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Pauvres girafes : l’espèce est en voie d’extinction et tout le monde s'en fiche

Animal emblématique du continent africain, la girafe disparaît lentement. En cause : le braconnage et la déforestation mais aussi les croyances locales sur ses vertus anti-VIH.

Fin de vie

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Pauvres girafes : l’espèce est en voie d’extinction et tout le monde s'en fiche

On compte moins de 80 000 girafes en liberté. Crédit Reuters

A force de parler des lions et des ours blancs, on oublierait presque le funeste destin de la girafe. Au fil des années, les populations se réduisent dans l'indifférence quasi-générale. "C'est fou à quel point le plus grand et plus élégant des mammifères terrestres a été si peu étudie" se désole Jordan Schaul, zoologiste américain dans un article de National Geographic. Jusqu'à ces 30 dernières années, l'animal n'était d'ailleurs pas en danger. La girafe n'était pas chassée pour sa viande, elle ne représentait pas d'intérêt médicinal, elle n'était pas touchée par les épidémies. Aujourd'hui, la population baisse fortement, pour atteindre des stades alarmants. Au début des années 2000, il n'y en avait plus que 140 000. Aujourd'hui, elles sont 80 000. "C'est une extinction silencieuse" déplore Julian Fennessy, le directeur du groupe de conservation des girafes en Namibie, interrogé par Abc News.

Implantée en Afrique, la girafe est divisée en 9 sous-espèces qui se différencient par leur patrimoine génétique et la forme de leurs tâches. Loin de s'étendre sur tout le continent, chaque espèce forme une petite poche de population en Afrique de l'est ou australe. Certaines sous-espèces sont plus fragiles que d'autres. Ainsi, la girafe de Rothschild, à cheval entre le Sud-Soudan et l'Ouganda ne compte plus que 650 individus et est inscrite sur la liste des espèces en dangers de l'Union internationale pour la conservation de la nature. "Sur les neufs sous-espèces, nous allons probablement en perdre quelques-unes" explique au Times, la zoologiste Anne Dagg.

Les raisons de ce déclin sont multiples. A commencer par la déforestation et la destruction de leur habitat. L'agriculture se développe rapidement sur les terres que les girafes affectionnent. Et les relations entre l'animal et l'homme se détériorent comme l'expliquait déjà l'agence Panapress en 2001. Les girafes envahissent les champs et détruisent les cultures. "Elles sont pourchassées et parfois même fléchées par les cultivateurs" expliquait alors Omar Ahmed, environnementaliste au Niger.

Mais ces dernières années, le braconnage est devenu un problème supplémentaire. "Dans l'Afrique rural, le gibier représente une large part du régime alimentaire et tuer une girafe demande peu d'efforts pour une grande quantité de viande" souligne la chercheuse Zoe Muller pour Abc News. Surtout, leur peau et devenue un matériau très prisé pour fabriquer des sacs, des chaussures ou des bracelets.

Dernièrement, une rumeur a accéléré le braconnage en Tanzanie. Les croyances locales attribuent à la cervelle et à la moelle de la girafe des vertus curatives anti-VIH. "Une tête fraichement coupée ou un os peuvent facilement atteindre 140 dollars la pièce" précise Zoe Muller. Dans ce continent où le sida fait des ravages, les croyances prennent le pas sur les médicaments. Les décoctions d'herbes ou même les organes d'homme albinos sont réputés pour soigner la maladie. En Afrique du Sud, l'ancienne ministre de la Santé Manto Tshabalala-Msimang faisait ainsi la promotion de l'ail, de la betterave et de l'huile d'olive pour soigner la maladie. Les animaux rares sont aussi en première ligne. Les os de lion ont remplacé ceux des tigres et les cornes de rhinocéros pour des médicaments expédiés en Asie.

Pour contrer ce déclin, certains pays ont décidé de réagir. Le meilleur élève, c'est le Niger. Le pays abritait la dernière colonie de girafes d'Afrique de l'Ouest. "Les efforts déployés par le gouvernement pour protéger les girafes ont porté leurs fruits. Elles n’étaient que 50 en 1996 contre 310 aujourd’hui", a ainsi déclaré le ministère nigérien de l’Environnement à News 24.

Pour y arriver, le gouvernement s'est employé dans une vaste campagne de sensibilisation de la population et a financé les cultures des habitants environnants. Le résultat est tel que les girafes commencent à devenir trop nombreuses sur leur secteur. "Nous sommes en train de négocier avec les pays voisins afin que nous puissions faire des délocalisations" expliquait en 2012 à Slate Afrique Khalid Ikhiri, le président de l'Association pour la sauvegarde des girafes du Niger.

Malgré cette belle réussite, le sort des girafes est toujours inquiétant. L'animal pourrait rapidement rejoindre les 22 413 espèces en voie de disparition.

 
Commentaires

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  • Par Karg se - 09/12/2014 - 10:09 - Signaler un abus coquille

    "et a financé les cultures de la habitants environnants"

  • Par langue de pivert - 09/12/2014 - 15:10 - Signaler un abus Sorcière ? ☺

    Pouvons nous donner des leçons aux Africains quand - en France - une ministre de l'écologie pense que le jus de loup fermenté peut guérir la filière ovine ? ☺L'humanité (* faute d'autre mot pour désigner le ramassis humain) me dégoute !

  • Par ISABLEUE - 09/12/2014 - 15:38 - Signaler un abus Langue de pivert :

    vous rigolez ?????

  • Par langue de pivert - 09/12/2014 - 18:14 - Signaler un abus @ISABLEUE

    Je rigole toujours pourquoi cette question ?☺Pour la première partie Mme Royal s'est faite applaudir en promettant d'organiser le massacre des loups en France (et en faisant semblant de croire que cela sauverait la filière ovine). Pour moi c'est de la sorcellerie blanche aussi ridicule que croire, comme les vieux mandarins décatis, que la poudre de rhinocéros les ferait bander ou que la cervelle de girafe protège du sida...d’où mon approche imagée ! :-) Les loups elle organise "seulement" leur massacre méthodique sans macération-fermentation bien sûr (enfin j'espère ☺) ! Pour la deuxième partie l'humanité me dégoute oui, mais pleurer ne sert à rien ! Cordialement !

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