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PLF 2019 : les fantastiques économies du gouvernement Philippe

"Coupes sombres abominables, austérité sans précédent, destruction de nos services publics, privatisation effrénée, « on est à l’os » : aucune expression ne nous sera épargnée pour bien faire comprendre l’ampleur de ce véritable massacre de la fonction publique !"

Usine à gaz ?

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PLF 2019 : les fantastiques économies du gouvernement Philippe

 Crédit BERTRAND GUAY / AFP

Ah, sapristi de saperlipopette, quelle évolution depuis le mois de juin ! Rappelez-vous, c’était ce mois où, frappé d’une lucidité minutieusement calculée, le président Macron « découvrait » que les dépenses de l’État représentaient « un pognon de dingue » pour, en face, un résultat franchement médiocre…

Après cette fugace prise de conscience, on s’attendait donc à la mise en place de mesures en rapport : allait-on lancer des économies drastiques ? Allait-on auditer les services de l’État et des administrations pour les remettre au niveau de l’argent prélevé ? Allait-on commencer à couper dans les services les moins utiles, les fonctions les plus discutables, les rentes les plus établies et les moins justifiées ? Allait-on se concentrer, enfin, sur l’essentiel et laisser tomber les palettes de superflu ?
 
Il y avait, on le comprend, mille et une façons de procéder.
 
Dans ces mille et une façons, insister pour le prélèvement à la source, le Pass Culture ou les limitations à 80 km/h échappe quelque peu à la logique d’ensemble. En revanche, envisager fermement de réduire la voilure considérable de l’État un peu partout dans la vie du citoyen, sur le territoire ou au travers de ses millions de taxes, cerfas et règlements rigolos, cela rentre parfaitement dans ce cadre.
 
On ne sera dès lors qu’assez peu étonné de lire de temps en temps l’annonce d’une suppression de postes dans l’une ou l’autre administration du Leviathan. Et dernièrement, à la faveur d’un remaniement ministériel écolo-propulsé, on a appris la volonté du chef de l’État de supprimer 1600 postes au ministère des Sports.
 
Comme de bien entendu, la nouvelle a fait l’effet d’une catastrophe majeure : tout indique, « étude » d’ « économiste » à l’appui, que ce nombre est bien trop élevé, que le ministère ne s’en remettra pas et que le sport, en France, va péricliter dans un petit couic misérable si jamais ces suppressions devaient effectivement avoir lieu.
 
Parallèlement, c’est avec la même stupeur et la même panique lisible dans les yeux humides de toute la politicaillerie française qu’on découvre qu’est conservé – malgré tout – l’objectif initial de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires d’ici la fin du quinquennat de Macron.
 
Coupes sombres abominables, austérité sans précédent, destruction de nos services publics, privatisation effrénée, « on est à l’os » : aucune expression ne nous sera épargnée pour bien faire comprendre l’ampleur de ce véritable massacre de la fonction publique !
 
Et quand bien même les uns et les autres s’accordent mollement à dire qu’il faudra pourtant faire des économies quelque part, tant les gabegies, les dettes, déficits et autres dérives comptables s’empilent dans le pays depuis trop longtemps, personne en revanche ne semble prêt à se retrousser les manches pour mettre en place la moindre mesure concrète de réduction des dépenses. Les coupes de personnel, c’est un peu comme les éoliennes : c’est moche, ça fait du bruit et personne n’en veut dans son pré carré.
 
Du reste, le nombre de 120.000 postes semble gros mais cache pourtant l’essentiel : la fonction publique, en France, c’est plus de 5.4 millions d’individus, soit 1 emploi sur 5 en France (oui, 20%). La suppression, parfaitement hypothétique à ce stade, de 120.000 postes représente un petit 2.2% en quatre ans, ce qui est tout sauf énorme et se traduit essentiellement par un non renouvellement des départs à la retraite. Question douleur, ce sera en réalité fort modéré.
 
D’autant que les années passées, la masse salariale dépendante de l’État et de ses administrations nationales ou locales n’a pas cessé d’augmenter, et dans des proportions qui font passer ce 2.2% très ponctuel comme une aimable plaisanterie au regard du cumul, années après années : en 1980, l’emploi public ne représente alors que 17,5% de l’emploi total (pour moins de 4 millions d’agents concernés) et il lui a donc fallu grossir pour dépasser les 5 millions et les 20% de l’emploi total.
 
 
Commentaires

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  • Par Yves3531 - 14/09/2018 - 17:23 - Signaler un abus En juin: les dépenses de l'état coutent un pognon de dingue...!

    en juillet sort "l'affaire" Benalla. Certains mauvais esprits pourraient y voir une relation de cause à effet, mais ce sont de mauvais esprits ceux qui font un rapprochement hasardeux entre un politique aux responsabilités qui envisage de serrer la vis budgétaire et l'affaire qui sort opportunément pour "l'inactiver" ! Pas de relations entre les Chirac et Juppé réformateurs de 1995 et les affaires les "chiraquisant" ensuite ?! Pas de relation entre la RGPP et les réductions budgétaires envisagées par des ministres du budget comme Woerth, Cahuzac (he oui !) ou par NS président et les affaires inventées ou vraies sorties opportunément pour les inactiver ?! Pas de relation de cause à effet entre l'assassinat de Fillon et son programme drastique de gestion budgétaire et de personnels ?! Non, tout cela n'est qu'une succession de malheureuses coïncidences, toute hypothèse mettant en relation ces causes et ces effets serait fortuite et considérée comme complotiste ! Dormez braves gens, la haute administration, ses moyens tentaculaires, ses syndicats, ses affidés, ... veillent sur vous ...!

  • Par Yves3531 - 14/09/2018 - 17:31 - Signaler un abus A t on jamais vu, la cour des comptes, des journalistes...

    se pencher sur les salaires des hauts fonctionnaires, de ceux de Bercy entre autres, sur les bonnes gâches et autres délégations syndicales attribuées si généreusement....? le petit peuple pourra t il un jour avoir un oeil sur ce pourquoi il paye ...?

  • Par theodorum - 15/09/2018 - 18:30 - Signaler un abus Le vrai problème est celui des recettes !

    Et celui des cotisations sociales où la France occupe le rang 28 sur 28 d'après l'Institut Molinari rapporté par le Figaro en 2015. Nos énarques - Chirac et Hollande avant lui - ne remettent pas en question la mondialisation qui fait l'affaire des grandes enterprises, oubliant - tous les experts aussi - qu'exporter de la technologie ou du luxe - représentant peu d'empois mais bien payés - nous oblige à importer des produits bas de gamme mais représentant beaucoup d'emplois. Dans la balance des paiements les importations ne pèsent pas lourd d'autant que les produits importés ne supportent pas de charges sociales et ne respectent pas l'environnement. Macron a vanté récemment le Danemark tout en omettant de signaler que les cotisations sociales sont financées par l'impôt sur le revenu à 87 % ! Ce n'est pas honnête de ne pas le dire ! Car les cotisations alourdissent les prix des produits et la TVA s'y ajoute sur le marché intérieur en compétition avec les produits importés. Les produits exportés subissent aussi ces cotisations. Tout cela explique nos déficits et la hausse de la dette, due également aux concurrences déloyales du travail au noir,du bricolage et de la robotisation !

  • Par theodorum - 15/09/2018 - 18:36 - Signaler un abus Tout le reste n'est que roupie de sansonnets !

    Maurice Allais, prix Nobel d' économie, insistait sur l'erreur de la mondialisation et avait prévu le gouffre de la dette " . "On comprend bien pourquoi certains veulent imposer la libération des échanges. Ce système est très profitable à quelques groupes de privilégiés. Mais pendant que certains s'enrichissent,  les forces vitales de la nation s'appauvrissent.  Au surplus, cette conception entraîne la glorification du culte de l'argent, favorise l'apparition d'un capitalisme sauvage, engendre des inégalités croissantes, et contribue de ce fait à la désagrégation morale. Elle témoigne d'une méconnaissance totale des conditions économiques et éthiques qu'implique une société humaniste et vraiment libérale."

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