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Plan logement : quelques annonces et des grands flous

Le domaine du logement n’a pas été un élément central du débat politique lors des élections d’avril à juin, mais quelques annonces ont déjà été faites.

Avenir

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Plan logement : quelques annonces et des grands flous

Alors que les orientations du Président et du gouvernement dans le champ de l’emploi et du travail ont fait l’objet d’une présentation structurée cohérente avec les propos tenus lors du débat électoral, on a plutôt droit à des touches successives dans le domaine du logement qui n’a de fait pas été un élément central du débat politique lors des élections d’avril à juin.

La stratégie logement de l’exécutif doit être présentée le vendredi 22 septembre (9 jours après la date initiale du 13 septembre repoussée notamment en lien avec l’ouragan Irma) mais il y a de fait des annonces multiples du Président de la République, du Premier ministre, du ministre de la cohésion des territoires Jacques Mézard, de son secrétaire d’Etat Julien Denormandie ou bien du ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin.

On se propose ici de regarder ces annonces notamment au regard des quatre piliers traditionnels des politiques du logement en France : les aides à la personne (APL), le logement social, la résidence principale et le secteur locatif privé. Cela est d’importance puisque le logement est un secteur du long terme, avec une dimension cyclique de sa partie investissement qui représente en moyenne 6 % du PIB, et qu’il constitue à juste titre une préoccupation majeur des ménages français.

La baisse des aides à la personne

C’est clairement le sujet chaud. Le feu a été ouvert dès fin juillet avec la décision d’une baisse de 5€ des allocations logement. Cette solvabilisation publique des locataires (« aides à la personne » représentant le quart des loyers quittancés) représente la moitié des dépenses publiques au logement (40mds€ et 2 % du PIB), constitue le segment de dépense qui augmente le plus et est de fait devenue la principale prestation sociale française.

La demande adressée le 5 septembre d’Emmanuel Macron à tous les bailleurs de baisser leurs loyers a provoqué des commentaires outrés de la quasi-totalité des fédérations professionnelles, qu’ils soient privés (UNPI, FNAIM) ou sociaux (USH). Le gouvernement a ensuite décidé de se concentrer sur le secteur du logement social, mais en voulant organiser une compensation d’une baisse encore plus importante des APL par la baisse à due proportion des loyers comme l’a indiqué le Premier ministre sur France 2 le 13 septembre : « il n'y aura aucun impact pour ceux qui sont dans le logement social » a-t-il promis, avec les réactions qu’on imagine de la part des représentants des bailleurs sociaux en dépit de compensations promises par le gouvernement.

Secteur du logement social

La réflexion sur la baisse des APL est clairement l’annonce la plus spectaculaire et aussi la plus inédite de l’exécutif concernant le secteur du logement social. Ici il faut rappeler que ce secteur très important (près de 5 millions de logements représentant 18 % du parc total, 44 % des logements locatifs) est depuis longtemps un secteur « à la main de l’Etat » qui lui a fait porté les objectifs les plus divers : promotion de la mixité sociale, traitement de la pauvreté et de l’exclusion, hébergement et logement d’urgence, efficience énergétique, investissement contracyclique, relance de l’activité et de l’emploi dans le secteur de la construction…

 
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  • Par vangog - 16/09/2017 - 22:58 - Signaler un abus Le socialiste masqué ne touche pas à la loi SRU...

    Très bête loi SRU qui oblige les communes-toutes les communes- à atteindre le quota de 25% de logements sociaux en proportion du parc total de logements, sous peine de sanctions financières. Les communes qui privilégiaient le tourisme ou la ruralité à l'industrialisation, naturellement et historiquement faibles en logements sociaux sont donc inégalitaires face à cette loi gauchiste qui les sanctionne gravement...loi SRU qui les oblige à bétonner pour quoi?... Puisqu'il n'y a pas de travail industriel! Pour loger des chômeurs, futurs RSAstes du gauchisme qui devront être doublement pris en charge par les collectivités (d'abord par le financement de leur logemebt social, puis par le financement de leur allocation à vie...ou, troisième option gauchiste, pour loger les clandestins de l'immigration de masse, et futurs électeurs gauchistes, dans ces logements sociaux?...Voilà pourquoi les patriotes exigent la préférence nationale stricte (à l'exclusion des bi-nationaux) pour l'accession au logement social!

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Pierre-François Gouiffès

Pierre-François Gouiffès est maître de conférences à Sciences Po (gestion publique & économie politique). Il a notamment publié Réformes: mission impossible ? (Documentation française, 2010), L’âge d’or des déficits, 40 ans de politique budgétaire française (Documentation française, 2013). et récemment Le Logement en France (Economica, 2017). Il tient un blog sur pfgouiffes.net.
 

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