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Plus fort que n’importe quelle loi : comment le Big Data a permis de réduire de 22% le gaspillage alimentaire dans les supermarchés

Grâce au Big Data, 22 % du gaspillage alimentaire (en volume) a été évité sur les dix magasins test, soit 160 tonnes de produits économisés sur un an (en transposant les résultats obtenus sur 3 mois) et 70 000 € en moyenne par magasin d’économie totale cumulée sur un an (tous coûts pris en compte).

Du progrès !

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Plus fort que n’importe quelle loi : comment le Big Data a permis de réduire de 22% le gaspillage alimentaire dans les supermarchés

En mai 2016, une étude de l’Ademe avait montré que 10 millions de tonnes d’aliments étaient perdus en France chaque année. Des pertes qui se répartissent à toutes les étapes de la chaîne. Crédit wikipédia

L’Ademe vient de rendre publics ce jeudi 17 novembre 2016 les résultats de son opération « Distributeurs Témoins » qui vise à réduire le gaspillage alimentaire dans les grandes surfaces.

Cette étude a consisté à collaborer avec dix magasins de cinq enseignes différentes (Auchan, Carrefour, E. Leclerc, Intermarché, Système U) pour connaître, dans un premier temps, le coût complet de leurs pertes et gaspillage alimentaires ainsi que les causes.

Les magasins ont ensuite mis en place des actions correctives suivies pendant 3 mois.

Résultat : 22 % du gaspillage alimentaire (en volume) a été évité sur les dix magasins test, soit 160 tonnes de produits économisés sur un an (en transposant les résultats obtenus sur 3 mois) et 70 000 € en moyenne par magasin d’économie totale cumulée sur un an (tous coûts pris en compte).

50 millions de données analysées

En mai 2016, une étude de l’Ademe avait montré que 10 millions de tonnes d’aliments étaient perdus en France chaque année. Des pertes qui se répartissent à toutes les étapes de la chaîne : production, transformation, distribution et consommation. Si le gaspillage en restauration collective et à la maison a déjà été examiné, la distribution – responsable de plus de 2 millions de tonnes de pertes – ne l’avait pas encore été. Pour mémoire, le pacte national antigaspillage lancé en 2013 prévoit de réduire de 50 % le gaspillage alimentaire en France à l’horizon 2025.

« Gaspillage alimentaire : où en sont les Français ? », JT France 2 (Viking Eco, 2016).

La particularité de l’opération « Distributeurs Témoins » a consisté à croiser la méthode classique de l’audit sur site avec l’exploitation des « big data ».

En amont de l’opération, les enseignes ont reçu une liste de documents à transmettre au groupement de bureaux d’étude mandaté (Comerso, Trinov et OID Consultants). Ces données ont ensuite été intégrées dans une base de données, spécifiquement développée par le groupement de bureaux d’étude, pour les consolider et les analyser, en permettant notamment un traitement fin des équivalences (pour associer, par exemple, aux types de produits et leurs quantités, le poids moyen que cela représente). Les données sur les frais de personnels ont également été exploitées pour calculer le coût complet du gaspillage alimentaire.

Les flux entrant et sortant de milliers de produits, repérés par leur code-barre, ont ainsi été analysés et ce sont plus de 50 millions de données communiquées par les magasins sous des formats très hétérogènes qui ont été traitées. La « photographie » ainsi obtenue est d’une grande finesse et ce travail inédit s’appuyant sur une masse d’informations constitue très certainement une première mondiale dans le domaine de la lutte contre le gaspillage.

Ce que dit l’étude

Les résultats de l’opération indiquent que le niveau de gaspillage alimentaire est très variable d’un magasin à l’autre. En effet, plus les volumes de vente et la fréquence de la clientèle sont importants, plus cela réduit le taux de pertes. La stabilité des équipes au sein du magasin est également structurante. Enfin, la saisonnalité des produits ou le lieu d’implantation du magasin (touristique ou rural) jouent un rôle.

Les natures des produits perdus sont également variables d’un magasin à l’autre même si on retrouve souvent les pertes les plus importantes sur les fruits et légumes et le rayon traiteur.

Ministère de l’Agriculture.

 
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  • Par Vm - 19/11/2016 - 05:38 - Signaler un abus Maladie française l'étatisme !

    On a donné de l'argent à l'Adème, agence d'état, pour faire une étude que tous les magasins peuvent faire grâce leur propre informatique. Les conclusions sont affligeantes : moins de perte en % quand le magasin fait un gros chiffre d'affaire, variation selon les rayons et la saison.... À pleurer de rire quand on est un professionnel du secteur. mais c'est moderne de parler de big data et ça aura fait vivre quelques dizaines de fonctionnaires et assimilés durant quelques mois.

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Antoine Vernier

Antoine Vernier est chargé de mission "Gaspillage alimentaire" auprès de l'Ademe (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie).

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