAN) pouvait sans RISQUE bombarder et piller la Russie cela aurait été fait depuis longtemps...C'est d'ailleurs sans doute pour pouvoir attaquer la Russie par surprise et sans risque que l'Ukraine est indispensable à cette organisation criminelle car la Russie, contrairement à aux précédentes agressions de l'OTAN, Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Libye etc ...a les moyens nucléaires de répondre et détruire les EU et l'Europe... de plus la Chine serait obliger d'entrer dans le conflit et je ne crois pas qu'elle viserait Moscou... Certes en cas de conflit nucléaire il ne restera rien de la Russie mais ici aussi en Europe et en Amérique du Nord il ne restera rien... Naguère l'URSS avait importé des missiles nucléaires à Cuba pour répondre à l'installation de missiles nucléaires étasuniens en Europe... et les uns et les autres ont retiré les ogives... mais dites moi pourquoi les EU tiennent ils tant à installer des armes nucléaires en Europe en Asie... ? La Russie a t elle le droit de se protéger ?

  • Par Duffy - 09/04/2014 - 19:34 - Signaler un abus A bas les laquais des banksters internationnaux?

    Pourquoi les interviewer? C'est une insulte de plus faite aux lecteurs.

  • Par Duffy - 09/04/2014 - 19:41 - Signaler un abus Organisation Terroriste de l'Atlantique Nord

    Association de criminels de guerre et de marchands de canons qu'il faut dissoudre. L'armée russe infligerait de sévères pertes a ses mercenaires surpayés et gras, dont le matériel surfacturé est souvent dépassé - en position de monopole depuis 25 ans ses fournisseurs n'ont fait de progrès que dans le domaine de la facturation et de la corruption des décideurs politiques et militaires. Les russes et les chinois en tant que challengers ne cessent de chercher à les dépasser et y parviennent. Leurs missiles conventionnels sont capable de couler les porte-avions Occidentaux et sont difficilement parables. De même les avions occidentaux échapperaient mal aux missiles russes. Un conflit avec la Russie ne serait pas la réédition du martyre infligé sans risque à la Yougoslavie.

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 20:23 - Signaler un abus Gameplan

    Le plan est clair: la Russie veut tout simplement que l'Ukraine ait une nouvelle constitution fédéraliste respectant les droits des minorités. Pas question de démembrer ce pays, au contraire. Il faut qu'il reste ensemble et que sa neutralité soit inscrite dans sa constitution. Ainsi il ne pourra pas entrer dans l'OTAN, ce qui empêchera le déploiement de missiles au bord de la Russie. Les troubles actuels dans l'Ukraine orientale ont pour seul but d'amener les adversaires de la Russie à la table des négociations. La Russie ne veut pas de conflit armé. Le pouvoir à Kiev met les pieds contre le mur mais les Américains devront tôt ou tard les contraindre à signer. En outre les firmes allemandes ont d'énormes intérêts en Russie, alors elle ne vont pas se sacrifier pour l'amour d'une bande de putschistes, chose que la grosse Merkel n'a pas encore compris...

  • Par lucuis - 09/04/2014 - 20:58 - Signaler un abus l'ukraine fragilisée

    La Russie n'a aucun intérêt à avoir une Ukraine en mille morceaux façon ex-Yougoslavie. Par contre le problème est davantage la complexité et l'instabilité de la structure mise en place. -Le gouvernement est géré par le premier ministre Iatseniouk ( le président n'a que peu de pouvoir) , un homme dont l'incompétence autant que la radicalité intellectuelle font courir un risque énorme. Ce clown à été soutenu par les Etats Unis pendant le coup d'Etat et a multiplié les maladresses, il est extrêmement dangereux ! -les mercenaires américains qui portent l'uniforme ukrainien sont également des spécialistes de la bavure, l'Irak en est un exemple ! -des groupes de milices ultra-nationalistes qui depuis le début font régner leur propre loi ! Les assassinats de journalistes et d'hommes politiques se sont d'ailleurs multipliés surtout à Kiev La tension reste vive dans l'Est du pays et cela pourrait vite s'enflammer car Iatseniouk à lancé un ultimatum aux manifestants pro-russes pour qu'ils cessent toute manifestation. Pendant ce temps le gros des médias français continue son bashing anti-Poutine mais les commentaires sur les forums montrent qu'ils sont de moins en moins suivis !

  • Par lobojack57 - 09/04/2014 - 22:31 - Signaler un abus @ lucuis

    Bien sur, je partage votre analyse et vos craintes, ces types sont dangereux. Mais ce que je dépeins sont les objectifs primaires de Poutine, tout en sachant qu'il pourra les modifier si nécessaire, dans le cas où les USA resteraient jusqu au boutistes dans leur appui à la bande au pouvoir à Kiev. Poutine a de nombreux atouts en main dans cette affaire et lui et Lavrov sont assez habiles pour laisser les Américains et leurs vassaux céder sans perdre la face, comme ils l'ont fait en Syrie. L'issue du bras de fer ukrainien est prévisible, mais le problème est d'y arriver sans que quelqu`un perde la face. Donc la diplomatie doit s'accompagner de gesticulation, comme toujours.

  • Par Ory-Nick - 10/04/2014 - 10:07 - Signaler un abus @Parousnik - 09/04/2014 - 19:25

    En fait, les missiles soviétiques de Cuba constituaient l'un des plus gros bluffe de l'Histoire. L'URSS n'ayant transféré que 4 à 6 "lances" réelles. Le reste ? Des leurres ayant pour but de faire douter les services de renseignements US sur les capacités nucléaires des soviétiques. En fait, en cas d'attaque, l'URSS n'aurait pas pu répliquer comme elle l'aurait voulu. L'Ukraine ne serait pas une "base permettant à l'OTAN de faire une attaque surprise sur la Russie". Cela n'a absolument intérêt si on considère les capacités de projection des membres de l'OTAN (USA en tête). L'Ukraine est cruciale pour l'implantation de systèmes du bouclier anti-missiles US (on ne parle pas d'implanter des armes nucléaires). En outre, cela constitue une violation du traité ABM (qui encadre l'utilisation de ces contre-mesures). Pour faire simple, lorsque ce bouclier sera opérationnel, la dissuasion nucléaire n'existera plus envers les russes. Il n'auront virtuellement aucun moyen de riposter à une attaque nucléaire car leurs ICBM seraient systématiquement interceptés et détruit.

  • Par hgo04 - 10/04/2014 - 10:43 - Signaler un abus EUROPE USA et OTANT mettent la pagaille

    et ils voudraient faire porter le chapeau à la Russie??? Que fait la France en Afrique?? Elle défend ses intérêts. Qu'a fait les USA au panama, en Irak?? elle a défendu ses intérêts.. Et comme ça, on brandit l'étendard des droits de l'homme (pffff) quand al Russie veut défendre les siens??? Laissez nous rire un peu. Je ne suis ni pour ni contre les Russes.. Par contre j'ai en horreur la mauvaise foi et aux mensonges mis en place dans cette région... La Russie fera partie de l'europe, elle y a plus sa place que la Turquie... Je me doute que cela emmerde les USA!

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Béatrice Giblin et Pierre Lorrain

Béatrice Giblin est géopoliticienne. Ancienne élève d’Yves Lacoste, elle a dirigé l’Institut français de géopolitique à l’université de Paris VIII. Elle est notamment l'auteure de "Les conflits dans le monde. Approche géopolitique" (Armand Colin, 2011).

Pierre Lorrain est chercheur indépendant spécialiste de l’URSS et de la Russie. Il est également journaliste et écrivain.

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