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Pesticides : avec ou sans, radiographie des dangers encourus

Emmanuel Giboulot, viticulteur en Bourgogne, encourt six mois d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende pour avoir refusé de traiter sa vigne atteinte d'une grave maladie, la flavescence dorée. "Je ne voulais pas utiliser de produits chimiques dans mes parcelles, que ma famille cultive en bio depuis 1970" déclare-t-il avant l'ouverture de son procès, à Dijon.

Papa, comment ça marche ?

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Pesticides : avec ou sans, radiographie des dangers encourus

Les pesticides font peur aux consommateurs et sont rejetés par les agriculteurs spécialistes du bio. Crédit Reuters

Atlantico : Bête noire des agricultures bio, les pesticides peuvent, sous certaines conditions, s'avérer utiles sinon indispensables. Qu'en sait-on réellement aujourd'hui ?

Marc Dufumier : Les pesticides sont surtout la bête noire de ceux qui veulent une alimentation saine dépourvue de tous résidus de ces produits. Les endocrinologues considèrent que les jeunes qui ont été exposés depuis in utero jusque la puberté à certaines familles de pesticides pourraient avoir une espérance de vie en bonne santé (c’est-à-dire sans maladie neurodégénérative ni cancer) bien moindre que les générations antérieures qui ne l’ont pas été.

Et la bête noire aussi de tous ceux qui s’inquiètent des dégâts occasionnés par les quelques "mauvaises herbes", insectes ravageurs et agents pathogènes résistants à ces pesticides et qui finissent par proliférer sans plus aucun concurrents ni prédateurs.

Jean-François Narbonne : Les pesticides font partie d'une logique agricole et économique. Ça n'a pas beaucoup de sens de dire qu'il faut économiser les pesticides du fait que l'on puisse faire une société alternative sans pesticide et avec une autre logique agricole. L'INRA (Institut national de la recherche agronomique, ndlr) vient de prouver, après 12 ans d'étude sur l'agriculture, qu'on pouvait se passer totalement de l'engrais et des pesticides. En tout cas, les pesticides entrent dans une logique économique, sociale et d'industrie alimentaire. 

Contre quels parasites les pesticides ont-ils permis de lutter ? Et contre quelles maladies ? Quelles cultures ont-ils sauvé ?

Marc Dufumier : Les herbicides sont destinés à lutter contre les "mauvaises herbes", les insecticides contre les insectes ravageurs, les fongicides contre les champignons pathogènes, les acaricides contre les araignées, les nématicides contre les nématodes, les raticides contre les rats…

Les plantes les plus fréquemment traitées sont les pommiers (jusqu’à 30 traitements par an !), les pommes de terre, la vigne et, sous les tropiques, les cotonniers. Sans que l’on ait pu pour autant éradiquer les plaies que l’on voulait combattre. Bien au contraire : la multiplication des traitements est en fait la conséquence de leur emploi  qui, si elle soulage dans l’instant, ne parvient qu’à aggraver les problèmes sur le long terme.

Jean-François Narbonne : Les pesticides ont permis de lutter contre tous les parasites. Il y a des tas de catégories de pesticides : les germicides, les insecticides, les fongicides, etc. On lutte contre tout ce qui peut diminuer la productivité agricole dans les champs (insectes et mauvaises herbes).

Prenons l'exemple du blé : la première année on récoltera 100% de blé, la deuxième année 80%, la troisième année 60% et la cinquième année on ne récoltera que 40% de blé car les mauvaises herbes se seront développées sur le champ. C'est une dynamique de l'écosystème. Si on veut récolter que du blé et pas de mauvaises herbes, il faut évidemment les tuer. C'est la même logique pour les insectes : ils attaquent le maïs ou autre, ce qui favorise le développement de mycotoxines. Là aussi on a des champignons et des développements de bactéries qui dégradent en apparence ou dans la structure la plante. Dans ce cas-là on utilise des fongicides.

En fonction de l'humidité au cours de l'année, on n'utilisera plus ou moins de pesticides. En cas de sécheresse, les champignons ne se développent pas. En cas de fortes pluies, on utilise les pesticides pour contrer la prolifération de champignons. En conclusion, les agriculteurs n'utilisent pas plus de pesticides qu'avant, c'est le climat qui change. 

Les pesticides ont permis de lutter contre les maladies des plantes. Si on augmente les rendements, les plantes sont plus fragiles et il faudra augmenter les traitements. Si on veut lutter contre les champignons, il faut diminuer les mycotoxines. Il y a des quantités de maladies de plantes ! Ça peut aussi induire des maladies chez l'homme : toxicité hépatique, cancer, etc. Les maladies humaines peuvent provenir des attaques sur les plantes.

Les pesticides ne sauvent pas les cultures mais ont été des aides à l'agriculture productiviste. Quand on a des attaques de champignons sur la vigne, si on ne traite pas on perd tout alors que si on traite on sauve sa récolte. Un agriculteur bio préférera sans doute vendre une culture non bio plutôt que de ne rien vendre du tout. Ça permet de sauver les plantes contre les attaques et contre les insectes. On utilise donc des pesticides pour freiner le développement des insectes susceptibles de ravager les cultures, comme les invasions de criquets dans certains pays d'Afrique par exemple.  

Dans quels cas et à quelles conditions l'usage des pesticides se révèle-t-il bénéfique ?

Marc Dufumier : Malgré leur coût, l’usage des pesticides  paraît souvent bénéfique sur le très court terme pour les agriculteurs, ce qui les rassure dans un premier temps. Mais les déséquilibres écologiques occasionnés à plus long terme font qu’il devient finalement de plus en plus difficile de s’en passer sans vraiment pouvoir résoudre les problèmes qu’ils sont sensés résoudre.

Jean-François NarbonneLes pesticides sont bénéfiques car ils protègent les plantes. Il faut bien comprendre qu'on n'utilise pas les pesticides juste comme ça. On les utilise associés avec une certaine agriculture. Ce n'est pas comme si on était dans un environnement naturel et il y a une attaque donc on utilise des pesticides. Les pesticides peuvent être comparés à l'engrais. Si on cultive tous les ans du maïs, on épuise le sol et il faut remettre des engrais pour rétablir le bilan nutritionnel. Les plantes récupèrent les minéraux donc il faut remettre des minéraux tous les ans sinon ça ne pousse plus sur le champ. Une façon de gérer cet épuisement des sols est de faire, par exemple, du blé après le mais : c'est le système de rotation des cultures. Mais aujourd'hui on fait la même culture au même endroit tous les ans, ce qui favorise les mycotoxines. En conclusion, on utilise les engrais et les pesticides car on a arrêté les rotations. On a simplement changé de logique d'agriculture.

A contrario, dans quels cas est-on allé trop loin dans les usages qui ont pu en être faits ? Où se situe la frontière entre usages positifs et négatifs des pesticides ? A quelles conditions se sont-ils révélés nocifs ?

Marc Dufumier : Il n’y a pas de frontières entre usages négatifs et positifs. Qu’ils soient chimiques (produits de synthèse) ou naturels, les pesticides ont tous des effets néfastes à long terme et il faudra bien parvenir à s’en passer. Et cela d’autant plus que des techniques alternatives inspirées de l’agro-écologie existent bel et bien : elles ne visent pas à éradiquer la mauvaise herbe, l’insecte ravageur ou l’agent pathogène, mais à réduire leurs effets les plus ravageurs tout en parvenant à vivre avec. Il s’agit d’employer des variétés de plantes tolérantes à tous ces agents et d’avoir recours à des insectes auxiliaires qui en limitent la prolifération.

 
Commentaires

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  • Par nivelle - 25/02/2014 - 09:13 - Signaler un abus Ce sont TOUS les consommateurs qu'il faut convaincre

    La lutte contre les produits phyto-sanitaires ne peut être que MONDIAL J F Narbonne reconnait que le consommateur est le principal responsable = je cite sa conclusion -En mettant des contraintes sur l'agriculture française, on augmente les prix donc les consommateurs vont acheter à l'étranger…

  • Par Jean-Pierre - 25/02/2014 - 09:26 - Signaler un abus Dufumier, c'est un beau pseudo dans ce domaine !

    Quoique, en politique dans les partis de gauche (admirateurs de bio !) ça pourrait être pas mal non plus... .

  • Par Michel. - 25/02/2014 - 10:00 - Signaler un abus Agro-écologie : un néologisme vide de sens

    S'il y a une activité humaine qui depuis plus de 10'000 ans est en relation étroite avec l'environnement c'est bien l'agriculture. Les paysages ont été modelés, les variété de plante sélectionnées et les animaux domestiqués, les cultures optimisées. Alors maintenant on vient nous vendre un vieux concept sous le couvert d'un mot composé nouveau alors que depuis la nuit des temps agriculture=écologie. La santé humaine n'a jamais été aussi bonne. L'accès à la nourriture jamais plus abondant bien que encore trop déficient et qu'il faille augmenter la productivité pour faire face au développement démographique et économique du monde. Les produits utilisés n'ont jamais été aussi sûrs ni les méthodes aussi sophistiquées. Mais évidemment c'est une catastrophe, il faut changer, castrer, faire "autrement", appeler à une gouvernance mondiale, subventionner plus et différemment, etc. Que de populisme irresponsable!

  • Par fentreti - 25/02/2014 - 10:02 - Signaler un abus Messieurs les Professeurs tournesol

    Enseignez donc à vos élèves que l'on jette plus de nourriture que l'on en produit .

  • Par Akwa - 25/02/2014 - 11:24 - Signaler un abus Que veulent les commentateurs ?

    Je comprends mal les commentaires précédents : vous voulez manger de la nourriture imbibée de produits chimiques toxiques ? Nocifs pour vous et pour l'écosystème ? Très étrange.

  • Par FATALITAS - 25/02/2014 - 11:37 - Signaler un abus Certaines vignes sont

    Certaines vignes sont tellement traitées qu'elles ne s'enracinent plus au premier coup de vent la vigne est parterre, et comme elles ont peu de racine, le raisin ne prend pas le gout de la terre, le fameux terroir de ce fait les viniculteurs rajoutent des arômes et du sucre dans le vin pour lui redonner du gout, rien ne vaut le vin naturel ou issu de l'agriculture raisonnée ou bio sans être forcément écolo on peut être de droite et avoir aussi le gout du bon.

  • Par Max68 - 25/02/2014 - 11:40 - Signaler un abus Mensonge dès le titre. Ceci est de la propagande

    >> "Emmanuel Giboulot, viticulteur en Bourgogne, encourt six mois d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende pour avoir refusé de traiter sa vigne atteinte d'une grave maladie, la flavescence dorée." Ceci est un mensonge et c'est grave ! Sa vigne n'était absolument pas atteinte de quoique ce soit. La mesure imposée était préventive ! Je n'ai pas lu le reste de cette propagande vu qu'elle commence par une calomnie et je vais encourager ce sérieux viticulteur à porter plainte. Encore une fois, l'industrie ne sait que manipuler... jamais elle ne se fonde factuellement et scientifiquement ! Son intérêt financier est flagrant ! Le manque de soucis pour notre santé tout aussi flagrant !

  • Par Max68 - 25/02/2014 - 11:58 - Signaler un abus Rectificatif - Non, ses vignes n'étaient pas malades !

    --- « J'ai refusé de faire ce traitement systématique dans la mesure où il n'y avait pas de foyer avéré dans le département », explique Emmanuel Giboulot au tribunal ! --- «À partir du moment où dans notre département la maladie n'était pas présente ni répertoriée, je ne faisais courir aucun risque à mes voisins», a-t-il déclaré sur RTL. --- «Est-ce que si, pas loin de vos vignes, il y avait eu des vignes touchées par la flavescence dorée, votre décision aurait été la même?», a demandé au viticulteur Hélène Cellier, la présidente du tribunal. «Bien sûr, j’aurais traité», a répondu l’intéressé. Il avait assuré avant l’audience ne pas être opposé aux traitements, «lorsque c’est nécessaire». L'orientation que prend cet article en affirmant que ses vignes étaient malades est ainsi clairement manipulatrice et calmonieuse !

  • Par Ravidelacreche - 25/02/2014 - 12:00 - Signaler un abus Beaux bios

    La majorité des engrais animaux se trouve dans les matières fécales des mammifères herbivores et des volailles ou dans des matériaux végétaux (souvent de la paille) utilisés comme litière pour les animaux et qui sont alors très mélangés à leurs matières fécales et à leurs urines.

  • Par Max68 - 25/02/2014 - 12:04 - Signaler un abus Pour s'informer au lieu de gober la propagande de l'industrie

    * L'agro-écologie peut doubler la production alimentaire mondiale en 10 ans, selon l'ONU : http://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport-onu-agro-ecologie-rapporteur-alimentation-12110.php4 http://www.srfood.org/index.php/fr/component/content/article/1-latest-news/1174-report-agroecology-and-the-right-to-food

  • Par Max68 - 25/02/2014 - 12:17 - Signaler un abus Fabuleux ! :)

    >> "En cachant par exemple soigneusement les taux de fausses couches chez les femmes consommatrices de céréales bios" Fallait oser celle-là ! :) Merci d'indiquer vos sources parce qu'il devient alors intéressant de se demander comment l'humanité et l'ensemble des animaux a fait pour survivre des millions d'années sans l'industrie polluante ! :) Ne mangez pas naturel, c'est mauvais pour la santé ! Merci pour cette démonstration d'enfer du ridicule où il faut aller pour défendre cette industrie malade et les administrations qui s'y soumettent ! ;)

  • Par Ganesha - 25/02/2014 - 12:19 - Signaler un abus Vous Cherchez à Comprendre ?

    Ce qui se passe en agriculture est assez semblable à l'évolution de la médecine humaine et de notre monde technologique occidental en général : on fait une découverte, on est émerveillé par ses effets, puis, au bout de quelques années, on découvre des effets secondaires, pervers ou nuisibles... A début, la Pénicilline tuait presque toutes les bactéries... Ensuite, certaines d'entre elles sont devenues résistantes, et puis on a très vite constaté que quand on tuait toutes les bactéries, les moisissures (mycoses) proliféraient... On a découvert des antibiotiques antimycotiques, mais la seule solution efficace est d'accepter un équilibre naturel entre mycoses et bactéries. Autre exemple : l'amiante : très efficace pour prévenir les incendies, mais il a fallu presque un siècle de polémiques avec les industriels qui payaient une ordure de ministre français pour les défendre à la télé, pour qu'on décide d'arrêter... Ce qui fait peur, c'est que les ''apprentis-sorciers'' et les grandes entreprises qui les emploient ne sont que rarement sincères et honnêtes et n'hésitent pas à mettre carrément la survie de notre planète en danger d'extinction, pour pouvoir s'enrichir à court terme !

  • Par Stratix - 25/02/2014 - 13:49 - Signaler un abus Doux rêveurs et décroissants

    L'agriculture alternative ( sans pesticides) défendue par Mr Dufumier n'existe que dans ses rêves et n'a aucun fondement scientifique. Elle pré suppose que tout pesticide ( quel que soit son mode d'action ) est mauvais: ceci ne correspond pas à la réalité et est ridicule: cela n' a aucun sens d'amalgamer des centaines de molécules très différentes les unes des autres.Cette approche est purement idéologique et non scientifique.Je comprends sa tristesse d'avoir vu au cours de sa vie l'échec mondial du système qu'il a toujours aimé mais qui n'est que pure fiction.L'équilibre naturel n'est qu'un mythe car dans la nature ce sont toujours les espèces plus compétitives ( dans un environnement donné ) qui prennent le dessus.Faut il aussi, selon lui, arrêter d'employer des pesticides contre les moustiques ( paludisme, dengue..), les rats, les herbes allergènes ...? Le fait de prétendre que le bio ne marche pas à cause de la proximité avec le conventionnel est pur mensonge: en Afrique le bio existe à grande échelle et cela conduit à la famine et à la misère.

  • Par myc11 - 25/02/2014 - 14:15 - Signaler un abus On peut être de droite,manger bio,

    Question de bon sens! La lutte intégrée existe depuis 40 ans et plus, mais les lobbies de l'engrais chimique et des pesticides persistent, grâce à la demande des agriculteurs, qui aiment les solutions de facilité, pour répondre aux exigences des consommateurs qui croient dur comme fer à l'autorité affichée de la politique économique agricole. Cet agriculteur est un héros! Et je suis une héroïne du quotidien parce que je résiste par mes efforts à toutes ces pratiques néfastes sur du long terme en ménageant mes besoins, en modulant mon système de consommation. La révolution commence dans l'assiette, et il n'y a pas besoin d'être de gauche pour le comprendre. La bonne santé c'est pour tout le monde!

  • Par Ganesha - 25/02/2014 - 14:27 - Signaler un abus Dengue, Afrique

    Le moustique de la dengue pond ses œufs dans les réservoirs d'eau propre, comme dans les jarres que l'on trouve derrière les maisons quand il n'y a pas de réseau d'eau courante par robinet. Vous aurez beau vaporiser des tonnes d'insecticides, la victoire repose sur les travaux publics ! Cette maladie a quasiment disparu de Guadeloupe et de Martinique, mais reste très présente en Haïti... P.s. Il faut aussi enlever les vieux pneus et les boites de conserve vides qui peuvent être des réservoirs d'eau de pluie dans les jardins. Il faudrait trouver un juste milieu entre l'Occident et l'Afrique, mais il faut aussi espérer que l'Afrique ne devienne pas un jour, la ''bouée de sauvetage'' d'une Europe victime d'une catastrophe sanitaire inattendue : un nouvel OGM, ou un pesticide ''miracle'', qui se révèle être un désastre !

  • Par pehm - 25/02/2014 - 14:46 - Signaler un abus Raisonnée déraisonnable

    C'est marrant : les adversaires de l'agriculture biologique, ou agro-écologie, semblent persuadés que c'est un retour en arrière ! comme si le progrès c'était chimie et manipulations génétiques... Alors qu'il s'agit certes d'utiliser des savoirs anciens, mais aussi de la recherche sur les interactions entre les espèces, sur les sols, sur la sélection de plantes adaptées à des terroirs et des maladies etc... L'agriculture chimique "conventionnelle", ou sa version à peine raisonnable qu'est le "raisonné" de monsieur Narbonne, ce n'est rien d'autre que des vieilles recettes chimiques d'origine militaire du début du XXème siècle à coup de nitrates (pour les munitions classiques) et de gaz toxiques de l'après première guerre mondiale. Nous vivons certes plus vieux et nous ne sommes plus touchés par la famine dans nos pays riches : ayez bien conscience que cette agriculture chimique prendra fin avec le pétrole de plus en plus cher. L'agriculture bio permet de produire largement de quoi nourrir, à moindre coût. Ne pas oublier également que 70 % des céréales et du soja (en majorité OGM et "Round Up Ready" ) sont désormais produits pour gaver les bestiaux... Mangeons moins de viande !

  • Par pehm - 25/02/2014 - 14:53 - Signaler un abus A ATLANTICO

    Comme le faisait remarquer un autre intervenant, vous commettez une grave erreur, voire une manipulation, en écrivant que le viticulteur bio avait une vigne malade : c'est tout simplement faux pour lui, comme pour les cultures alentour !

  • Par cpamoi - 25/02/2014 - 15:18 - Signaler un abus Stop au bain chimique

    Nous retrouvons insecticides et pesticides dans le corps où ils font des ravages. Placés bout de la chaîne alimentaire, nous ressemblons à des poubelles chimiques ! Quel traitement nous faisons subir à nos corps d'homo sapiens ! Après des millions d'années de développement, ils doivent en l'espace d'un siècle absorber les fumées toxiques, les radiations nucléaires, la chimie agricole, la pharmaco-chimie, la pollution de l'air des maisons... Quelle résistance ! Sans parler du cerveau qui doit survivre aux psychotropes de nos amis (!) les psychiatres. Il va être temps de changer de paradigme... avant que la nature ne se débarrasse d'un enfant qui n'est plus viable.

  • Par Stratix - 25/02/2014 - 15:30 - Signaler un abus @pehm

    On peut jouer sur les mots ( la vigne non traitée n'était pas encore malade) mais cela revient au même : il faut détruire l'insecte afin qu'il ne puisse pas transmettre la maladie contagieuse.ne nous trompons donc pas de débat. Les mesures collectives de ce type sont rares mais impératives... si on respecte la liberté de produire des autres.Parfois l'intérêt collectif doit primer . De même, avec le bio il s'agit bien de ( tenter ) de revenir aux méthodes utilisées avant les développements de la chimie.Aujourd'hui le bio bénéficie d'un environnement sanitaire/hygiénique correct car 98 % des surfaces sont protégées. Un développement du bio nous ferait connaître les épidémies de nos ancêtres.La régularisation des rendements (grâce à la chimie) a été une avancée considérable pour l'humanité. Le bon sens c'est d'améliorer encore les choses plutôt que de revenir en arrière avec une technique peu efficace.

  • Par Stratix - 25/02/2014 - 15:39 - Signaler un abus @cpamoi

    Tout est chimie y compris nous mêmes.Chaque aliment ( naturel ) est composé de centaines de substances chimiques et cela ne nous empêche pas de vivre .Ce n'est pas la chimie qui doit faire peur mais éventuellement la rapidité avec lesquelles les choses changent depuis quelques décennies. Homo Sapiens n'est là que depuis quelques dizaines de milliers d'années ( et pas des millions ) .

  • Par pehm - 25/02/2014 - 15:47 - Signaler un abus @ Stratix

    C'est ce site qui manipule les mots (peut-être par erreur, mais c'est déjà grave) en parlant d'une vigne malade alors qu'elle ne l'est pas, pas plus que celles du secteur ! Où est donc la prévention en pulvérisant des vignes indemnes ? Quant à votre peur des épidémies : allez chez les agriculteurs bios et constatez si leurs champs sont ravagés et leur bétail famélique... Renseignez-vous sur des travaux comme ceux de Pierre Rabhi qui a su faire augmenter les rendements de petits agriculteurs africains : ils ont renoncés aux pesticides et au NPK, sans pour autant retourner bêtement à de vieilles pratiques sur brûlis : maîtrise de l'eau, du composte (souvent très mal fait par les agriculteurs traditionnels), semences fermières sélectionnées, alternance des cultures, association cultures/arbres etc... : d'où des sols sauvés de la mort causé par les pesticides (plus de vie microbienne dans le sol), beaucoup moins de dépenses pour les intrants, des cultures vigoureuses.

  • Par gluck - 25/02/2014 - 15:59 - Signaler un abus La nature n'est pas bonne

    La nature n'est pas bonne ou mauvaise. Elle est. Je ne suis pas du tout étonné des réactions des internautes, mettant les "pesticides" (anglicisme) au même niveau que les pires des poisons. C'est la dose qui fait le poison. Sans ces "pesticides", je crains que notre espérance de vie ne soit pas ce qu'elle est aujourd'hui mais nettement inférieure. Tiens, regardez ce qui se passe dans les cantines de Marseille, en "bio", on y trouve des asticots et autres joyeusetés parce qu'on ne traite pas. C'est la porte ouverte à des pathologies qui n'avaient plus cours depuis des décennies. Je ne parle parle des 50 morts en Allemagne avec les graines germées "bio", sans compter les centaines de dialysés à vie... Dernier point: Marc Dufumier est économiste et son avis n'a aucun intérêt dans ce domaine.

  • Par enfer - 25/02/2014 - 17:24 - Signaler un abus @Max68

    Votre ton condescendant laisse deviner l'étendue de votre ignorance qui n'a comme égale que la vacuité de vos prétentions. Mes infos je les tire de revues scientifiques,et celle concernant l'influence des mycotoxines des farines bio sur les fausses couches vient d'une publication du MIT. L'influence de ces moisissures est déjà décrite dans des sagas nordique d'avant l'an 1000.... Imaginez vous, sur les 15 ou 20 gestations démarrées par les femmes de l'époque dans leur vie, si elles avaient été toutes menées à terme...Ils auraient été 10 milliards en 1200 et aujourd'hui nous serions 40 milliards. Beaucoup plus prosaïquement ma fille qui est gynécologue-obstétricienne constate régulièrement le phénomène chez ses patientes.

  • Par Stratix - 25/02/2014 - 17:57 - Signaler un abus Agroécologie/Rhabi imposture

    @pehm Mr Rhabi est un imposteur de haut niveau: voir visite de sa ferme " modèle " ci joint http://afis-ardeche.blogspot.fr/2012/09/humanisme-notre-visite-chez-des.html#more certains pays d'Afrique commencent avec grand succès à suivre la voie occidentale ( Kenya, Malawi..) . Pour ceux qui seraient tentés par l'agro écologie à la mode Rhabi c'est malheureusement la misère qui les attend

  • Par Benvoyons - 25/02/2014 - 18:11 - Signaler un abus Les 6 millions de pauvres Français peuvent-ils acheter du Bio?

    J'ai acheté des tomates Bio mais finalement elles n'étaient pas meilleur que les autres. J'ai gouté des tomates d'un maraîcher qui utilise d'anciennes variétés et bien cela n'avait rien avoir. Mais par contre il limite l'utilisation de la phyto le plus possible sans pour cela être un ayatollah du Bio , car il ne pourrait pas faire de qt et surtout garantir une qt qui lui permettre d'an vivre. Autres problème avec le BIO est la tromperie organisée. Livre "Le tout bio est-il possible" - Bernard Le Buanec‎ - Coordonné par Bernard Le Buanec, ce livre est le résultat d'un groupe de travail composé de 13 ingénieurs agronomes, docteurs vétérinaires "la plupart des phosphates naturels autorisés en agriculture biologique sont riches en cadmium, ce qui n'est pas le cas des phosphates purifiés de l'agriculture conventionnelle". D'où une pollution des sols par ce métal toxique, qui risque de se retrouver dans les aliments. De plus, faute de pouvoir recourir aux pesticides de synthèse, l'AB fait un très large usage du plus vieux et du plus traditionnel des fongicides, la bouillie bordelaise, alias le sulfate de cuivre, qui contribue lui aussi à l'empoisonnement des sols et des nappes d'eau.

  • Par Ganesha - 25/02/2014 - 18:22 - Signaler un abus Vive la Modernité

    Il se trouvera bien sûr des commentateurs pour nous répéter (en sautant comme des cabris) : ''Vive la Modernité'', ''La Science a toujours Raison'' ! Qu'il ait eu des maladies dans le passé, c'est une évidence ! Et si elle reviennent, il y a là un point à éclaircir et des remèdes à trouver. Mais il est à ''Mourir de Rire'' de voir ici mettre en cause la nourriture bio, alors que la liste des diverses maladies, innombrables effets secondaires de nos aliments imprégnés de pesticides ''perturbateurs endocriniens'', s'allonge de jours en jours !

  • Par Benvoyons - 25/02/2014 - 18:59 - Signaler un abus Ganesha - 25/02/2014 - 18:22 C'est amusant car pendant

    l'utilisation de la phyto l'espérance de vie n'a fait qu'augmenter en France. L'espérance de vie à la naissance des femmes et des hommes n’a cessé d’augmenter depuis 1950, passant de 69,2 années pour les femmes et 63,4 années pour les hommes en 1950 à 84,8 années pour les femmes et 78,2 années pour les hommes en 2011. Source IRDES.

  • Par pehm - 25/02/2014 - 19:26 - Signaler un abus phosphates, bouillie bordelaise, mycotoxines et tarte à la crème

    @ Stratix et Benvoyons (entre autres) : Phosphates et bouillie bordelaise sont permis en bio mais cela ne veut pas dire qu'ils soient plus utilisés qu'en conventionnel ou plus toxiques que leurs produits de substitution de synthèse. Pour le cuivre, il a souvent été abandonné depuis longtemps par les agriculteurs bios, ou en en quantité bien moins grande que dans la bouillie bordelaise classique. Il est proscrit en agriculture biodynamique. Si l'AB vous fait si peur quant à ses conséquences sanitaires, vous devriez aller voir les cancers hormonos-dépendants chez les agriculteurs conventionnels et le taux de malformations de l'appareil génital chez leurs enfants... Quant aux mycotoxines, cela ne touche pas plus le bio que le conventionnel : c'est un problème de stockage ; le conventionnel le combat par de la chimie de synthèse, le bio en respectant la chaîne du froid ou l'aération (pour les grains). Pour ce qui est de Rabhi, la calomnie est un argument assez pauvre. Je connais des gens qui travaillent en s'inspirant de ses méthodes, des vieux de la vieille en bio, et qui ont le plus grand respect pour ses réalisations. Le succès déplaît à certains...

  • Par jacqueshenry - 25/02/2014 - 20:02 - Signaler un abus Au sujet du viticulteur bio de Côte-d'Or

    J'ai laissé ce billet sur mon blog hier : http://jacqueshenry.wordpress.com/2014/02/24/lideologie-absurde-des-ecologistes/ Apparemment les média n'ont pas rendu compte de toutes les informations car des cas de flavescence dorée ont obligé l'arrachage et la destruction de 11 hectares de vignobles en Saône-et-Loire en 2013 mais on s'est bien gardé d'en parler. C'est la raison pour laquelle le Préfet du 21 a pris cette décision et certainement pas de gaité de coeur !!! Naturellement Corinne Lepage et Greenpeace ont profité de l'occasion pour aboyer comme d'habitude !

  • Par Ory-Nick - 27/02/2014 - 11:15 - Signaler un abus Hm...

    Le problème est complexe. Mon avis est assez nuancé, alors je ne poserais que des questions... plus ou moins réthoriques : - l'agriculture conventionnelle (AC) permet de meilleurs rendements que la bio (AB), les gens, le commun des mortels, seront-il pres à payer plus cher (bien plus cher) des aliments "bio" ? - pouvons-nous réellement prouvé la nocivité des produits ? Biensur que certains le sont ! Mais le sont-ils tous ? - pouvons-nous parler de lobby écologiste ? Si oui, est-il politiquement incorrecte de dire que ce lobby est plus puissant que le lobby de l'industrie agro-AC ? Je me demande...

  • Par pehm - 27/02/2014 - 12:52 - Signaler un abus @ Ory-Nick : Bio plus cher ?

    C'est une question de point de vue, un peu comme dire qu'une maison bien isolée est plus chère... Le bio est plus cher car il demande plus de travail, plus de main-d'oeuvre, le rendements sont inférieurs mais ce n'est pas non plus catastrophiques, surtout si on considère le nombre de jachères subventionnées. Le conventionnel pollue les eaux qu'il faut retraiter (d'où le choix de Munich de convertir plusieurs centaines d'hectares en bio près de ses puits : beaucoup moins cher que des installations ulttra-performantes pour purifier l'eau). Si c'est difficile d'avoir un avis tranché pour la population générale, les agriculteurs conventionnels et leurs familles sont très clairement touchés par certains cancers et une chûte de la fertilité, bien plus que le reste de la population. Idem pour poissons, batraciens et oiseaux (rapaces en particulier) : le fait est bien établi depuis des décennies. Et regardez les chariots dans les super-marchés : les mêmes personnes qui disent que le bio est cher, achètent souvent les pires s*l*peries sans ciller...

  • Par Ory-Nick - 27/02/2014 - 13:34 - Signaler un abus @Pehm

    Merci pour la réponse ! Je demande car il y a quand même un certain nombre d'études contradictoires (sur les pathologies)... Elles n'innocentent pas les pesticides et autres saloperies, mais nuances, en disant qu'il y a corolation sans forcément lien évident. Certaines proposent d'étendre le champ d'investigation pour tenir compte de plusieurs autres facteurs négligés, mais pouvant accroitre les risques (tenues de protection adaptés ? hygiène quotidienne ? précautions d'emploi ?)... Ce qui me fait doucement rigolé, c'est de constater que beaucoup d'agriculteur "bio" répandent autant de produits sur les cultures que les "non-bio". Et certains (rare...) "non-bio" qui ont des cultures très responsables. Quant aux chariots, ce qui me consterne le plus, c'est de voir des parents irresponsable ceder aux moindres caprices de leurs progénitures... et ne leur donner que des saloperies...

  • Par pehm - 27/02/2014 - 16:01 - Signaler un abus a Ory-Nick

    Pour les agriculteurs, difficiles d'avoir des doutes quant l'origine de leurs pathologies : pour les mesures de précautions, leurs enfants ne sont pas concernés par le contact direct avec des produits, pourtant ils sont bien concernés par une augmentation des cancers et des malformations génitales. Cette population est plus exposée, ça ne veut pas dire que le reste de la population ne l'est pas : cancers hormono-dépendants, malformations génitales et stérélité augmentent partout ; s'il est impossible de tout mettre sur le seul compte de l'agro-chimie, la chimie, elle, nous touche bien tous (phtalates, conservateurs, produits d'hygiène, colorants...) Pour ce qui est des produit utilisés par l'AB, ce ne sont pas les mêmes : pulvériser un neurotoxique et pulvériser un mélange de savon et de piment ce n'est pas exactement pareil, même si la cible est la même (doryphores, pucerons, cochenilles...). L'AB est deux fois contrôlée : contrôles classiques et contrôles spécifiques à la bio pour avoir le label et plus encore pour ceux qui ne se contentent pas du logo AB mais veulent pousser plus loin, avec le label Demeter, par exemple (une sorte de bio élitiste pour faire bref).

  • Par Ory-Nick - 27/02/2014 - 16:38 - Signaler un abus @Pehm

    Mais leurs enfants sont atteint par le biais de la génétique... Je reprécise, je ne déchargeais pas les produits chimiques, je ne fesais que supposer qu'il y a certainement (d'après certaines études) des facteurs aggravant l'effet des pesticides. Dans un autre thème, ma comparable, je connais quelqu'un (mon père, pour ne pas le citer) qui a longtemps manipulé de l'amiante, mais qui, à l'approche de la retrainte, n'épprouve aucun signe de faiblesse pulmonaire. En plus, fumeur, il a subit un quadruple pontage. Les médecins lui ayant dit "ça ne vient pas de la cigarette, peut-ètre l'alimentation..." alors qu'il fume depuis 40 ans... Je pense qu'on devrait approfondir les études, les préciser, tenir compte du maximum de tout les facteurs environnementaux, des biotypes, etc... Bref, l'étude la plus complète possible afin de cerner le plus exactement possible les niveau de toxicité des différents agents... - Et je vous remercie pour les autres précisions !

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Jean-François Narbonne - Marc Dufumier

Jean-François Narbonne est l'un des experts de l'ANSES, l'Agence nationale de sécurité sanitaire. Il est par ailleurs professeur à l'Université de Bordeaux 1 et docteur en nutrition.

Marc Dufumier est professeur émérite à l'AgroParisTech. Il est l'auteur du livre "50 idées reçues sur l'agriculture et l'alimentation" Allary éditions 2014.

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