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Plus drôle à regarder qu'à vivre, une vie de chien

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Publié le
Plus drôle à regarder qu'à vivre, une vie de chien

Le réalisateur

Cinéaste américain indépendant, statut non officiel et plutôt bien vu de ce côté-ci de l’Atlantique, Todd Solondz, 56 ans, bénéficie d’un beau passé de réalisateur et d’un présent intéressant. Il vient de recevoir deux prix au 42e festival de Deauville, celui du jury et celui de la révélation pour son nouveau film, « Le teckel ». Deauville lui porte chance puisqu’il avait remporté le prix du jury en 1995 pour « Bienvenue dans l’âge ingrat », chronique grinçante racontant la découverte de l’amour par une adolescente américaine.

« Ce film m’a donné une carrière alors que tous mes autres films l’ont détruite », dit-il aujourd’hui avec humour et philosophie, faisant allusion au fait que ses films ne drainent pas les foules alors qu’ils séduisent les cinéphiles. Il a reçu en 1998 le prix de la critique internationale à Cannes pour son deuxième long métrage, « Happiness », présenté à la Quinzaine des réalisateurs.

Ses films - il en a réalisé sept - se moquent de la petite bourgeoisie de son New Jersey natal. Il construit en cela une œuvre de moraliste, tâche qui n’enrichit pas nécessairement son homme. « Aux Etats-Unis, explique-t-il, on ne peut pas vivre de petits films comme les miens. A moins de faire de gros films hollywoodiens, personne ne peut vivre du cinéma ». C’est pourquoi Solondz donne des cours de cinéma à l’université de New York. « C’est un job merveilleux, dit-il, j’adore mes étudiants et mes collègues ». Et il ajoute, toujours pince sans rire : « L’administration y est corrompue, mais je m’en fiche ». Il aime mettre les doigts dans les plaies, Todd Solondz. C’est ce qu’il fait avec « Le teckel ».

Thème

C’est une vie de chien. En fonction de ses propriétaires successifs, il s’appelle Saucisse, puis Petite Crotte et à la fin Cancer parce que la vieille dame qui le recueille ne se sent pas très bien. C’est la vie d’un teckel parfaitement silencieux tout au long du film - il ne lui manque que la parole, comme on dit - qui est tour à tour adopté par l’enfant d’une famille américaine de la classe moyenne, puis par une jeune femme gentille et un peu dérangée, puis par un scénariste sur le retour qui donne des cours pour survivre (comme le réalisateur du film) et enfin par une retraitée pleine de désillusions. Tout ça finira mal. Mais le ton est celui de la comédie… sarcastique.

Points forts

« C’est une comédie avec du drame » disait Todd Solonz lors de la présentation du « Teckel » au festival de Deauville. « Je fais des comédies tristes. Vous pouvez rire si vous voulez, ou ne pas rire aussi ». Il est vrai que si l’on sourit de temps en temps, on ne rit pas à gorge déployée.

 
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François Quenin pour Culture-Tops

François Quenin est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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