Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 23 Janvier 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Piratage russe : de Washington ou Moscou, qui manipule qui ?

Suite aux accusations d'ingérence russe dans la dernière élection présidentielle américaine, l'administration Obama a décidé de la mise en oeuvre de nouvelles sanctions, fragilisant ainsi Donald Trump dont l'arrivée à la Maison Blanche est prévue le 20 janvier.

C'est celui qui dit qui l'est

Publié le
Piratage russe : de Washington ou Moscou, qui manipule qui ?

Washington vient de rendre publiques les sanctions officielles prises à l’égard de Moscou suite à l’action hostile prétendument menée par les services secrets russes lors de l’élection présidentielle remportée par Donald Trump. Pour faire simple, les "grandes oreilles" russes auraient intercepté des mails des candidats et de leurs conseillers, et ensuite diffusé par des voies détournées ceux du camp Clinton mettant la candidate démocrate en position difficile. Ce serait même ce qui aurait causé - du moins en partie - la victoire de son adversaire républicain.

Moscou garderait en sa possession des interceptions "gênantes" du camp républicain pour s’en servir si le besoin s’en faisait sentir : du chantage en quelque sorte !

En dehors du fait que ce qui a été révélé, en particulier par Julian Assange via Wikileaks, laisse dubitatif sur la probité réelle de Hillary Clinton et de certains de ses proches (mais le sujet n’est pas là), cette affaire doit être analysée avec attention en écartant toute passion partisane parce que tout semble avoir été parfaitement calculé.

Ainsi, trente-cinq ressortissants russes bénéficiant du statut diplomatique sont priés de quitter les États-Unis dans les 72 heures. En outre, deux représentations diplomatiques situées l’une à New York, l’autre dans le Maryland, perdent leur accréditation et sont donc interdites d’accès aux diplomates russes à partir de samedi midi. Le président Obama a bien précisé que d’autres mesures seraient prises dans le temps mais qu’elles relevaient du secret. Il s’agit donc vraisemblablement d’actions clandestines, peut-être des interceptions de responsables russes pour se livrer à une "réponse du berger à la bergère".

Sans s’alarmer exagérément, ces mesures étant relativement courantes dans le domaine diplomatique et de la guerre secrète, il est à souligner que Washington frappe fort par le nombre d’expulsions. Toutefois, il n’atteint pas le chiffre de quarante-sept qu’avait connu la France le 5 avril 1983 suite aux révélations de l’affaire Farewell qui avait détaillé les opérations d’espionnage soviétiques en Occident dans les domaines scientifique et technique. Selon les usages diplomatiques en vigueur, Moscou aurait pu expulser en rétorsion trente-cinq diplomates américains. Mais Poutine a opéré avec finesse en renonçant temporairement à cette mesure et en déclarant: "nous n'allons pas tomber au niveau d'une diplomatie irresponsable [...] Nous n'allons pas créer de problèmes aux diplomates américains [...] C'est dommage que l'administration du président Barack Obama finisse son travail de cette manière, mais je lui souhaite quand même une Bonne année, tout comme aux membres de sa famille". Il parie sur un changement d'attitude de la nouvelle administration en laissant habilement la porte ouverte...

A l’évidence, les mesures prises par les Américains ont essentiellement un but interne. Le président Barack Obama ne se "venge" pas de la victoire de Donald Trump (c’est un professionnel de la politique qui n’agit pas sous le coup de l’émotion); en fait, il prépare l’avenir.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 01/01/2017 - 15:14 - Signaler un abus La révélation de sa vérité a coûté l'élection de la neo-cons

    Hilarious...mais Wikealeaks n'a pas eu à forcer ni le trait ni la main des Américains, qui détestaient cordialement Hillarious, avant sa vérité révélée...comme quoi, le peuple se trompe rarement! Les Démocrates (sic) aigris tentent de trouver un coupable externe à leur échec interne...c'est classique à gauche! Et Poutine fait office d'épouvantail à neo-cons. Mais Poutine se marre et passe outre...par leur acharnement puéril, les néo-cons type Hillarious et Obama prouvent ainisi qu'ils ne sont pas seulement "neo"...

  • Par Benvoyons - 01/01/2017 - 15:31 - Signaler un abus Les Milliards $ de la NSA étaient en vacances pendant la

    période près électorale, électorale! Puis après 1 mois 1/2 les Russes , les Russes, les Russes ont manipulé les élections :)::)) Par contre pour entendre les différents pays de l'UE pas de problème la NSA était très efficace:)::))

  • Par Eolian - 01/01/2017 - 16:16 - Signaler un abus Ne pas oublier

    Surtout ne pas oublier le grand ami de "Killary", M. George Soros qui avec ses multiples fondations, associations, trop nombreuses à énumérer, "aide" grandement cette fameuse démocratie à l'américaine.

  • Par cagnotte - 01/01/2017 - 17:05 - Signaler un abus Et que faisait la NSA et ses 35000 hackers?

    Tout cela pour dire que bien entendu le formidable outil qu'est la NSA pistait forcément depuis longtemps, et bien avant les élections les éventuels hackers russes!C'est sa principale cible avec la Chine. Alors? alors rien et il y a donc beaucoup de menteurs qui se cachent! Car la NSA aurait pu et du arréter l'activité de ces éventuels hackers russes.Elle ne pouvait ne pas voir le flot de data qui a circulé.Ce que confirme Greenwald dans The Intercept https://theintercept.com/2016/12/29/top-secret-snowden-document-reveals-what-the-nsa-knew-about-previous-russian-hacking/ La question que Obama a évité de se poser (officiellement) est donc: Pourquoi la NSA n'a t elle pas prévenu les démocrates à temps et fermé le robinet?

  • Par ikaris - 02/01/2017 - 11:10 - Signaler un abus Article qui confirme le choix de la guerre civiele par Obama

    ... ce qui est en soit énorme ! Cet homme préfère mettre la pagaille dans son propre pays plutôt que d'accepter ce qui n'est même pas sa défaite (vu qu'il ne se présentait pas). Pour le reste dénoncer les grandes oreilles russes alors qu'ils s'ingèrent en masse dans les élections étrangères est en effet gigantesque ... mais on va, à mon avis, compter sur les doigts de la main les grands médias français qui le souligneront ... ce qui sera une fois de plus signe de leur soumission à l'atlantisme.

  • Par Citoyen Ordinaire - 02/01/2017 - 13:55 - Signaler un abus Les fachos ne sont pas ceux que l'on croit....

    Au final, qui sont les fachos ? Qui contestent l'election ? Qui ne tolère aucune autre position ? Qui fait tout pour bloquer un mécanisme démocratique ? Quand à Obama & Friends, offrons leur une place de cinéma pour aller voir SNOWDEN... Bonne année 2017.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr (uniquement en version électronique); en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€