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Ce que peuvent faire les PME pour la croissance et l'emploi

Pour Jean-Paul Betbèze, aucune sortie de crise n'est possible sans l’entreprise, celle qui naîtra, celle qui embauchera, celle qui croîtra. Dans "2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France", il lance un appel (Extrait 2/2).

100 jours pour refaire la France

Publié le

Si c’est aux entrepreneurs d’agir, autant parler directement avec eux, leur demander ce qu’il leur faut pour soutenir la croissance et l’emploi, discuter avec eux et les syndicats de salariés pour ce qui les concerne, avec les pouvoirs publics pour le reste, et signer. Il ne faut pas nécessairement 100 jours pour cela. On peut même commencer tout de suite : ça s’appelle la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise.

On doit aller au-delà. Les salariés savent bien, notamment dans les PME, que les règles sociales et fiscales correspondent souvent à de grandes structures qui ont les moyens de les financer, avec le temps des responsables et les compétences qui vont avec. Pour aller plus loin dans la reconquête de la compétitivité, en approfondissant le dialogue social et managérial, il faut reconnaître que des adaptations ont déjà eu lieu partout, sur les temps et conditions de travail. Pour résister. Mais elles mettent souvent en risque juridique les responsables des entreprises.

Nous avons un vaste droit du travail et peu d’inspecteurs du travail. Certains (voir le rapport de Daniel Cohen, par exemple) proposent d’en accroître le nombre pour apaiser les relations sociales. Sauf si on décide plutôt de susciter des ajustements locaux au sein des entreprises, pour les petites et les moyennes, avec recours au droit du travail (et aux inspecteurs) en cas de désaccord.

Le retour à la compétitivité ne passe pas seulement par la modération salariale, ce qui pourrait dénaturer le projet en faisant dire qu’il s’agit de bloquer, voire de baisser, les salaires. Il s’agit en réalité de trouver de nouvelles relations de travail, de nouvelles règles du jeu, un nouvel esprit managérial dans les petites entreprises, d’un côté, dans les moyennes, de l’autre. C’est un pacte complet qu’il faut, adapté aux tailles et aux situations, pas écrire encore plus de règles en demandant plus de vérifications. Un contrat d’entreprise sera discuté et proposé aux salariés, avec leurs délégués.

Il faut sortir de notre manie des référents et autres coresponsabilités sous l’égide de la fonction publique. Il faut revoir ces réunions où chacun peut demander d’autant plus au « chef d’entreprise » qu’il n’a jamais dirigé d’entreprise, ni ne peut décider. Cette démarche entretient ce climat de demandes et de suspicion que nous avons avec l’entreprise en France. Il faut passer au contrat et au pacte. Il faut demander à l’entreprise de former, de prendre des jeunes dans des stages en les traitant convenablement, de promouvoir l’égalité des sexes, de réduire l’écart entre ces deux mondes qui ne se parlent pas, l’école et l’entreprise.

En même temps, il faut lui simplifier la vie, la vie fiscale – avec un guichet unique pour traiter ses problèmes et régler ses impôts –, la vie sociale – avec une simplification des règles du droit du travail –, la vie concurrentielle – avec une carte de France lisible des régions, des pôles de compétitivité et pas l’empilement désespérant de compétences et de normes que nous vivons. Cest là une révolution sociale et managériale. C’est la seule avancée qui soutiendra notre tissu économique et social.

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Extraits de 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, PUF (4 janvier 2012)

 
Commentaires

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  • Par iznogoud - 15/01/2012 - 11:09 - Signaler un abus ... et ce que la politique peut faire pour les PME....

    En effet, les PME sont le véritable moteur de l'économie. Mais comme ils est beaucoup plus spectaculaire de parler d'une (grosse) entreprise qui licencie 500 personnes, que de 50 qui en embauchent chacune 10, nos politicards ne font des lois que pour les "world companies", qui ont pléthore de juristes pour savoir comment les contourner, pendant que les PME se font écraser !

  • Par flogo - 15/01/2012 - 12:15 - Signaler un abus Voila enfin quelqu'un

    qui parle des "entrepreneurs". L'économie française se fait par les PMI, PME et grosse PME, ainsi que les petites du CAC40. Le reste, dont parle les médias, ne représente que très peu dans notre économie interne, seulement à l'export.. Pour obtenir une amélioration de l'activité intérieure (les emplois) il faut aider les entreprises non délocalisables et non les internationales.

  • Par vangog - 15/01/2012 - 15:36 - Signaler un abus Avec le risque que la Gauche revienne, une PME ne peut embaucher

    car ses ratios de charge salariale, qui sont déjà au taquet, augmenteront obligatoirement. Lorsque l'entreprise verse 1400 Euros au travail, elle verse aussi1400 Euros pour financer le non-travail. Si la France revenait à des chiffres plus conformes à la réalité mondiale (disons la moitié: 700 E), elle pourrait consacrer le solde à réévaluer les salaires, et embaucher, CQFD!

  • Par vangog - 15/01/2012 - 15:48 - Signaler un abus "Couper dans les charges, réevaluer les salaires et embaucher"

    cela voudrait dire, augmenter d'autant le pouvoir d'achat de ces salariés, donc relancer et couper court à la spirale infernale de l'assistanat que nous propose la Gauche. En proposant exactement l'inverse. l'état devra gérer (mal) et redistribuer (injustement) ce supplément de taxes et d'impôts qu'elle propose. Il lui faudra aussi nationaliser les agences de notation...courage!

  • Par YannCBienMoi - 15/01/2012 - 18:50 - Signaler un abus En finir avec le RSI (régime solcial des indépendants)

    dont le fonctionnement hieratique et opaque détourne les gérants de PME de leur but : avancer, créer, travailler... créer de la valeur ajoutée en définitive et non pas règler du contentieux administratif. A quand la réfondation de ce système sur des bases transparentes et une gestion saine et optimisée.

  • Par laurentso - 16/01/2012 - 09:52 - Signaler un abus Cela fait 20 ans que le coût du travail diminue

    cela ne fait en rien gagner la "compétitivité" des entreprises. Pour deux raisons : 1/ les hauts salaires augmentent, les bas salaires diminuent (avec la précarité de l'emploi). Résultat : perte de motivation et de productivité. 2/ La frilosité des banques, des capitaux risqueurs, le prix des machines-outils (importées). Aujourd'hui, le pb n'est pas le coût du travail, mais celui du capital.

  • Par zelectron - 16/01/2012 - 12:35 - Signaler un abus L'auteur est bien un des rares à avoir compris le film !

    Les élus n'ont jamais su, ne savent pas et ne sauront jamais ce qu'est une PME/PMI, les nouveaux syndiqués en France apprennent dès l'origine à fossoyer les entreprises à coup de bourrage de crâne, les banques à retirer le tapis sous les pieds, les fonctionnaires à ricaner et semer toutes les embûches possibles et imaginables... il n'est pas étonnant que le taux de survie de ces entreprises si bas

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Jean-Paul Betbèze

Jean-Paul Betbèze est président de Betbèze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon).

Son site internet est le suivant :
www.betbezeconseil.com

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