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Pourquoi l’amélioration de la croissance risque d’être freinée par le manque de bras

Les clignotants de la conjoncture sont au vert, comme on ne l’avait pas observé depuis au moins six ans. Mais plusieurs éléments assombrissent ce tableau mirifique.

Edito

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Pourquoi l’amélioration de la croissance risque d’être freinée par le manque de bras

Les économistes le clament haut et fort et l’Insee leur emboîte le pas. Les clignotants de la conjoncture sont au vert, comme on ne l’avait pas observé depuis au moins six ans. Les taux d’intérêt demeurent très bas, l’inflation est faible, les investissements repartent, l’expansion qui caractérise la zone euro stimule l’activité. Un vent d’optimisme souffle sur l’hexagone, en raison d’un retour sans précédent de la confiance depuis l’élection présidentielle, alors que la cote de popularité du chef de l’Etat marque des points.

Témoins de ce changement dans le climat général : l’euphorie qui règle dans le secteur du bâtiment ou plus de 950 000 logements ont été vendus cette année, soit quinze pour cent de plus que l’an  dernier. Autant de facteurs favorables qui expliquent le relèvement des prévisions officielles sur la croissance. Alors qu’on prévoyait au début der l’année une amélioration à peine supérieure à un pour cent, l’Insee avance un chiffre proche de deux pour cent, qui permettrait à l’Etat de bénéficier de ressources supplémentaires dont ses finances ont bien besoin.

Ce tableau mirifique auquel le pays n’était pas habitué comporte toutefois quelques zones d’ombres et la permanence de certains risques pour l’avenir. Si la tendance présente est acquise au moins pour les six mois à venir, certaines préoccupations se font  jour pour la suite. Notons d’abord que le rythme présent est inférieur de l’ordre d’un demi-point à celui de la moyenne de la zone euro, en raison des freins traditionnels qui caractérisent l’économie hexagonale et qui n’ont pas encore été levés. Les réformes annoncées par les ordonnances ne vont réduire qu’à la marge les rigidités du marché de l’emploi. Les énormes carences en matière de formation professionnelle ne pourront se résorber avant plusieurs années d’efforts continus pour réduire les handicaps en la matière. Et le principal obstacle à surmonter désormais ne réside pas dans les moyens financiers des entreprises, qui ont reconstitué leurs marges, ni dans la volonté des patrons qui ont retrouvé le goût d’investir, mais dans la pénurie de personnel disponible. C’est un paradoxe de constater qu’un pays où le taux de chômage est l’un des plus élevés des grands pays avec 9,4%, manque finalement de bras pour faire face à la demande. On  note une montée en flèche des emplois non  satisfaits évalués à près de 300 000. Il s’agit d’un véritable goulot d’étranglement qui finit par brider l’activité. Ainsi dix pour cent des entreprises industrielles ont limité leur production au troisième trimestre faute de main d’œuvre suffisante et dans les services le pourcentage monte à vingt pour cent. Conséquence  immédiate : le chômage stagne ; il pourrait même augmenter au début de l’an prochain en raison de la suppression des contrats aidés qui pourraient tomber de 150 000 à 70 000 par trimestre. Or, l’on sait combien cet indicateur est sensible à nos compatriotes.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 22/12/2017 - 10:43 - Signaler un abus Aaaaah, le vent de l’optimisme gauchiste!!!!

    Comme au bon vieux temps des dictatures socialistes d’avant-mur, les journalistes et analystes, dans leur niche, aboient joyeusement dès que tombe une brindille arrachée par le vent (mauvais) macroniste. La lobotimisation par les écoles de journalisme et l’ENA a parfaitement fonctionné. Nous allons réclamer son remboursement par la SS...

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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