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Plan pauvreté : pourquoi le gouvernement est très loin de son ambition de créer l’état providence du 21ème siècle

Le président de la République a présenté son plan de lutte contre la pauvreté ce jeudi 13 septembre.

Bonnes intentions, souffle court ?

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Plan pauvreté : pourquoi le gouvernement est très loin de son ambition de créer l’état providence du 21ème siècle

 Crédit MICHEL EULER / POOL / AFP

Atlantico : Ce jeudi 13 septembre, Emmanuel Macron présentait son "'plan pauvreté", en annonçant plusieurs mesures reposant apparemment sur deux "jambes", insertion et accompagnement vers l'emploi, et aide à l'enfance défavorisée. Au regard des enjeux que connaît le pays sur cette question de la pauvreté, comme juger de l'efficacité des mesures proposées ? 

 
Noam Leandri : Il est encore un peu tôt pour savoir quel sera exactement le plan complet, parce que nous n'avons pas encore vu de plan véritablement formalisé. 
 
Le discours du président de la République égrène un certain nombre de mesures qui vont dans le bon sens.
Tout le monde s'est focalisé sur la question des petits déjeuners parce que cela est symbolique et que cela parle à tout le monde, mais je ne suis pas bien sûr que cela puisse résoudre la pauvreté en France. Les problèmes d'alimentation restent quand même globalement circonscrits, notamment quand on les compare à la situation de pauvreté monétaire, c’est-à-dire la capacité à des familles d'offrir un petit déjeuner à leurs enfants. Ce n'est pas l'enjeu principal. Le chiffre qui a été évoqué pour ce plan est de 8 milliards d'euros, soit 2 milliards par an d'ici la fin du quinquennat. C'est un chiffre à mettre en perspective avec la baisse des impôts pour les plus aisés, entre la suppression de l'impôt sur la fortune, ou le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital qui coûtent 5 milliards par an. Cela contrebalance un petit peu l'engagement du gouvernement sur la pauvreté.
 
Cette suite de mesures plus ou moins importantes s'inscrit dans la continuité du plan pauvreté quinquennal qui avait été mis en place sous la présidence de François Hollande. Il s'agissait alors d'une centaine de mesures qui étaient prévues par ce plan. 
 
L'INSEE vient de livrer son édition consacrée à la pauvreté pour l'année 2016, et ce que l'on constate, c'est que 4 ans après la mise en place du plan pauvreté, malheureusement, celle-ci a stagné à 5 millions de pauvres. On voit donc bien que ce ne sont pas de petites mesures qui vont permettre de résoudre le problème et de diminuer drastiquement la pauvreté.
 
Evidemment, nous supportons ces mesures dans l'ensemble, elles vont toutes dans le bon sens. Mais la question est de savoir si celles-ci sont suffisantes. On peut s'interroger à ce stade. Mais surtout, il ne faudrait pas que les mesures positives d'un côté soient contrebalancées par des mesures négatives beaucoup plus fortes de l'autre. Je pense à la remise en cause d'un certain nombre de prestations sociales qui sont des amortisseurs, notamment les allocations logement dont le gel cette année va faire économiser 200 millions d'euros à l'État [sur une année]. Un chiffre à mettre en relation avec les 2 milliards annuels évoqués pour le plan pauvreté. Nous attendons de voir encore ce qu'il y aura dans la prochaine loi de finances qui sera présentée le mois prochain au Parlement pour [vraiment] voir s'il y a une réelle volonté politique d'agir sur la pauvreté. 
 
Parce que notre système de protection sociale a permis d'éviter une forte hausse de la pauvreté lorsque l'activité économique baissait fortement. Nous parlons de 5 à 8 millions de personnes en situation de pauvreté, selon les définitions, ce qui reste quand même un niveau élevé.    
 
Le problème du gouvernement vient du fameux "en même temps" qui consiste à vouloir réduire la pauvreté tout en réduisant la dépense publique, alors que l'on sait très bien que la majorité de ces dépenses servent à la redistribution par la protection sociale. Chaque fois que l'on veut les diminuer, cela peut causer une augmentation de la pauvreté monétaire et une dégradation de la situation des personnes fragiles. En voulant faire les deux en même temps, il se dégage une forme de paradoxe, avec des effets croisés que l'on ne mesure pas. L'exemple simple et récent est toute la fiscalité écologique qui peut être considérée comme une très bonne chose mais qui touche essentiellement les personnes les plus modestes, parce que ceux qui ont besoin de faire le plein le plus souvent, ce sont ceux qui habitent le plus loin des villes. Cela est la même chose concernant le tabac même si l'on peut dire que cela est un enjeu de santé publique. Certaines mesures qui peuvent aller dans le sens de l'intérêt général pénalisent les ménages modestes.
 
 
Commentaires

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  • Par Loupdessteppes - 14/09/2018 - 08:40 - Signaler un abus Non seulement...

    Mais il fragilise les petits retraités, augmente le problème de la scolarisation dans le handicap est coule l'économie et l'emploi avec une taxation unique en Europe ! Et l'éducation ? Tout n'est pas qu'un problème de porte monnaie Noam Leandri...Mais un un problème de politique générale.

  • Par cloette - 14/09/2018 - 08:58 - Signaler un abus qui le supporte

    encore ?

  • Par Bobby Watson - 14/09/2018 - 10:01 - Signaler un abus Communication vide

    relayée par les médias à sa botte. Merci à cet article de le rappeler.

  • Par edac44 - 14/09/2018 - 10:26 - Signaler un abus Les promesses n'engagent que les moutons qui y croient !...

    Avec une dette monstrueuse et qui s’accroît de jours en jours, voir ==> https://www.time-is-money.biz/ .................................................................................................................................. Avec quel fric, tiré encore une fois de la poches des honnêtes gens (si si, il en reste encore mais ils ne sont pas au gouvernement !...), veut-il financer cette nouvelle socialo-gabegie ???

  • Par venise - 14/09/2018 - 14:31 - Signaler un abus insupportable

    d'entendre du "pauvre "partout,sans se demander ce qu'est être pauvre, tout simplement ne pas s'en sortir avec le loyer exorbitant,attendre désespérément un HLM,coucher dans sa voiture alors qu'on travaille, parlons plus tot de difficultés qui entraventl 'ascenseur sociial, le chomage ,la passerelle vers la rue et la délinquance, quant au petit déjeuner gratuit, changeons de raisonnement, tous nos enfants se gavent de céréales pratiques parce que le matin le plongeon de la tartine à la confiotte de mamie n'a plus court et que tout le monde est préssé, variante plus de petit déjeuner, pas la peine d'être pauvre finalement ce plan est trés discriminant, les pauvres ont besoin d'argent plus que de gratuité c'est incontournable, donc au mieux de boulot et ensuite d'un guichet unique et non pas d'un labyrinthe qui va de la caf à pole emploi, et le conseil général, peut être est ce la chose qui est à peu prés ébauchée

  • Par lasenorita - 14/09/2018 - 16:20 - Signaler un abus Macron fabrique des pauvres!

    Les pauvres sont de plus en plus nombreux en France,ils ont augmenté depuis que Macron est au pouvoir parce que Macron pique des sous aux Français qui sont déjà dans le ''besoin'':les retraités qui ont 1200€ de retraite par mois,aux paysans,etc..Macron demande aux pauvres de faire des efforts et il dilapide notre argent en le donnant aux musulmans des ''quartiers défavorisés'',aux migrants ''clandestins'' qui nous envahissent,etc...Plus de la moitié des foyers français ne paient pas d'impôt sur l'IR,on devrait compter les ''aides'' sociales'' dans la déclaration des revenus..Les enfants de l'ENA ont accouché d'un système hors contrôle;le ''travail au noir'' se multiplie...avec les sous des ''Français moyens'' (des allocs) et de la drogue:les musulmans s'achètent des voitures haut de gamme avec lesquelles ils font des rodéos pour embêter les ''pauvres'' Français qui ne peuvent pas déménager de ces quartiers...Quand le maire de Nîmes était un coco (monsieur Alain Clary) il a fait venir à Nîmes des centaines de Marocains qui avaient été chassés de Corse et il leur a donné des logements (qu'il avait refusés à des non-musulmans) et les sous des contribuables nîmois...

  • Par jurgio - 14/09/2018 - 18:29 - Signaler un abus Le plan pauvreté se fait toujours au détriment

    de ceux qui ne sont ni pauvres ni riches. Ce sont ceux qui travaillent qui risquent de faire partie des prochains pauvres.

  • Par MIMINE 95 - 14/09/2018 - 19:12 - Signaler un abus IL DONNE DU POGNON A L'ASE POUR QUI

    Pour lui permettre d'accueillir NOS ENFANTS en danger où pour accueillir davantage de "MINEURS" exogènes.??

  • Par guy bernard - 15/09/2018 - 07:12 - Signaler un abus maîtrise de la gestion.

    l'objectif est avant tout un objectif de maîtrise de la gestion en réunissant les prestations en une allocation unique, ce qui engendrera des économies, et une partie sera réallouée aux bénéficiaires. on peut même avoir l'objectif de délivrer les prestations à coût nul par rapport à la gestion actuelle en acceptant un plan social chez les gestionnaires.

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Noam Leandri

Noam Leandri est président de l'Observatoire des inégalités.

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