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Pour bien vieillir, une seule solution : s'y prendre dès ses 20 ans !

Le processus du vieillissement commence dès 18 ans. Le docteur Christophe de Jaeger préconise donc de se prendre en charge assez tôt afin d’optimiser sa santé le plus longtemps possible. Extraits de "Nous ne sommes plus faits pour vieillir" (2/2).

Miroir, mon beau miroir

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Pour bien vieillir, une seule solution : s'y prendre dès ses 20 ans !

Le saviez-vous ? A 50 ans, nous avons trente ans de vieillissement derrière nous ! Crédit Flickr/mikebaird

Qui se sent vieillir à 35 ou 40 ans ? A 50 ans, nous avons trente ans de vieillissement derrière nous ! Trente années de détérioration progressive. On peut se croire très bien à 50 ans, mais sur le plan physiologique, nous avons trente années d’usure derrière nous.

Devons- nous attendre d’avoir 20 ou 30 ans de plus pour réagir ? Devons- nous attendre d’être malade pour réagir ? Idéalement, il faudrait commencer à se poser des questions dès 20 ans, moment où l’on est au maximum de ses capacités physiologiques.

Malheureusement, il existe un frein majeur à ce type de démarche : le déni. A 20 ans, on se sent immortel ! La vieillesse n’a pas de sens, tout du moins pour soi. A 30 ans, tout va bien et on est plutôt préoccupé par ses aspirations professionnelles et/ou familiales. A 40 ans, les lignes bougent. On sent bien que son corps change. La peau n’est plus la même. On a besoin de plus de temps pour récupérer. On a besoin de « gérer » son sommeil. La concentration est plus difficile. Le stress fait des ravages. On commence à aller (ou penser aller) chez un médecin, certes pour des broutilles, mais on y va. Heureusement, il n’y a rien de grave et de toute façon, on ne peut pas se le permettre, car le travail nous prend complètement, ainsi que notre famille.

J’ai coutume de dire que nous sommes entre 30 et 50 ans les victimes d’un « holp-up » temporel. Nous ne vivons plus, nous ne décidons plus grand- chose, nous avançons prisonniers de notre environnement social, professionnel, familial. Et puis, un beau jour, voici nos 50 ans. Il s’agira peut-être pour certains de 48 ans et pour d’autres de 56 ans. Les enfants sont partis, on est dans son dernier cycle professionnel avant la retraite, et l’on est face… à soi… et à l’autre, lorsqu’il est toujours là. Le constat est à ce stade souvent amer. La réaction la plus habituelle est alors le rejet, le déni. On travaille encore plus, on va voir ailleurs, on raconte à qui veut bien l’entendre (et sans tromper personne) que l’on est en pleine forme…

Une autre réaction est possible : décider de se prendre en charge, devenir un acteur de son propre vieillissement. Décider de lutter contre ce qui apparaissait encore il y a peu de temps comme inéluctable. Décider d’améliorer, de renforcer son capital santé par des mesures actives touchant son mode de vie, la correction physiologique de ses carences, y compris hormonales, etc. Mais cela nécessite du courage, de la volonté, de l’application… ce qui n’est pas toujours évident à 50 ans ou plus. Alors, beaucoup préféreront renoncer au combat quotidien en se confortant dans l’idée qu’il est impossible de changer son destin biologique. Ils se résigneront à un quotidien dramatique, mais partagé par le plus grand nombre, plutôt que d’entreprendre un combat de chaque jour pour la préservation et l’accroissement de leur capital santé. Face aux enjeux personnels de notre vieillissement et à la passivité du plus grand nombre, je ne peux m’empêcher de penser au naufrage dramatique duTitanic que beaucoup de gens ont encore en tête grâce à l’émouvant film américain réalisé par James Cameron en 1997. Le paquebot coule dans la nuit noire, mais les gens continuent à danser, alors que l’eau glacée arrive à leurs chevilles et que le plancher penche… en espérant un miracle ou plutôt, en plein déni d’une réalité cruelle. D’autres ont lutté, sont parvenus aux chaloupes et à chaque étape, ont augmenté leurs chances de survie. La survie est dans la lutte au quotidien contre cette forme de cancer, qui nous ronge progressivement le corps et l’esprit, qu’est le vieillissement.

Mais a- t-on à 50 ans encore envie de lutter ? Le jeu en vaut- il la chandelle ? L’aspect psychologique est certainement l’une des difficultés majeures dans la quête d’une plus grande longévité en pleine santé. Psychologique, parce que toute une partie de notre être refuse d’y croire et cela correspond à ce besoin de confort que l’on trouve dans les certitudes, même si elles vous conduisent, doucement certes, mais sûrement, au décès. Plus on vieillit, et plus c’est pour nous difficile d’accepter ce qui n’est pas simplement un changement conceptuel, mais une révolution : agir sur son vieillissement, augmenter sa longévité en bonne santé. Il est également de plus en plus difficile d’accepter que l’on n’a pas fait à temps ce qu’il fallait, lorsque l’on ignore qu’il n’est jamais trop tard pour commencer.

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Extrait de "Nous ne sommes plus faits pour vieillir" aux éditions Grasset (9 mai 2012)

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 03/08/2012 - 10:03 - Signaler un abus bien vieillir :o)

    Une mort naturelle,c'est quand on meurt seul sans l'aide d'un médecin. Mark Twain Je viens d'avoir cent ans, si j'avais su que je vivrais aussi longtemps, j'aurais fait plus attention à ma santé. E. Blake

  • Par texarkana - 03/08/2012 - 10:53 - Signaler un abus Moi j'ai toujours fait attention à ma santé!

    et à 20 ans je ne me sentais pas immortel (déjà je ne supportais pas les nuits blanches, donc pas de "fiestas-rencontres", mais sans regret) je bois raisonnablement (un verre de grand cru de temps en temps), déteste la vitesse,elques joints jeunes rien de méchant)je fais (modérément) du sport donc à 57 ans bien qu'en surpoids (j'aime manger) je suis en bonne santé . Mais en France c'est plus sexy de jouer au mec qui "brûle sa vie par les 2 bouts"!

  • Par carredas - 03/08/2012 - 10:56 - Signaler un abus Quelle perspective enthousiasmante...

    Passer sa jeunesse à anticiper sa vieillesse !

  • Par HM_974 - 03/08/2012 - 17:27 - Signaler un abus La mort au quotidien

    Et vivre son temps, sa jeunesse, ses excès !! Le monde devient jour après jour d'une tristesse impressionnante. L'homme ne serait plus qu'une machine à protéger afin de répondre le plus longtemps possible aux "bienfaits" de la consommation. Triste monde, triste média et triste culture. Atlantico, comme beaucoup de médias, n'a aucun recul et publie ce genre d'articles sans analyse. Cela démontre que ce média n'est en fait qu'un gigantesque blog orienté et sans politique éditoriale structurée. Dommage pour eux !

  • Par boblecler - 04/08/2012 - 11:31 - Signaler un abus J'ai 40 ans, je n'ai jamais

    J'ai 40 ans, je n'ai jamais fumé de joint, je bois de l'eau et de temps à autres des sodas et je me porte bien , bien qu'asthmatique, je fais des nuits blanches et je suis content car pour bien vieillir sans stress il faut être content faire son job ou en trouver et se moquer du reste, et être philosophe avec tous les grognons!!!!!

  • Par Ajar - 04/08/2012 - 17:14 - Signaler un abus Les hommes vieillissent

    Les hommes vieillissent toujours mal quand ils restent jeunes.

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Christophe de Jaeger

Le docteur Christophe de Jaeger est médecin physiologiste, professeur de physiologie médicale, directeur du département de physiologie de la longévité (IDJ – Paris).

Il est l'auteur de "Nous ne sommes plus faits pour vieillir" aux éditions Grasset.

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