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Plus d’un million de signatures pour le retour du vaccin DTP sans aluminium, et pourtant... les avis d’experts sur le sujet sont toujours aussi partagés

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la vaccination est loin d’être une science exacte. Pas facile dès lors de s'y retrouver entre indications et contre-indications médicales, scientifiques ou étatiques. Voici quelques pistes pour y voir plus clair.

Qui dit vrai ?

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Plus d’un million de signatures pour le retour du vaccin DTP sans aluminium, et pourtant... les avis d’experts sur le sujet sont toujours aussi partagés

Atlantico : Quelle est le but de votre pétition, qui a déjà dépassé le cap du million de signatures ?

Henri Joyeux : Obtenir le DTP SANS ALUMINIUM dans toute l'Europe et au-delà.

La pétition du Professeur Henri Joyeux pour le retour du Vaccin DTP sans aluminium vient de dépasser le cap du million de signatures. Que pensez-vous de ce genre d'initiative ?

Frédéric Pierru : Outre la question de fond, celle de la sécurité sanitaire, incontestable, le succès de ce type d’initiatives montre comment aujourd’hui, après la succession de scandales sanitaires liés aux produits pharmaceutiques – dont l’un des plus fameux est le Mediator – le médicament est devenu un objet politique.

L’industrie pharmaceutique est désormais confrontée à deux concurrents : l’opinion publique emmenée par des figures éminentes de la médecine et des dispositifs publics de veille, d’évaluation de plus en plus drastiques, même s’il reste beaucoup à faire pour les émanciper de l’influence de l’industrie pharmaceutique. Mais regardez le chemin parcouru en trois décennies : dans les années 1980 et même au début des années 1990, il n’exisatait pratiquement rien en matière d’évaluation ou de régulation du médicament. Aujourd’hui le ministère de la Santé est entouré d’un chapelet d’agences. Et autour de ce chapelet d’agences, veille une opinion publique de plus en plus sensible à ces questions et prête à se mobiliser massivement. L’ère de l’impunité est terminée pour l’industrie.

Pouvez-vous expliquer simplement l’intérêt médical d’un vaccin ?

Henri Joyeux : Il prévient la maladie quand l’agent en cause (bactérie, virus, parasite ou champignon) intègre l’organisme par voie cutanée, respiratoire (ORL nasopharyngée), digestive ou sanguine. J’ai dénombré 59 maladies infectieuses (23 bactériennes, 26 virales, 8 parasitaires, 2 dues à des champignons) pour lesquelles on espère trouver le vaccin spécifique. Il s’agit d’une protection individuelle mais aussi collective, ce qui est un argument majeur pour vacciner une population quand les agents en cause sont contagieux.

François Bricaire : L'intérêt médical d'un vaccin, c'est d'assurer une protection contre une maladie en injectant au préalable une partie de l'agent infectieux qui va faire réagir l'organisme et lui faire créer des anticorps, donc des moyens de défense contre la maladie.

Quels sont les vaccins obligatoires à l’heure actuelle ?

Henri Joyeux : En France, sont obligatoires les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la polio, que les spécialistes ont pu réunir en un seul vaccin nommé trivalent (dit DTP). Ils associent deux maladies bactériennes à une maladie virale, la poliomyélite.

Les obligations vaccinales varient d’un pays à l’autre en Europe. Il serait temps d’harmoniser le carnet de vaccination et de former les médecins à justifier auprès des familles et des patients l’intérêt ou non de telle ou telle vaccination et les risques de complications.

François Bricaire : Il y a trois vaccins obligatoires en France contre la diphtérie, le tétanos et la polio. Il faut les faire dans les premiers mois de la vie.

Certains sont-ils contestables à vos yeux ? Si oui, pourquoi ?

Henri Joyeux : Je ne crois pas que ces vaccinations obligatoires soient contestables, bien que l’on sache que ce ne sont pas seulement les vaccins qui ont été efficaces pour éradiquer ces maladies, il y a aussi très largement l’hygiène publique. Mais on a n’a jamais voulu évaluer de manière précise et donc scientifique ce qui est dû à l’hygiène publique et aux comportements individuels responsables, et ce qui est dû à la vaccination. Ce serait pourtant très important pour justifier les vaccinations que les fabricants cherchent à imposer via leurs experts et leur service de communication publicitaire.

Ce qui est surtout contestable, ce sont :

- La date très précoce de la vaccination à 2 mois, surtout quand la maman allaite l’enfant selon des conseils de l’Organisation Mondiale de la Santé (6 mois intégralement et 1 année matin et soir avant et au retour du travail). La vaccination pourrait attendre 2 ans et demi.

- Les trois valences associées au DTP, à savoir l’hémophilus influenzae b, la coqueluche et l’hépatite B pour en faire une vaccination hexavalente, les trois derniers étant des vaccins recommandés que l’on cherche à rendre obligatoire, ce qui est totalement abusif.

- La présence de l’adjuvant aluminium destiné à stimuler le système immunitaire du nourrisson qui n’est pas mature avant 1000 jours après la conception, soit le temps de la grossesse autour de 270 jours, plus deux années de 365 jours. Cet adjuvant n’a rien à faire dans notre corps. Chez l’animal, il peut être à la source de complications graves. Il est d’ailleurs en train d’être supprimé pour les vaccinations vétérinaires. Avant l’aluminium, l’adjuvant était un dérivé du mercure désormais interdit sur la planète entière.

François Bricaire : Sûrement pas. Il ne faut pas contester ces vaccins obligatoires dans la mesure où ils protègent contre des maladies très sévères qui existent toujours. C'est d'ailleurs sur ce point qu'il y a je pense un grand malentendu. L'opinion publique et certains médecins pensent que la diphtérie et le tétanos ont été éradiqués définitivement, mais c'est faux : c'est grâve aux vaccins que ces maladies ont disparu. Si on arrête de vacciner, ces maladies reviendront.

D'autres vaccins sont aussi très utiles, comme celui contre l'hépatite B, la méningite, le papillomavirus, la coqueluche, la rougeole ou la rubéole.

 
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  • Par Ganesha - 22/03/2016 - 09:45 - Signaler un abus Répondez Dr Bricaire !

    Sujet récurrent sur Atlantico ! Environ un article par mois ? Avec un féroce partisan du vaccin hexavalent : ce sera plus amusant le jours où l'on connaîtra enfin ses liens avec l'industrie pharmaceutique. Pratiquement pas d'informations médicales, seulement du bla-bla général : estime-t-on que les gens ne sont pas capable de comprendre et de réfléchir ? Si je vous rappelle que les meilleurs vaccins ne sont plus efficaces au delà de dix ans (au grand maximum 20 ans). Si en plus vous êtes informés que l'hépatite B concerne deux époques de la vie : elle se transmet de la mère à son fœtus (comme le Sida) et ensuite uniquement par les relations sexuelles (et la transfusion sanguine) est-il donc si compliqué de comprendre que cette vaccination est donc totalement inutile pour les enfants : arrivés à l'adolescence leur vaccin ne sera plus efficace, ils ne seront plus du tout protégés. Répondez Dr Bricaire ! Les français voudraient savoir ! P.s. et ne nous citez pas l'anecdote stupide d'un unique prétendu cas de contamination par échange de chewing-gum !

  • Par gerint - 22/03/2016 - 23:05 - Signaler un abus De Bricaire

    Il faut écouter le Ministère de la Santé qui aurait la science infuse? Et bien non. Ce ministère nage dans les conflits d'intérêts et les manœuvres politiques

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Frédéric Pierru

Frédéric Pierru est sociologue, chargé de recherche au CNRS,au CERAPS-Université Lille 2 . Il travaille sur la réforme des systèmes de santé français et européens. Il a publié, entre autresHippocrate malade de ses réformes (Editions du Croquant – 2007), Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire, Paris, Odile Jacob, 2011 ; L'hôpital en réanimation, Editions du Croquant, 2011 et L'hôpital en sursis. Idées reçues sur le système hospitalier, Le Cavalier Bleu, 2012 (avec Bernard Granger).

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François Bricaire

François Bricaire est un médecin. Il est chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Il est professeur à l'Université Paris VI-Pierre et Marie Curie.

 

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Pr Henri Joyeux

Henri Joyeux est chirurgien cancérologue et chirurgien des hôpitaux, professeur honoraire de chirurgie digestive et de cancérologie à la faculté de médecine de Montpellier. Il a publié de nombreux ouvrages consacrés à l'écologie humaine, notamment sur l'alimentation. Parmi ses dernières publications, "Vaccins, comment s'y retrouver ?","Tout savoir pour éviter Alzheimer ou Parkinson" (en collaboration avec Dominique Vialard) et le best-seller "Changez d'alimentation".

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